Dans le sillage des graves allégations d’attouchements et de grooming visant un enseignant du Loreto Junior School, la directrice de Pedostop, Virginie Bissessur, appelle à une mobilisation au niveau des autorités : dénoncer, protéger, soutenir.
Face à la sidération et à la peur qui paralysent souvent les familles, l’organisation offre actuellement un accompagnement légal et psychologique gratuit aux enfants concernés, un dispositif d’urgence destiné à éviter que les victimes ne soient laissées seules face au traumatisme et aux procédures judiciaires.
Selon Virginie Bissessur, les faits rapportés dans cette affaire correspondent à des mécanismes connus. « Un prédateur utilise le même pattern de grooming sur les enfants. Il les prépare pendant un bon moment, crée un climat de confiance, installe une proximité qui lui permet ensuite de franchir les limites. »
La psychologue décrit un processus fondé sur la manipulation et l’emprise. « Il y a une forme de contrôle psychologique. Et un enfant n’invente pas un récit aussi précis sur la stratégie d’un prédateur ». Dans le cas d’un grooming,l’enfant peut ne pas comprendre immédiatement qu’il est manipulé et il peut se sentir coupable ou complice, alors qu’il est victime.
La directrice de Pedostop met toutefois en garde contre un autre danger, soit l’exposition publique des mineurs. « Il s’agit d’enfants. Il faut penser à leur avenir. On ne publie ni leurs noms, ni leurs photos », rappelle-t-elle.

