Année 2024 – Voeux des lecteurs : « Donner priorité à l’économie et dégager une stratégie sociale »

Encore une année qui s’en va pour céder la place à 2024 qui, on l’espère, sera moins chaotique. Après l’inconfort lié à la pandémie de Covid-19 pendant les années précédentes, le monde vit encore des drames : réchauffement climatique, guerres, tremblement de terre, inondation, augmentation du coût de la vie. De quoi rendre frileux, malgré cette forte chaleur qui prévaut. Le Mauricien donne l’occasion à ses lecteurs de s’exprimer en cette fin d’année tout en leur souhaitant de joyeuses fêtes.

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Meenakshee Kuntz (The Good Shop) : « Je rêve d’entreprendre, d’innover et de créer »

Quel a été l’événement le plus marquant pour vous cette année ?
Nous avons vu des tremblements de terre, des guerres où des vies et des familles ont été anéanties. Cette année à Maurice, de par mon métier, j’ai pris en pleine figure la réalité des familles qui subissent l’addiction à la drogue et tout ce que cela implique financièrement et psychologiquement… Il y a une distorsion des valeurs et des notions de base qui va jusqu’à affecter le marché du travail, et l’économie en général.

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Quelle est la formule pour construire un avenir plus juste en 2024, avec les guerres, les drames humains, l’augmentation du coût de la vie, le réchauffement planétaire ?
Je ne crois pas aux restructurations gigantesques mais à la mise en place graduelle de micro-actions dans les activités de tous les jours et qui auront une finalité amplifiée, au-delà du profit. Cela commence par les petites et moyennes entreprises, les institutions d’influence et de collaboration (écoles, gouvernement, ONG) et s’étend à tout un écosystème d’acteurs.
En résumé, il nous faudra beaucoup de sobriété et de discernement face aux événements que nous ne contrôlons pas pour prendre des décisions. Il faudra jongler entre bien-être des communautés, préservation de l’environnement, gestion des risques et stabilité financière. Et cela demande de l’humilité.

Décrivez-nous votre rêve pour 2024. Qu’attendez-vous sur le plan personnel et celui du pays ?
J’aime l’image de cette plante qui pousse, qui fleurit et qui porte des fruits sur un sol de bitume. Cela signifie que même dans un environnement défavorable on est capable de prospérer. Prospérer qui veut dire être bien, disposer d’une facilité de réflexion et d’exécution et surtout, porter des résultats. Je rêve d’entreprendre, d’innover et de créer. J’essaierai de faire ma part personnellement mais c’est pas mal si d’autres en faisaient autant pour le pays.

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Si vous étiez Premier ministre, quelle serait votre priorité pour 2024 ?
Je donnerai priorité à l’économie pour dégager une stratégie sociale. Je m’attellerai à stabiliser les mécanismes de décision et à renforcer la gouvernance et la gestion. Facile quand c’est dit comme ça (rires).

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Deepak Ramsurrun (comédien) : « L’intelligence artificielle, possibilité sans limites »

Quel a été l’événement le plus marquant pour vous cette année ?
Ce qui m’a particulièrement interpellé cette année, c’est l’évolution de l’intelligence artificielle avec l’émergence des plateformes telles que ChatGPT. Depuis l’enfance, l’idée de robots capables de répondre à nos questions faisait partie chez moi de notre vision du futur. Avant, avec des moteurs de recherche comme Google, nous avions quelques pistes.
Maintenant, avec ChatGPT, Google AI et d’autres, nous pouvons obtenir instantanément des réponses structurées et des solutions très utiles pour des sujets complexes, que ce soit pour des besoins académiques ou professionnels. C’est comme avoir un conseiller à portée de main, prêt à aider lorsque vous en avez besoin. C’est juste hallucinant !
J’ai moi-même commencé à l’utiliser et je ne compte pas m’arrêter. Je réalise également que l’IA va impacter de nombreux métiers tels que le journalisme, la conception graphique, les agences de communication et de marketing, les développeurs web, entre autres…
L’IA a un avenir excitant mais c’est également quelque peu effrayant avec des possibilités sans limites.

Quelle est la formule pour construire un avenir plus juste en 2024, avec les guerres, les drames humains, l’augmentation du coût de la vie, le réchauffement planétaire ?
Depuis des décennies, ces problèmes nous affectent et, que nous le voulions ou non, ils déstabilisent notre quotidien. Malgré les progrès en matière d’éducation et de technologie, les inégalités, la soif du pouvoir et les effets imprévisibles de la nature persistent. Aujourd’hui, nous dépendons trop de facteurs externes pour notre bien-être. Nous sommes constamment rivés sur nos écrans, et pour beaucoup, il est difficile de se séparer de leur téléphone, ne serait-ce qu’une minute.
Prendre du temps pour soi est essentiel pour se ressourcer et prendre du recul. Les valeurs de base de la vie, comme la courtoisie, le respect, l’entraide et la reconnaissance, ne doivent pas être négligées. Il est crucial de trouver un équilibre entre le travail et la famille. Certaines choses échappent à notre contrôle, tandis que d’autres peuvent être maîtrisées avec un peu d’effort.

Décrivez-nous votre rêve pour 2024. Qu’attendez-vous sur le plan personnel et celui du pays ?
J’espère que 2024 m’offrira des opportunités de contribuer davantage au domaine artistique avec d’autres projets théâtraux ou cinématographiques. Sur le plan professionnel, j’aspire à atteindre mes objectifs et à apporter plus de solutions aux utilisateurs des services que je gère. Car je suis entrepreneur dans le secteur des services Nourezo.mu.
Mon vœu pour le pays concerne les artistes, qui nous offrent des moments de détente et nous permettent d’oublier nos journées trépidantes au travail. Ils méritent tout le soutien nécessaire pour s’exprimer dans les meilleures conditions et s’épanouir dans leur domaine. Il est encourageant de constater des initiatives visant à mettre en valeur les talents locaux et internationaux. J’espère en voir davantage en 2024, avec des solutions à long terme pour l’organisation d’événements, qui fait face à des défis actuellement.

Si vous étiez Premier ministre, quelle serait votre priorité pour 2024 ?
L’égalité des chances serait ma priorité, afin que chacun regarde dans la même direction pour construire l’avenir du pays ensemble.

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Danielle Zélin (éducatrice) : « Le monde est dans un tourbillon cosmique »

Quel a été l’événement le plus marquant pour vous cette année ?
Je pense que le monde est dans un « tourbillon cosmique » d’évolution et de changement extrême. Donc, dépendant de l’état d’esprit et l’expérience de vie de tout un chacun, la vision du monde peut être positif ou négatif. Étant une personne qui voit le monde d’une façon holistique et philosophique, je pense que chaque actualité a sa raison d’être, pour l’évolution et le changement humanitaire.

Quelle est la formule pour construire un avenir plus juste en 2024 avec les guerres, les drames humains, l’augmentation du coût de la vie, le réchauffement planétaire ?
La recette repose sur une responsabilité personnelle. Tout commence par soi. Si on veut réduire la pollution, chacun doit trouver la bonne raison du pourquoi. Beaucoup d’entre nous attendent que l’autre fasse le premier pas, on se dé-responsabilise et à la fin on se retrouve avec le même problème, peut-être même amplifié. L’éducation est un outil percutant de changement mental, émotionnel et physique.
Ma philosophie de vie est très pragmatique. Je vois et je sens que l’être humain est perdu dans son moi intérieur. We are human beings by nature, but we are functioning as human doings. Ce qui crée une spirale de déséquilibres ! L’être humain court dans tous les sens sans prendre le temps de voir et d’analyser les conséquences de sess pensées et actions.

Décrivez-nous votre rêve pour 2024; Qu’attendez-vous sur le plan personnel et celui du pays ?
Je suis toujours en train de rêver, car les rêves sont les expressions pures de ce que je suis. 2024 sera une année de développement et d’apprentissage personnel et spirituel. Car pour pouvoir être au service du pays, il faut être holistiquement en résonance avec son moi intérieur. Tout commence par là. Notre petite île a la chance d’avoir comme ressource naturelle sa population. Investir et respecter cette ressource avec dignité est un rêve clé pour notre pays.

Si vous étiez Premier ministre, quelle serait votre priorité pour 2024 ?
Étant apolitique (mais respectant le rôle et la responsabilité de chaque ministre), je pense que ma priorité sera l’éducation. Je ne crois pas pouvoir être ministre de quoi que ce soit, car je suis déjà mon propre ministre. Mais si on a besoin de moi en tant que consultante en éducation, je réponds toujours avec passion et dévotion.

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Kobashni Pillay ( HR dans le secteur bancaire) : « Un véritable défi de rester positif »

Quel a été l’événement le plus marquant pour vous cette année ?
Pour moi, il s’agit de l’actualité internationale de la guerre (Ukraine/Gaza), mais aussi des alertes sanitaires en cours (nouvelles variantes du Covid/nouvelles maladies). Je pense que c’est un véritable défi de rester positif quand il y a tant de chagrin à propos de ce qui a été perdu, d’anxiété quant à ce qui va se passer ensuite (surtout quand on a des enfants). Il faut prendre la mesure des problèmes à résoudre par moments. Il semblerait que les bonnes nouvelles soient devenues si rares de nos jours.

Quelle est la formule pour construire un avenir plus juste en 2024, avec les guerres, les drames humains, l’augmentation du coût de la vie, le réchauffement planétaire ?
Je pense qu’il s’agit d’un effort commun qui contribuera à résoudre certains problèmes, pas tous, mais au moins certains. Si tout le monde fait de petites choses, cela s’ajoutera à quelque chose de plus grand. Par exemple, concernant le changement climatique, alors que tant d’efforts sont déployés à l’échelle mondiale, nous constatons toujours de la pollution. Il fait peut-être renforcer les réglementations pour que tout le monde soit obligé de penser et de passer au vert. Ensemble, nous le pouvons ! Tout commence à la maison, avec l’enseignement aux enfants, puis dans la communauté et au sein de la nation.

Décrivez-nous votre rêve pour 2024. Qu’attendez-vous sur le plan personnel et celui du pays ?
Je ne crois plus beaucoup aux rêves. Je pense qu’avoir des buts et des objectifs spécifiques est plus efficace. Pour que les objectifs aient un sens et du pouvoir, ils doivent s’aligner sur vos désirs de vie.

Si vous étiez Premier ministre, quelle serait votre priorité pour 2024 ?
Je pense que la sécurité est devenue une préoccupation majeure. Les Mauriciens (nos enfants) ont besoin de se sentir en sécurité à tout moment de la journée. Deuxièmement, il y a l’éducation. Il faut une éducation à tous les niveaux et dans toutes les sphères pour plus de discipline, de rigueur et de perfectionnement dans tous les domaines.

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Julie Lucette (PR de Lux*Grand-Baie) : « Croire en un monde meilleur »

Quel a été l’événement le plus marquant pour vous cette année ?
On se rappellera 2023 comme une année avec de nombreux conflits dans le monde. Mais en tant qu’être humain et citoyen du monde, il faut croire en un monde meilleur. On retient aussi la Coupe du monde féminine où l’on a vu des femmes défendre leur pays, l’Inde qui a fait poser une fusée sur la lune, l’essor de l’intelligence artificielle et des évolutions positives pour la santé.

Quelle est la formule pour construire un avenir plus juste en 2024, avec les guerres, les drames humains, l’augmentation du coût de la vie, le réchauffement planétaire ?
Il est essentiel d’adopter une perspective optimiste dans notre vie quotidienne. En nourrissant la croyance en un monde meilleur, nous pouvons contribuer à façonner un avenir positif, à la fois à domicile et au travail. La promotion des valeurs humaines, telles que la compréhension, l’empathie et la coopération, devrait être un pilier fondamental de nos interactions sociales.
Cependant, l’optimisme ne doit pas se limiter à de simples croyances. Il doit également se traduire par des actions concrètes. Agir à notre niveau implique de prendre des initiatives positives, de contribuer à des causes qui nous tiennent à cœur.

Décrivez-nous votre rêve pour 2024. Qu’attendez-vous sur le plan personnel et celui du pays ?
Je n’ai que 23 ans et je souhaite apprendre de nouvelles choses, découvrir des pays et des sociétés. Je suis dans le département des relations publiques et du marketing au Lux*Grand-Baie tout en ayant une passion pour l’art et la photographie. Mon travail à l’hôtel me permet de rencontrer des gens du monde entier, avec des cultures et des perceptions différentes. Cela nous enrichit et nous offre un regard bienveillant sur le monde.

Si vous étiez Premier ministre, quelle serait votre priorité pour 2024 ?
J’oserai miser sur l’éducation pour transmettre la culture et la valeur, mais également pour réduire la pauvreté et donner un sens de stabilité. Pour stimuler l’innovation, l’entreprenariat et avoir un regard critique.

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Jonathan Kevin (malvoyant, chanteur) : « Privilégions le dialogue »

Quel a été l’événement le plus marquant pour vous cette année ?
Le pouvoir d’achat qui a été affecté avec la hausse de prix des denrées alimentaires, de l’essence et même des loisirs, sans oublier la crise du logement. Ceux au bas de l’échelle sont les premiers à souffrir de cette situation. Il existe encore des gens dans la précarité à Maurice, et je souhaite que dans le futur les autorités revoient tout cela. Il y a déjà eu un début d’effort avec la compensation salariale, mais ce n’est pas suffisant.
Qui dit compensation, dit aussi fluctuation des prix. Le Mauricien n’a pas ce pouvoir d’achat. Il faut un équilibre de vie. On parle des fêtes, mais on oublie de dire que certains loisirs sont payants comme le cinéma, le restaurant, les parcs d’attractions. Tou dimoun anvi amize, arive dan lavi, me bizin ene par dekilib.

Quelle est la formule pour construire un avenir plus juste en 2024, avec les guerres, les drames humains, l’augmentation du coût de la vie, le réchauffement planétaire ?
On a besoin de respect, de l’éducation et la méritocratie pour construire un avenir plus juste. Et s’il y a un conflit intérêts ou une quelconque guerre, ce n’est pas la violence qui les résoudra. Il faut privilégier le dialogue, la conversation et essayer de trouver des solutions. C’est à travers le dialogue qu’on pourra trouver différents angles de solution, voire un compromis.
Dieu nous a créés à son image pour vivre en harmonie, mais aujourd’hui avec les guerres, on reste dans l’incertitude d’une vie meilleure. C’est vrai que l’éducation est gratuite et qu’au niveau de la santé, on peut toujours avoir accès aux hôpitaux, mais là encore, il faut revoir certains aspects.
Le réchauffement climatique est un problème à ne pas prendre à la légère, il faut se tourner vers des panneaux solaires qui seront utiles à l’avenir, même les téléphones portables du futur pourront bénéficier de ce mode de fonctionnement. Il est grand temps d’arrêter de jeter nos ordures, nos bouteilles en plastique à la mer. Elles sont néfastes pour la nature. C’est bien que Maurice se soit tournée vers le recyclage des déchets !
Décrivez-nous votre rêve pour 2024. Qu’attendez-vous sur le plan personnel et celui du pays ?
Mon rêve est de m’affirmer dans le domaine musical, de décrocher des contrats intéressants. Trouver un spécialiste qui m’aide à faire un traitement afin de recouvrer la vue. Je souhaite qu’il y ait plus de facilités pour les artistes à Maurice et des concerts en plein air pour pouvoir nous produire. Le statut des artistes doit être valorisé. De même, il faut avoir une structure pour les personnes en situation de handicap qui veulent travailler.

Si vous étiez Premier ministre, quelle serait votre priorité pour 2024 ?
Revoir la santé des Mauriciens, les encourager à se mettre au sport. Je les aurais aussi sensibilisés au social. Il faut un accompagnement des personnes en situation de pauvreté pour qu’elles deviennent plus autonomes, et surtout prôner l’éducation, pas seulement celle qui est académique mais aussi tout ce qui est en rapport avec l’Art. Et il faut enfin encourager les étudiants à l’étranger à revenir travailler pour leur pays.

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