Année scolaire 2024 – KM en HSC : Sommation au GM à honorer ses engagements

Le père Fabien d’Affirmative Action : « Pa tir lasiet manze divan labous nou zanfan ! »

- Publicité -

L’Organisation non-gouvernementale (ONG), Affirmative Action, prend position en faveur de l’inclusion du Kreol Morisien (KM) au programme pour le HSC l’année prochaine. Ses porte-parole ont dénoncé la position adoptée par la vice-Première ministre et ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun, alors que le Premier ministre, Pravind Jugnauth, avait déclaré, l’année dernière, que le KM serait au programme du HSC. Des parents ont également témoigné du découragement de leurs enfants ayant pris part à l’examen de KM au National School Certificate et s’attendant à poursuivre leurs études dans cette matière en HSC.

La semaine dernière, la VPM et ministre de l’Éducation a déclaré à l’Assemblée nationale, que les conditions ne sont pas réunies pour l’introduction du KM au Higher School Certificate (HSC) en 2024. Les raisons évoquées étant qu’il faudra attendre une évaluation des résultats du National School Certificate (NSC) en KM, dont c’est la première édition cette année.

- Publicité -

De même, Leela Devi Dookun-Luchoomun avait estimé qu’il n’y avait pas suffisamment de textes de littérature dans l’orthographe standard. Des arguments qui n’ont pas convaincu les animateurs d’Affirmative Action, faisant état d’un prétexte fallacieux pour ne pas aller de l’avant avec ce projet de valorisation académique du KL.

Le père Patrick Fabien avance que les autorités ont adopté le même fonctionnement avec la question de KM en HSC, comme elles l’avaient fait pour le SC. « Il y a eu un silence, on a fait comme si on n’était pas au courant que le KM devait entrer en HSC en 2024. C’était pareil il y a deux ans pour le SC. Affirmative Action avait dû prendre position et aller discuter avec les autorités concernées, pour qu’on vienne finalement avec une solution », indique-t-i. Il se demande comment la VPM et ministre de l’Éducation ose venir parler d’évaluation, alors que les techniciens impliqués dans l’enseignement du KM se disent prêts pour son introduction en HSC. « Qui est mieux placé que ces techniciens pour venir parler du KM ? S’il doit y avoir une évaluation, ce sont eux qui doivent le faire », dit-il.

- Advertisement -

Le père Fabien se demande ainsi si la ministre n’a pas cédé aux lobbies, adoptant du coup une position différente de ce qu’avait annoncé le Premier ministre lors du Festival Kreol en décembre de l’année dernière. « Tout le monde se souvient que le PM avait dit que le KM sera au programme des examens de SC en 2023 et de HSC en 2025. Qu’est-ce qui s’est passé entre-temps ? Un PM ne peut renier ses propres paroles. La ministre de l’Éducation a-t-elle consulté le PM à ce sujet ? », s’interroge-t-il.

Le prêtre a comparé cette situation à une invitation à dîner. « Imaginez, on vous invite à manger et vous pouvez même sentir le bon parfum provenant de la cuisine, puis, au moment de passer à table, on vous dit qu’il n’y aura pas de repas. » Ce qui le pousse à dire : « pa tir lasiet manze divan labous nou zanfan ! »

Des parents ont témoigné du découragement que cette situation a créé chez leurs enfants, qui étaient alors en plein examen. Cindy, une mère de famille, a expliqué que ses deux enfants ont choisi le KM depuis le primaire et ont persévéré, même si à un certain moment, cette option n’était plus possible dans leurs collèges respectifs. « Nous n’avons pas choisi le KM parce que c’était plus facile, mais parce que nous sommes convaincus que c’est bon pour leur développement et pour le pays », soutient-elle. Elle a précisé que ses enfants travaillent très bien à l’école dans toutes les autres matières.

Joëlle, une autre mère de famille, témoigne que sa fille, qui vient de terminer ses examens de SC, avait prévu d’opter pour le KM en HSC. « Donnez à nos enfants l’opportunité de terminer ce qu’ils ont commencé », avance-t-elle. Elle ajoute : « Je suis convaincue que les institutions ont la capacité d’emmener le KM en HSC. Ce sera historique pour le pays. »
Un père de famille a témoigné de l’intérêt de sa fille pour devenir enseignante de KM à l’avenir. « Cette déclaration de la ministre est venue briser le rêve de mon enfant. Elle a étudié le KM depuis le G1 et maintenant, arrivée en Grade 12, elle ne peut plus avancer », regrette-t-il.

Le père Fabien estime que cette position de la VPM et ministre de l’Éducation relève d’une discrimination envers le KM. « J’invite les autorités concernées à revoir leur décision. J’espère que nous verrons le KM au programme du HSC à la rentrée 2024. » Ce dernier s’interroge également sur cette volte-face du gouvernement sur ce projet. « Est-ce qu’on a peur que le KM prenne le dessus sur d’autres langues optionnelles ? Est-ce parce qu’il faut permettre aux candidats de Compete pour être lauréats avec le KM ? Est-ce parce qu’il faudra reconnaître le KM comme une langue officielle comme c’est le cas en Haïti et aux Seychelles, si elle entre en HSC ? » poursuit-il.

Affirmative Action continuera à faire pression pour qu’une solution soit trouvée à ce sujet. Une rencontre avec les autorités concernées est également prévue en vue d’élucider les zones d’ombre au sujet de l’introduction du KM au programme de HSC l’année prochaine.

- Publicité -
EN CONTINU
éditions numériques