Anse-La-Raie – Projet de Luxury Suites : Grogne amplifée et manifestation des riverains

« Nou tou ici, nou ena enn atasman extraordinaer avek Anse-La-Raie. Nou ti ankor zanfan letan ki premie fwa nou ti vinn met nou lipie dan dilo lamer. Zordi, se nou ki pe amen nou zanfan isi pou apran naze. » C’est ainsi que Vashish Bijoll, porte-parole de #PaskokinAnseLaRaie, décrit son attachement à cette plage convoitée systématiquement par des promoteurs du privé. Et la colère monte crescendo avec le remplacement du centre, accueillant des jeunes venant des quatre coins de l’île pour les vacances, en un établissement hôtelier du privé. La grgne amplifuée se traduit en mobilisatiin et manifestatiin sur le terrain.

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« Nous n’avions pas le choix lorsque l’Etat avait réquisitionné ce centre pour être transformé en zone de quarantaine en 2020 pendant la période du Covid-19 », se souvient encire Vashish. Pour lui, c’était tout à fait normal, la situation l’exigeait. Il y avait une urgence. « Mais lorsque j’ai appris que cet espace situé au bord de la mer va faire de la place à un projet hôtelier, je me suis dit qu’il faut mobiliser les habitants de cette région et mener une campagne « , rajoute-t-il.

D’où l’idée de lancer #PaskokinAnseLaRaie. Une première réunion se sensibiisation a été organisée le dimanche précédent à l’Ocean View Hall de Saint-François, situé en face de la plage d’Anse-La-Raie. « Nous étions révoltés lorsque nius avions appris que le bénéficiaire des 25 arpents de terrains pour de Luxury Suites Ltd est un proche du pouvoir. Li paret ki tou sa la pa finn fer dan la transparans. Je trouve cela injuste. Et c’est à ce moment que j’ai décidé d’agir. Et même tout seul, je vais faire entendre ma voix. J’ai alors écrit aux trois élus de la circonscription pour leur demander des éclaircissements. Seul, le député Mahend Gungaparsad m’a répondu pour me dire que tout comme moi il cherchait lui aussi des informations sur ce projet hôtelier », poursuit-il.

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N’ayant aucune réponse, Vashish Bijloll décide de lancer un appel sur Facebook. Et à la suite de l’interpellatiin du député travailliste, Osman Mohamed, au Parlement , il apprend qu’un Master Plan est en préparation et qu’une lettre de réservation a été soumise au promoteur. La bonne nouvelle, dira-t-il, est que suite à l’appel lancé sur Facebook, une centaine de personnes ont répondu pour dire non à ce projet. « Nous tous sommes désolés. Il n’y a eu aucune consultation avant et pendant la formulation du Master Plan », s’insurge-t-il.

Le porte-parole du mouvement #PasKokinAnseLaRaie sollicite tous les Mauriciens pour donner un coup de main sur les plans légal et écologique en vue de contrecarrer ce projet. « Please care for our beach and our environment », prie-t-il en ajoutant « sa parti la plaz Anse-La-Raie pou fini al dan la me enn pwagne dimounn. Zenerasion apre zenerasion pa pou trouv nanie. »

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Faoud Manan, 68 ans, habitant Goodlands, est membre d’un groupe du troisième âge. Il s’est joint au mouvement #PaskokinAnseLaRaie. « Sa laplaz Anse-La-Raie la li frekente par preske tou dimounn dan Moris, sirtou pandan ban fet relizie de tou kominote ek dan peryod vakans par bann zelev ki sorti lwin. Je ne suis pas contre le développement. Mais pas question d’accorder cet espace à un groupe d`invidivus qui ne pensent qu’à leurs propres intérêts », dénonce-t-il.  Il fat comptefre que Les habitants du Nord n’aiment pas trop aller nager à La Mare-La-Raie s’étalant sur 65 mètres près de la plage de Saint-François et qui, malheureusement, n’est pas tout le temps propice pour un bain.

Faoud rappelle également qu’Anse-La-Raie est un endroit propice au développement de la faune et où des oiseaux migrateurs qui viennent se reproduisent avant de regagner l’Europe. « Pa kapav less ban ti kopin vinn fer piyaz », fait-il comprendre avec force. D’où la raison pour laquelle il s’est joint au mouvement #PaskokinAnse-La-Raie pour préserver la beauté et la richesse de cette plage en affirmant « mo pou donn koud me kot mo kapav pou defan la paz Anse-La-Raie. »

Seenarain Ramjuttun, habitant Saint-François, non loin de Cap-Malheureux, avait participé en 2018 à une manifestation dont l’objectif était d’attirer l’attention des Mauriciens pour que les autorités n’abattent pas d’arbres pour la construction d’une route. Les premiers à avoir attiré l’attention sur le marquage des arbres se trouvant à Anse-La-Raie étaient les représentants des forces vives de la région. Il faut créer une bretelle pour un projet de Rs 200 millions dans cette région. Une fois encore, il n’a pas manqué de se faire entendre lorsqu’il a appris qu’un hôtel allait être construit sur la plage d’Anse-La-Raie.

« Personn dan landra pa finn konsilte pou sa proze la. Nou finn apran ki pe donn enn parti la plaz Anse-La-Raie ban ti-kopin. La plaz Anse-La-Raie finn touletan enn landrwa kot bann abitan isi finn fet Gunesh Churturti ek le zot fet ek ban zenes ti pe vinn kanpe. » D’où son adhésion à ce mouvement.

Seenarain Ramjuttun se dit très remonté contre le fait que personne au sein du gouvernement n’a jugé utile de trouver un moyen pour faire empêcher l’érosion sur cette plage. « Mais ils ont trouvé du temps pour un projet hôtelier pour les petits copains. Nous allons nous mobiliser pour contrer ce projet. Nous allons organiser une marche pacifique en temps et lieu pour exprimer notre colère et notre mécontentement », rassure-t-il.

Sagane Pooneeth, originaire de Petit-Raffray, a participé lui aussi à la manifestation en 2018 pour protester contre l’abattage des arbres dans la région. À peine a-t-il appris que 25 arpents de terre ont été alloués à la société Luxury Suites Ltd qu’il s’est empressé de connaître davantage sur ce projet,

Membre de Petit-Raffray Organising Committee, il a réuni chez lui des habitants pour discuter de ce projet. « Nous avons suivi la démarche du député Osman Mohamed du PTr au Parlement. Il avait soumis le ministre des Terres et du Tourisme, Steven Obeegadoo, à un feu roulant d’interpellations supplémenyaires sur l’éventuelle conversion d’un terrain appartenant à l’Etat à Anse-La-Raie pour savoir si une demande avait déjà été faite pour un projet hôtelier. Nous allons suivre de très près l’évolution de ce projet d’hôtel. Si besoin est, nous allons organiser une marche pacifique en temps et lieu , » prévient-il avec détermination.

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