Le ministre de l’Énergie, Patrick Assirvaden, a fait le point cet après-midi sur la situation liée à l’approvisionnement en huile lourde, dans un contexte marqué par des tensions au Moyen-Orient.
Initialement attendue le 21 mars, une cargaison en provenance des Émirats arabes unis n’a pu accoster à Maurice, le navire n’ayant pas été complètement chargé. Cette livraison devait venir renforcer les stocks disponibles au niveau du Central Electricity Board (CEB).
Face à cette situation, une réunion a été convoquée dès le 3 mars avec le CEB et le ministère du Commerce afin d’évaluer les besoins et d’envisager des alternatives. Il a été décidé de diversifier les sources d’approvisionnement. Une nouvelle cargaison de 33 000 tonnes métriques a ainsi été sécurisée depuis Singapour. Le navire a quitté le port le 21 mars et son arrivée est prévue le 1er avril.
Le ministre a insisté sur l’importance du CEB dans le fonctionnement de l’économie, rappelant que sans production d’électricité, aucune activité économique ne peut se poursuivre normalement.
Sur le plan financier, cette situation entraîne un surcoût estimé à environ Rs 500 millions pour le CEB, notamment en raison du recours à d’autres sources et de la mobilisation de devises étrangères pour financer cette cargaison, évaluée à Rs 1,2 milliard.
Plusieurs mesures ont été mises en place pour gérer les stocks disponibles. La maintenance de certaines centrales a été réajustée afin de permettre une utilisation accrue du charbon et ainsi limiter la consommation d’huile lourde. Le niveau de “spinning reserve” a également été revu à la baisse, passant de 30-35 mégawatts à environ 20-25 mégawatts, afin de réduire la consommation.
Par ailleurs, un High Level Crisis Committee a été institué, sous la présidence du Financial Secretary, regroupant le ministère de l’Énergie, le CEB, la STC, le ministère du Commerce, le ministère des Finances ainsi que la Banque de Maurice. Ce comité est appelé à suivre la situation et à recommander les mesures nécessaires.
Le ministre a aussi indiqué que des réflexions sont en cours pour augmenter la capacité de stockage, actuellement estimée à environ 50 jours, avec pour objectif de la porter entre deux à trois mois.
Patrick Assirvaden a souligné que la situation reste préoccupante, en raison notamment des impacts du conflit au Moyen-Orient sur la disponibilité des produits et l’accès aux devises étrangères. Il a toutefois assuré que les autorités travaillent sur une approche globale afin de sécuriser l’approvisionnement énergétique du pays.

