Approvisionnement en produits pétroliers — Éviter la pompe à retardement…

Le navire Elandra Willow, d’Oman, livrera près de 39 000 tonnes de « white oil » à Maurice ce mardi

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Vers la conclusion rapide de l’accord avec l’Inde pour un approvisionnement par le biais d’Indian Oil Corporation

— Le navire affrété par la STC, transportant une cargaison d’huile lourde depuis Singapour, devrait débarquer à Maurice vers le 2 avril

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L’importante perturbation de l’approvisionnement en or noir, avec en toile de fond la guerre faisant rage au Moyen-Orient, et par ricochet le blocage du détroit d’Ormuz, a ouvert une boîte de Pandore dont plusieurs pays tentent de refermer. Dans le flou du moment où se mêlent les stratégies des uns et des autres, Maurice entend tirer son épingle du jeu, à la faveur d’un approvisionnement en carburant directement auprès de l’Inde, par le biais de l’Indian Oil Corporation, société détenue par l’État indien, afin de garantir des prix plus compétitifs et sécuriser l’approvisionnement à long terme. Les négociations diplomatiques se poursuivent entre les deux pays en vue d’une conclusion rapide de l’accord. En attendant, le navire Elandra Willow, en provenance de Sohar, à Oman, devrait livrer, ce mardi, près de 39 000 tonnes de « white oil », comprenant de l’essence, du diesel et du Jet A1 destinés notamment au transport et à l’aviation. 9 000 tonnes de gaz de pétrole liquéfié (GPL) seront aussi acheminées vers Maurice, le 17 mars, via le MT Clipper Posh. Le Central Electricity Board (CEB) est, par ailleurs, en attente d’un navire affrété par la State Trading Corporation (STC) transportant une cargaison d’huile lourde depuis Singapour. Il devrait débarquer à Maurice vers le 2 avril.

La semaine écoulée a été particulièrement agitée dans les hautes sphères politiques et des affaires, où les petites réunions et les grandes négociations se sont multipliées pour décider de la marche à suivre pour faire face au spectre d’une nouvelle crise pétrolière mondiale, quatre ans après le choc de l’invasion russe en Ukraine. Le communiqué émis vendredi par Suttyhudeo Tengur, président de l’Association pour la Protection de l’Environnement et des Consommateurs (APEC), a apporté du grain à moudre aux informations rassurantes distillées, ici et là, par les autorités mauriciennes, confrontées aux inquiétudes exprimées par le public concernant les prochaines cargaisons d’essence. « Il n’existe actuellement aucun risque immédiat de pénurie à Maurice. Au 5 mars 2026, les niveaux de stocks de Mogas (essence) demeurent jugés satisfaisants. Les compagnies pétrolières disposent d’environ 8 600 tonnes métriques, soit près de 13 jours de consommation », dit-il.

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Le syndicaliste, qui est allé aux sources, indique que « le terminal de stockage Mauritius Oil Storage Terminal (MOST) détient environ 6 916 tonnes métriques supplémentaires, représentant environ 11 jours de couverture. Ensemble, ces réserves permettent d’assurer l’approvisionnement du pays jusqu’aux alentours du 29 mars 2026, sur la base du niveau habituel de consommation. Selon le calendrier maritime actuel, un navire transportant de l’essence devrait accoster à Port-Louis aux alentours du 18 mars 2026. Cette livraison permettra de reconstituer les réserves nationales avant l’épuisement des stocks actuels. »

Un contrat de 3 à 5 ans

Au-delà de du débarquement annoncé de plusieurs navires dans les jours à venir, à Maurice, à l’instar de l’Elandra Willow, avec à son bord 39 000 tonnes de carburants, du MT Sea Treasure, transportant du fuel lourd, et du MT Clipper Posh et ses 9 000 tonnes de gaz de pétrole liquéfié, l’accord, en phase de finalisation, avec l’Inde — bénéficiant des cargaisons de pétrole russe, sur une base temporaire, avec la bénédiction de l’administration Trump — enlève une autre épine importante des pieds des autorités mauriciennes. Ce développement, sous la forme d’un approvisionnement auprès de l’Indian Oil Corporation, est d’autant plus salutaire que l’un des principaux avantages pour Maurice réside dans la nature de l’accord, qualifié de « G to G », c’est-à-dire directement entre les gouvernements mauricien et indien, sans passer par des intermédiaires. Une telle approche devrait réduire les coûts et accélérer les livraisons.

Ce contrat — devant entrer en vigueur après juin 2026 et coïncidant avec la fin de l’accord actuel avec OQ Trading, une compagnie d’Oman qui fournit le carburant de Maurice depuis 2025 — pourrait s’étendre sur trois à cinq ans, si les négociations aboutissent, garantissant un approvisionnement stable, malgré les fluctuations du marché pétrolier international. Selon les autorités, cette mesure contribuera également à stabiliser, à terme, le prix de l’essence et du diesel dans le pays.

34 000 tonnes métriques

à son bord

Le ministre des Utilités publiques et de l’Énergie, Patrick Assirvaden, et Shamshir Mukoon, General Manager du CEB, doivent également se livrer à un périlleux exercice d’équilibriste, surtout en cette où les épisodes de délestages se multiplient à travers l’île. L’inquiétude était palpable en début de semaine après que le navire affrété par Sahara Energy, qui devait initialement approvisionner Maurice en huile lourde, a été contraint de reporter son départ. Le bateau, qui devait quitter le port de Fujairah, aux Émirats arabes unis, depuis le 7 mars, avec à son bord 34 000 tonnes métriques, avait bloqué sur place en raison de la suspension des activités portuaires. La cargaison devrait finalement être chargée depuis Singapour autour du 18 mars, avec une forte probabilité qu’elle débarque sur les côtes mauriciennes dès le 2 avril.

À en croire Shamshir Mukoon, General Manager du CEB, « le pays dispose de suffisamment d’huile lourde pour la production en attendant l’arrivée de la prochaine cargaison. » Afin d’anticiper d’éventuelles difficultés d’approvisionnement, l’organisme public a aussi lancé une Expression of Interest afin d’explorer les différentes options disponibles pour sécuriser l’approvisionnement en huile lourde. « Le CEB a lancé une Expression of Interest pour l’approvisionnement en huile lourde. Ce n’est pas un tender, mais nous étudions les options disponibles », confie Shamshir Mukoon.

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Petroleum Stabilisation Account

Rs 100 millions de déficit en 13 jours de conflits

Des chiffres qui donnent le vertige. Le Petroleum Stabilisation Account a enregistré un déficit d’environ Rs 100 millions en seulement 13 jours. Une conséquence directe de la flambée des prix du pétrole sur le marché international suite aux conflits au Moyen-Orient. Cette hausse rapide du coût du brut exerce une pression sur les mécanismes de stabilisation des prix du carburant, utilisés pour amortir l’impact des fluctuations sur les consommateurs.

Les autorités suivent l’évolution des cours mondiaux comme du lait sur le feu afin d’évaluer leurs répercussions sur le marché local. Les variations du pétrole brut influencent directement le coût des produits raffinés, notamment l’essence et le diesel. Un déficit de Rs 100 millions a déjà été noté en l’espace de 13 jours. Le contrat d’approvisionnement en carburant arrivera à expiration en juin 2026. L’État a déjà négocié un accord avec le ministère indien du Pétrole et du Gaz. Traité que le State Law Office examine en ce moment.

Le changement de fournisseur viserait à garantir un approvisionnement plus stable et potentiellement plus avantageux pour Maurice. Les autorités cherchent ainsi à anticiper les fluctuations du marché pétrolier international tout en limitant les répercussions financières sur l’économie et les consommateurs. La State Trading Corporation a d’ailleurs procédé au changement de plusieurs critères, rendus plus stricts pour l’approvisionnement en carburants. Chaque cargaison est soumise à une batterie de tests stricts pour s’assurer de la qualité du produit.

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Prévisions pour le prix du pétrole Brent en mars

Goldman Sachs anticipe une moyenne

supérieure à $ 100 le baril

La banque d’investissement américaine Goldman Sachs a revu à la hausse ses prévisions pour le prix du pétrole Brent, anticipant désormais une moyenne supérieure à $ 100 le baril pour le mois de mars. Cette révision intervient dans un contexte de fortes tensions sur l’approvisionnement mondial en pétrole. Selon les analystes de Goldman Sachs, la hausse des prix s’explique principalement par les perturbations du marché liées au conflit au Moyen-Orient. Les inquiétudes concernant la sécurité du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial, ont accentué les craintes de rupture d’approvisionnement et soutenu les cours du brut. Dans ce contexte, les prix du pétrole ont fortement progressé sur les marchés internationaux. Le Brent, référence mondiale, s’est maintenu au-dessus de la barre symbolique des $ 100 le baril lors des dernières transactions, tandis que le brut américain West Texas Intermediate (WTI) évoluait également à des niveaux élevés.

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Gaz ménager

« Plus de deux mois de stock, halte au panic buying »

Certes, il y a un retard dans la livraison de gaz ménager, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut céder à la panique. Dixit le ministre du Commerce, Michael Sik Yuen, qui souligne qu’ « une nouvelle cargaison était attendue, vendredi, mais le bateau devrait finalement accoster à Port-Louis mardi prochain ». Ce retard, dit-il, est lié à une escale prolongée aux Maldives : « À ce jour, nous disposons de 8 722 tonnes métriques, et grâce à la prochaine cargaison, 7 000 tonnes supplémentaires viendront se greffer au stock actuel. On a plus de deux mois de stock. »

Légende

Les navires pullulent autour du détroit d’Ormuz, fermé par les Gardiens de la Révolution, le bras armé du régime de Téhéran

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