Le ministère de l’Économie bleue a initié un Survey, afin de déterminer si des détenteurs de carte de pêcheurs sont engagés dans d’autres activités professionnelles à plein temps. Cette enquête menée en collaboration de la Mauritius Revenue Authority (MRA) pourrait conduire au désenregistrement des pêcheurs. Le précédent gouvernement MSM avait octroyé plus de 1 000 cartes de pêcheurs, dont 709 au cours de l’année des dernières élections générales dans un souci de pouvoir conserver le pouvoir politique.
Le grand tam-tam réunissant environ 2 000 pêcheurs au complexe sportif de Côte d’Or, en septembre 2024, restera dans les annales du secteur de la pêche. Ce jour-là, le ministère de la Pêche, sous la férule de Sudheer Maudhoo, organisait une distribution de cartes à 416 pêcheurs, en présence du Premier ministre d’alors et leader du MSM, Pravind Jugnauth.
À un mois et demi des élections générales, le précédent gouvernement avait aussi choisi de mettre les petits plats dans les grands, avec du briani, notamment, servis aux pêcheurs présents. Cet événement marquait le summum de ce qui avait été organisé dans ce secteur, depuis l’arrivée du MSM au pouvoir et plus particulièrement, de Sudheer Maudhoo, à la pêche.
Ainsi de 2022 à 2024, 1 190 cartes de pêcheur avaient été octroyées. Le fait marquant de cet exercice est que les procédures en place dans le passé n’ont pas été respectées. Jusqu’alors, les pêcheurs amateurs devaient déclarer leurs prises aux gardes pêche chaque jour. Ces derniers assuraient ainsi le monitoring et garantissaient le fait que les demandeurs de cartes de pêcheurs étaient bien de la profession.
En l’absence de cette procédure, il n’y avait aucune certitude que ceux qui bénéficiaient de ces cartes, étaient bien des pêcheurs. Une situation que Le-Mauricien avait dénoncée avec force au grand dam de l’ancien ministre Bobby Hureeram. Aujourd’hui, tout le monde dénonce ouvertement cette situation. Le ministre délégué Fabrice David l’affirme publiquement : « les cartes de pêcheurs étaient devenues des friandises distribuées aux agents… »
Par conséquent, avec un total de 2 546 pêcheurs artisanaux enregistrés, le gouvernement se retrouve avec un budget de Rs 40 millions chaque mois pour assurer le paiement de l’allocation de mauvais temps. Et c’est cela le véritable enjeu, pour les détenteurs de cartes de pêcheurs qui ne sont pas de la profession. Une allocation de Rs 800 par jour est accordée à chaque pêcheur enregistré par jour en période de mauvais temps. Ce qui peut totaliser jusqu’à Rs 5 000 à Rs 6 000 par mois.
Or, le ministre l’Économie bleue, Arvin Boolell, veut mettre un terme aux abus. L’enquête actuellement en cours vise à s’assurer de la légitimité des pêcheurs enregistrés. La liste des 2 546 pêcheurs a été soumise à la Mauritius Revenue Authority et au Central Business Registration Department. S’il s’avère que certains d’entre eux sont engagés dans d’autres activités économiques, ils seront désenregistrés, prévient le ministre Boolell. Ce qui implique l’annulation de l’allocation de mauvais temps.
Toutefois, ceux engagés dans des activités professionnelles liées au secteur de la pêche ne seront pas concernés par cette décision. Par ailleurs, il y a actuellement 1 512 applications de cartes de pêcheur qui sont en suspens. Le ministère n’est pas allé de l’avant avec les procédures, en attendant les conclusions de l’enquête en cours.
Le ministère encourage également les pêcheurs âgés de 65 ans à monter, à rendre leurs cartes de pêcheurs contre une compensation. Dans le budget 2025-26, le montant proposé est passé de Rs 125 000 à Rs 200 000. Le Phasing Out de la pêche à la senne est également programmé, dans le but de préserver le lagon. Aucun permis pour ce type de pêche n’est octroyé actuellement.

