Les amendements à la Road Trafic Act pour la réintroduction des permis à points ont été votes à l’Assemblée nationale, vendredi, avant les vacances de fin d’année. Le ministre des Transports, Osman Mahomed, a déclaré lors de son Summing Up que le MSM semble avoir oublié l’engagement pris dans son manifeste électoral de 2014, sous la rubrique « Les douze priorités des trois premiers mois au gouvernement. » L’une de ces priorités consistait à revoir le système actuel du permis à points afin d’éliminer les injustices, les caméras pièges et les doubles pénalités.
« La promesse électorale était de réviser le système. But they ended up throwing the baby with the bath water. Ils ont finalement introduit un système axé davantage sur les amendes que sur la responsabilisation durable des comportements. Il est également ironique que le leader de l’opposition s’attaque au système de permis à points de 2013, alors que les statistiques montrent clairement que le nombre d’accidents sur les routes avait diminué de 13 % à l’époque où ce système était encore en vigueur », a déclaré le ministre.
« Le leader de l’opposition s’est lui-même tiré une balle dans le pied en faisant référence aux 112 personnes décédées sur les routes depuis le début de l’année, sans réaliser que le système actuellement en vigueur est le système cumulatif de permis à points, introduit par son propre parti. Nous sommes toujours sous ce régime aujourd’hui et, avec ce projet de loi, nous allons modifier le système de permis à points conformément à l’échéance qui nous a été fixée, à savoir janvier 2026 », a poursuivi le ministre.
« Je l’ai déjà précisé lors de la deuxième lecture du projet de loi : aucune des infractions entraînant des points de pénalité n’a vu ses amendes revues à la hausse. La confusion dans son esprit concerne les augmentations d’amendes prévues aux sections 1, 2, 3 (B) et 1, 2, 3 (D) de la Road Traffic Act, qui concernent la conduite dangereuse et la conduite sous l’influence de l’alcool, de drogues ou d’autres substances intoxicantes, pour lesquelles aucun point de pénalité n’est attribué », indique-t-il.
« La conduite sous l’emprise de drogues est déjà très sévèrement sanctionnée par la Road Traffic Act, notamment par la saisie du permis, des amendes et des peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à huit ans pour les récidivistes. Cette fois-ci, nous augmentons les amendes jusqu’à Rs 500 000 pour les récidivistes, c’est-à-dire en cas de deuxième infraction », a précisé Osman Mahomed.
« Le leader de l’opposition établit une corrélation entre l’augmentation du nombre d’accidents et l’accroissement du parc automobile, comme si c’était le présent gouvernement qui était responsable de la situation actuelle sur les routes. Permettez-moi de lui rappeler qu’en raison du régime fiscal extrêmement bas adopté par le précédent gouvernement, le nombre de véhicules sur les routes a augmenté de 53 % au cours des dix dernières années. Ce gouvernement a pris la décision courageuse, en matière de fiscalité, d’inverser le rythme de croissance du nombre de véhicules », a conclu le ministre Mahomed.
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Ajay Gunness, ministre des Infrastructures publiques
« Les citoyens doivent adopter un comportement responsable »
Le ministre des Infrastructures publiques, Ajay Gunness, a mis ‘accet sur la nécessité d’un changement profond des comportements sur la route, soutenant que «les citoyens doivent adopter un comportement responsable. » Pour lui, la réforme du Penalty Point System va bien au-delà d’une mesure administrative : elle porte une vision, un engagement national, et même une conscience collective.
Réaffirmant que «our ultimate objective is protecting lives », le ministre aborde la vulnérabilité des plus jeunes. « Young drivers are statistically more vulnerable to accidents », dit-il, estimant qu’il était impératif de briser les habitudes dangereuses et d’ancrer dès le départ une culture de discipline et de respect.
Pour lui, le système de points vient compléter et renforcer l’arsenal existant. « Points do not replace fines, they complement them, the goal is not to fill the Treasury, but to keep people alive », fait-il ressortir. Il maintient d’ailleurs que cette réforme cible avant tout les comportements répétés et dangereux, et non l’erreur isolée.
Dans un plaidoyer argumenté, le pinistre note que le système introduit en 2013 avait déjà fait ses preuves : les décès sur la route avaient chuté de 17,4 % en un an. IL regrette que l’abrogation de 2014 a été « une décision tragique » aux conséquences lourdes, soit plus de 1 300 victimes d’accidents de la route depuis, et une décennie sans avancée notable alors que d’autres pays modernisaient leurs politiques.
Ajay Gunness a également évoqué les améliorations infrastructurelles en cours. « We are clearing vegetation and fixing road markings, we are building a physical environment that matches the legal framework »., estime-t-il.Le gouvernement audite et remplace les panneaux routiers, revoit les intersections à risques et corrige les marquages. L’objectif : rendre le réseau routier cohérent, lisible et propice à la sécurité.
Ajay Gunness avance que cette réforme est « un mouvement vers le respect », soit le respect des règles, des usagers, des piétons, des motocyclistes, mais surtout de la vie humaine. Il appelle à une mobilisation générale : parents, enseignants, conducteurs et institutions doivent œuvrer ensemble pour bâtir « une culture de respect sur les routes » car la sécurité routière est l’affaire de tous.
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Jyoti Jeetun, ministre des Services financiers
: « Économiser environ Rs 4 milliards par an »
La ministre des Services financiers, Jyoti Jeetun, a fait un plaidoyer en faveur du projet de loi sur l’introduction de cette réforme, indiquant qu’elle ne se limite pas à renforcer la sécurité routière. » Elle constitue aussi une transformation économique majeure, notamment avec des économies de quelque Rs 4 milliards par an », déclare-t-elle.
Jyoti Jeetun s’appuie sur la dimension humaine derrière les chiffres : des drames évitables, touchant surtout les plus jeunes. « Our roads have become the Far West, many drivers think the law does not apply to them », a-t-elle dénoncé, dans un appel à la responsabilité collective. Elle a également salué la réforme comme « a long overdue reform », soulignant que le pays ne peut plus tolérer les comportements dangereux .« Reckless driving will no longer be tolerated », prévient-elle.
Jyoti Jeetun est revenue avec force sur certaines pratiques banalisées, dont la vitesse excessive« Speeding has normalized »., devait-elle lâcher. Un constat alarmant qui, selon elle, justifie davantage l’introduction d’un système de points capable de modifier durablement les comportements routiers.
» Mais c’est surtout sur le plan économique que les économies sont possibles – Rs 4 milliards par an – proviendraient de la baisse des accidents, avec des impacts directs sur les hôpitaux, la productivité nationale et l’usage des ressources publiques. Even a conservative 20 percent reduction in accident frequency would save Mauritius approximately Rs 4 billion annually « , met-elle en avant.
La ministre est d’avis que la mise en place de ce système permettra à Maurice de réaliser un « dividende de sécurité », un effet positif qui irrigue toute l’économie. Le secteur de l’assurance sera également mieux structuré, grâce notamment à la National Insurance Claims Database, un outil favorisant davantage de transparence et un calcul plus juste des primes.
Jyoti Jeetun rassure que la réforme est d’abord centrée sur la protection de la vie humaine, mais qu’elle permettra aussi au pays de mieux orienter ses ressources : un double bénéfice qu’elle juge incontournable. Selon elle, réduire les accidents, c’est à la fois sauver des vies et renforcer la résilience économique du pays, un objectif partagé par l’ensemble du gouvernement.
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Francisco François, leader de l’OPR : « Un signal fort aux irresponsables »
Pour Francisco François, leader de l’Organisation du Peuple de Rodriies (OPR), le permis à points s’aligne sur la démarche du gouvernement en faveur d’un renforcement de la sécurité dans la société. Il a souhaité une dérogation pour Rodrigues concernant le transport de personnes dans les caissons de véhicules tout-terrain en raison des réalités dans l’île.
L’orateur a indiqué que ce projet de loi lui tient particulièrement à cœur, car il a lui-même été victime d’un accident de la route, récemment. « Cela m’a fait prendre conscience du danger sur nos routes. Je soutiens donc totalement le projet de loi présenté par le ministre Osman Mahomed », dit-il.
L’irresponsabilité, la distraction, la vitesse sont parmi les principales causes d’accident, a-t-il souligné. « Le gouvernement vient envoyer un signal fort aux conducteurs irresponsables. Ils devront améliorer leur comportement », déclare-t-il, ajoutant que le pays pourra s’aligner sur les « meilleures bonnes pratiques internationales ». « La sécurité routière est un élément incontournable du développement durable. Le permis à points correspond parfaitement à la démarche du gouvernement de renforcer la sécurité dans notre société », estime-t-il.
Le leader de l’OPR a fait allusion à la loi de 2012 sur le permis à points, avec pour conséquence une réduction du nombre d’accidents fatals. En 2024, la situation est devenue alarmante. De ce fait, le présent projet de loi vient émettre un signal fort et montre que le gouvernement « means business ». Il a proposé l’introduction d’un permis de conduire numérique qui, selon lui, est une identification plus rapide du conducteur.
Parlant de Rodrigues, Francisco François s’est dit inquiet concernant la réhabilitation. « À Maurice, les cours sont dispensés par le MITD. À Rodrigues, deux formations ont été offertes cette année. La troisième, prévue pour novembre, a été renvoyée à février de l’année prochaine. Car la tenue des cours dépend du nombre de cas référés par la Cour. Ce qui est au détriment des personnes qui gagnent leur vie en tant que chauffeur », dit-il, tit en regrettant que des moniteurs rodriguaissont toujours en attente de permis.
Francisco François a brossé un tableau de la situation sur les routes de Rodrgues en 2024, soit 22 047 avec le le chiffre passant à 24 316 cette année. Le nombre d’accidents s’élève à 176 dont 101 victimes à novembre 2025. Il a également insisté sur la nécessité d’améliorer les infrastructures routières à Rodrigues. Il a souhaité une dérogation de la loi concernant le transport de personnes dans le caisson 4×4 pour Rodrigues. « Car c’est une pratique à Rodrigues d’utiliser ce type de véhicule, notamment, pour les enterrements », a-t-il dit. De même, il a souhaité que les demandes de transfert des policiers rodriguais basés à Maurice vers Rodrigues soient considérées.
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Kaviraj Rookny, Backbencher : « Le courage de prendre des décisions fortes »
Kaviraj Rookny a dénoncé la décision de l’ancien gouvernement d’abolir le permis à points. Selon lui, il s’agissait d’une décision politique et c’est le peuple qui en a fait les frais. Le présent projet de loi, a-t-il précisé, « vient restaurer la responsabilité sur les routes et le gouvernement a le courage politique de prendre les décisions qui s’imposent. »
Le permis à points, introduit par le gouvernement travailliste, avec Anil Bachoo, comme ministre du Transport, a souligné Kaviraj Rookny, avait permis de réduire les accidents de la route par 13%. Toutefois, le gouvernement MSM a pris la décision politique de mettre un terme à cette mesure. Ce qui a eu des conséquences désastreuses. « Quand les leaders politiques ne prennent pas les décisions nécessaires, c’est le peuple qui souffre », dénonce-t-il.
Il a cité, en exemple, les incidents survenus lors du pèlerinage du Maha Shivaratree, en 2023. « Une personne avait perdu la vie. Mais le Premier ministre d’alors n’a pas pris de mesure forte pour prévenir d’autres drames. Un an plus tard, huit jeunes de ma circonscription ont trouvé la mort dans des conditions similaires », regrette-t-il. C’est pour cela que le présent Premier ministre, Navin Ramgoolam, est venu avec des restrictions fortes, cette année, en vue de protéger les pèlerins. « Il n’a pas pensé aux conséquences politiques, mais à la sécurité des pèlerins », trouve-t-il.
Le Road Traffic (Amendment) Bill s’inscrit dans cette même démarche avec l’introduction du permis à points susceptible de réduire le nombre de fatalités sur les routes. « Aujourd’hui, la situation est d’autant plus grave car en 2012, la drogue synthétique n’avait pas autant d’ampleur. L’application de la loi devra se faire de manière robuste et juste. » Il a également émis le souhait que les véhicules de ceux sous l’influence de la drogue et de l’alcool puissent être saisis à l’avenir.
Kaviraj Rookny indique que le but de ce projet de loi est avant tout de protéger, pas de punir. Mais la loi sera vraiment efficace s’il y en a une bonne application, a-t-il ajouté. Il a témoigné avoir été personnellement touché par un drame, quand un ami proche de son père a été percuté par un motocycliste imprudent. « Quelqu’un qui avait aidé tant de personnes avait perdu la vie en l’espace de quelques secondes. » Pour lui, si la nouvelle loi permet de sauver, ne serait-ce qu’une vie, « ce sera beaucoup. »

