Attentes 2024 | Reeaz Chuttoo (CTSP) : « Discrimination positive pour favoriser l’emploi des femmes »

« Nous avons mis beaucoup de temps pour introduire une distribution équitable des salaires. Nous avons connu une réforme du salaire minimum. Malheureusement, toutefois, à cause de certaines faiblesses dans la mise en vigueur, beaucoup d’employeurs ne sont pas en train de payer leur dû aux travailleurs. Aujourd’hui, le salaire minimum concerne les personnes se trouvant au plus bas de l’échelle mais il y a certains services où il n’existe aucun Remuneration Order et dont les employés sont à 95% des femmes.

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«  Une jeune qui travaille par exemple chez un dentiste ou un médecin ou encore dans une compagnie d’assurances touche le salaire minimum alors que d’après la loi, ce sont ceux au plus bas de l’échelle qui doivent avoir le salaire minimum. C’est une forme de violence basée sur le genre car elles font des High Skilled Jobs et auraient dû être rémunérées plus.

« Deuxièmement, nous nous plaignons de pénurie de main-d’œuvre alors que 55% de femmes ne travaillent pas. Non pas qu’elles n’en aient pas l’envie mais elles n’ont pas les formations requises. D’autre part, les entreprises n’ont aucune obligation de les recruter.

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«  Je souhaite donc des réformes pour qu’il y ait ce qu’on appelle une discrimination positive pour obliger l’embauche des femmes. Pourquoi parlons-nous de 33% de femmes au Parlement en politique alors que dans les entreprises, pas d’obligation? En Afrique du Sud, dans le secteur de construction, presque tous les opérateurs sont des femmes. À Maurice, pour qu’un élément féminin opère dans ce secteur, il lui faut un permis de conduire pour voiture privée.

« Autre chose très importante : il faut éliminer toute forme de discrimination entre travailleurs étrangers et travailleurs mauriciens qui favorise la surexploitation des travailleurs étrangers. Exemple : depuis que le PRGF est entré en vigueur, les patrons des travailleurs étrangers n’y contribuent pas. Quand le contrat de ceux-ci parvient à terme, ils s’en vont les mains vides. Avant le PRGF, quand ils étaient sur contrat, ces employés recevaient une journée par mois de service à leur départ. Il faut réintroduire cela.

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« D’autre part, depuis 2021, une Regulation est prête pour les Refuse Collectors (éboueurs). Aujourd’hui, cela ne fait pas chaud au cœur quand on voit un camion sur lequel est inscrit Waste, et les employés et les ordures sont dans la même benne à ordures. C’est faute d’une loi concernant cela.

« Nous attendons en outre en 2024 que ceux âgés de 65 ans  et plus touchent Rs 15 000 comme pension. Les 60 ans peuvent travailler encore mais les plus de 65 ans doivent avoir Rs 15 000.

«  Autre attente : désormais notre pays autorise les bonnes de l’étranger à venir travailler à Maurice, surtout dans la perspective d’encourager les riches retraités étrangers à venir dans le pays. Maurice a ratifié la Convention sur les Domestic Workers du BIT. Dans cette convention, il existe une complication pour faire un règlement pour protéger les Foreign Domestic Workers. En dépit d’un Memorandum que la CTSP a envoyé et alors que cette Regulation a déjà été rédigée, elle dort dans le tiroir du PS du ministère de l’Emploi, ce qui est grave. En effet, ce sont surtout les pauvres qui sont concernées et en l’absence d’une loi, ces femmes peuvent être victimes de commerce illicite comme la prostitution. Il n’existe aucune règle quant à où elles doivent loger, si elles doivent être logées séparément de leur patron. Notre pays peut ainsi devenir comme ceux du Moyen-Orient qui ont cette fâcheuse réputation. Il est donc urgent que le ministère se penche sur ce dossier ».

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