Aviation | Relations industrielles : Air Mauritius : les syndicats s’unissent pour réclamer une révision salariale  

 

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L’Air Mauritius Common Platform, mise sur pied, est constituée de membres de l’Air Mauritius Staff Association (AMSA), de l’Air Mauritius Cabin Crew Association (AMCA), de l’Union of Employees of Air Mauritius Ltd et de la Private Transport Employees Union. Le but de ce regroupement est de parler d’une seule voix dans le cadre des négociations portant sur une révision salariale et des conditions de service après l’épisode du Covid-19.
« Nous avons des raisons de croire que la situation de la compagnie aérienne nationale s’est améliorée et qu’il est temps désormais de revoir les conditions de travail des employés d’Air Mauritius, après les sacrifices consentis par ces derniers durant la période sombre », a déclaré le négociateur syndical, Radhakrishna Sadien, lors d’une conférence de presse hier, en présence des dirigeants des syndicats précités.
Avec l’avènement du Covid-19, les salaires de bon nombre d’employés avaient été réduits drastiquement. Le redémarrage des négociations se révèle d’autant plus important à un moment où plusieurs compagnies étrangères demandent actuellement des droits d’atterrissage sur le sol mauricien, dont Qatar Airways ou encore Ethiopian Airlines. « Il est important de savoir quel sera l’impact de ces développements sur le personnel d’Air Mauritius », a-t-il indiqué.
Par ailleurs, le personnel d’Air Mauritius accueille favorablement l’arrivée du nouveau Chief Executive Officer (CEO), André Viljoen, ainsi que celle du nouveau président d’Airports of Mauritius Holdings Ltd, Megh Pillay. « Le nouveau CEO connaît bien l’aviation et Air Mauritius. Megh Pillay est un fin professionnel, qui a toujours instauré un Feel Good Factor au sein d’Air Mauritius. Si on laisse ces deux personnalités travailler ensemble, Air Mauritius sortira gagnante, car ce sont de vrais humanistes qui ont une vision pour la compagnie », a-t-il affirmé.
Radhakrishna Sadien a également soulevé un problème de gouvernance. « Nous constatons qu’un membre du Board d’Air Mauritius mène actuellement les négociations en vue de la signature d’un accord collectif avec les syndicats. Selon des observateurs syndicaux, cela pose un problème de gouvernance », a-t-il fait comprendre.
Cette plate-forme a aussi été créée alors que les syndicats sont en négociation avec Air Mauritius. Il serait question que la révision salariale prenne effet à partir de juillet 2025, tandis que toute révision des conditions de travail ne s’appliquerait qu’à compter de la date de signature de l’accord. « Cela n’a pas de sens. Nous exigeons que les négociations se déroulent sur la base du rapport datant de 2018 et non sur celui réalisé par l’administrateur volontaire. À ce jour, des responsables des ressources humaines recrutés sous l’ancien régime ainsi que des consultants ont procédé à des réductions d’effectifs dans plusieurs secteurs. Le nombre de personnel affecté aux Ground Services a été réduit de moitié. Les employés travaillent sous pression. Au lieu de pourvoir les postes vacants, on a recruté des consultants dont les salaires se situent dans une fourchette de Rs 200 000 à Rs 500 000. Désormais, des employés qui commettent de petites erreurs sont sévèrement sanctionnés », a-t-il dénoncé.
Il a également souligné qu’il semblerait que « l’ombre d’un ancien cadre d’Air Mauritius plane toujours sur la compagnie ». Il poursuit que la plateforme a été constituée parce que les syndicats sentent qu’il existe une stratégie visant à les diviser et qu’il y a un manque de transparence.
La plateforme souhaite ainsi obtenir une réunion avec le Premier ministre, Navin Ramgoolam, le Deputy Prime Minister, Paul Bérenger, le ministre du Tourisme, Richard Duval, ainsi que le ministre de la Sécurité sociale, Ashok Subron, pour évoquer les souhaits et préoccupations du personnel d’Air Mauritius.

 

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