Barkly GS(ZEP) — 57,26% de réussite : Sans leçons privées, des élèves font voler en éclat les préjugés

• Sur les result slips 4, 6, 7... unités

Ils ont été scolarisés à l’école gouvernementale de Barkly, classée en Zone d’Éducation Prioritaire (ZEP), loin de la compétition des écoles mainstream. Pas ou peu de leçons particulières pour eux. Aux dernières épreuves du Primary School Achievement Certificate (PSAC), ils ont décroché entre 4 et 7 unités. En janvier prochain, au secondaire, ils partageront la même classe que des élèves issus d’écoles « high flyers », habitués à la compétition et aux cours particuliers intenses.

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Mégane, Chanonne, Camelia, Elohim et onze autres élèves de la Barkly Government School ont fait voler en éclats les préjugés sur le potentiel des écoles classées en ZEP. Ils ont décroché leur Primary School Achievement Certificate avec brio et intégreront le Grade 7 du mainstream dans les collèges les plus sollicités de leur zone. Cette année, l’école de Barkly a présenté 26 candidats au PSACet affiche un taux de réussite de 57,26%. Quatre unités, sans leçons particulières, pour Chanonne, qui sera admise au collège Lorette de Rose-Hill. Sa mère, Christabelle Gaïqui, se dit comblée. “Les sacrifices ont porté leurs fruits”, confie-t-elle. Serveuse de profession, tandis que son époux est soudeur, le couple, parent de trois filles toutes scolarisées à la Barkly Government School, ne lésine pas sur l’éducation de ses enfants. “Parfois, à cause de mon travail, il m’arrive de ne pas les voir. Nous travaillons dur pour elles”, ajoute Christabelle Gaïqui, émue. « Nous savions que Chanonne allait obtenir de bons résultats, car elle aussi a fourni beaucoup d’efforts pour y parvenir », ajoute-t-elle.

« Toutes les écoles se valent »
Trop stressée pour se rendre à l’école, Mégane, nous confie sa mère Lovena d’Avrincourt, n’a pas accompagné cette dernière pour récupérer son results slip jeudi dernier. C’est donc Lovena d’Avrincourt, qui travaille comme agente d’entretien au sein de l’établissement, qui s’en est chargée. Les larmes aux yeux, elle a ensuite appelé sa fille pour lui annoncer qu’elle avait obtenu six unités et qu’elle serait admise au collège BPS à Beau-Bassin. « Nous ne nous attendions pas à ce qu’elle décroche une unité en anglais, d’autant qu’au deuxième trimestre elle avait obtenu trois unités dans cette matière », explique Lovena d’Avrincourt. Mais l’exploit de Mégane est ailleurs : elle n’a suivi aucune leçon particulière. Elle a bien essayé en Grade 5, sans parvenir à s’y adapter. Sa mère s’est alors tournée vers un autre enseignant privé, qui l’en aurait dissuadée. « Il m’a dit que Mégane n’avait pas le niveau et qu’il aurait fallu reprendre le programme de Grade 1 avec elle. Mais en réalité, Mégane est très timide et ne s’exprimait pas lors de ces cours privés », confie la mère de la jeune fille. Appliquée dans ses études, Mégane a suscité l’admiration de sa mère et de son père, également agent d’entretien, tout au long de l’année, par son assiduité. Pour la récompenser, ses parents lui ont offert une PS5.

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« Si les parents encadrent leurs enfants et s’investissent dans leur éducation, ceux-ci s’appliqueront à leur tour et seront assidus à l’école. Toutes les écoles se valent : il y a de bons éléments et des moins bons, et cela vaut aussi pour l’école de Barkly. Pourtant, trop de préjugés pèsent sur elle », avance Deborah Guillemin, mère de Camelia, qui a obtenu six unités au PSAC. Pour atteindre ces résultats, Camelia n’a suivi des cours particuliers qu’en mathématiques, afin de renforcer son niveau. Elle sera admise au collège BPS. Contrôleuse qualité, Deborah Guillemin a elle aussi fréquenté l’école primaire de Barkly avant de poursuivre ses études secondaires à la SSS de Beau-Bassin. En janvier prochain, son benjamin fera son entrée en Grade 1 à l’école de Barkly, rejoignant ainsi le cadet de la famille qui sera en Grade 5.
Les parents, dont la mère d’Elohim Lamoureux — récipiendaire de sept unités, qui n’a pas pris de leçon privée et futur élève au New Eton College — saluent unanimement le dévouement de l’enseignante de leurs enfants. « Li finn bien get zot !  », disent-ils. « Elle me tenait toujours informée de la progression de Mégane ou des moindres problèmes », ajoute Lovena d’Avrincourt.

Curepipe College devient mixte en janvier 2026
Les admissions des premières filles en Grade 7 ont débuté jeudi dernier
Pour la première fois en près de 63 ans d’existence, le Curepipe College, qui s’est jusqu’ici consacré à l’éducation des garçons, accueillera des filles en Grade 7 dès janvier prochain. L’établissement privé curepipien change de statut et devient un collège mixte à partir de la rentrée du premier trimestre 2026.

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Les inscriptions pour l’admission des premières collégiennes ont commencé jeudi dernier, peu après la publication des résultats du Primary School Achievement Certificate (PSAC) et se poursuivent. Le collège, qui compte 160 places en Grade 7, a modernisé et adapté ses infrastructures pour accueillir les collégiennes dans un cadre éducatif conforme aux normes. Neetesh Raj Sewpal, manager et recteur du collège, explique que depuis l’avènement des académies, l’idée de convertir son établissement en institution mixte a émergé.

« Nous avons fait la demande pour devenir un collège mixte, il y a quatre ans. Et cette année, au moment où les autorités de l’Éducation ont enclenché les procédures d’enregistrement des candidats aux examens du PSAC, nous n’étions pas encore prêts pour effectuer la conversion. C’est ce qui explique que les places en Grade 7 n’ont pas été automatiquement allouées aux filles par le Mauritius Examinations Syndicate (MES). Entre-temps, nous avons aménagé des toilettes pour filles et préparé nos 70 enseignants, dont la moitié sont des femmes, ainsi que l’ensemble du personnel. Pour ce qui est des matières, elles sont identiques pour les filles et les garçons jusqu’au Grade 9. Les cours de Food and Textile concernent désormais les deux. Nous avons également lancé une campagne de communication sur différentes plateformes, y compris les réseaux sociaux. C’est ainsi que des parents ont appris que le collège était devenu mixte », dit Neetesh Raj Sewpal. Il ajoute que d’anciens élèves du collège ont choisi d’y inscrire leurs filles.

Le recteur du Curepipe College se dit heureux de la nouvelle étape que son établissement s’apprête à franchir. « Filles et garçons se côtoient à la maternelle. La scolarité mixte se poursuit au primaire et à l’université. Il n’y a aucune raison qu’elle ne se poursuive pas au secondaire », observe-t-il. En termes d’uniforme, les collégiennes porteront un pantalon et une chemise. L’établissement compte actuellement environ 1,000 élèves.

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