Bazar de Vacoas : Pestilences et risques sanitaires

— L’état de décomposition des détritus rameute rats, insectes et chiens errants
Pestilences et risques sanitaires. Au bazar de Vacoas s’amoncellent des tas de déchets qui enlaidissent l’environnement. Un véritable fléau faisant partie du décor quotidien de ce site chargé d’histoire, qui est dû à l’incivisme de citoyens, à l’incurie des pouvoirs publics et l’insuffisance de poubelles. L’état de décomposition des détritus rameute rats, insectes et chiens errants. Les maraîchers qui, en sus d’être en proie aux maladies, doivent en supporter les relents pestilentiels. Pour couronner le tout, la toiture en tôle du bazar, qui s’est nettement dégradée au fil du temps, ne les protège plus des intempéries.
Un ex-député de la circonscription avait promis que la ville Cendrillon ressemblerait un jour à l’arrondissement le plus célèbre de la ville de New York. On est encore loin du compte et c’est le moins que l’on puisse dire si on se réfère à la terrible anarchie qui prospère au marché de Vacoas. ll n’y a qu’à jeter un coup d’œil sur l’amoncellement de déchets en tout genre qui jonchent le site délabré abritant une centaine de maraîchers. C’est la page Facebook « Mauritius Environment — Traffic – Tourism » qui a lancé, mardi, l’alerte en publiant des photos les unes les plus choquantes que les autres. On s’est rendu sur place pour en avoir le cœur net.
La ville bourdonne, les gens se dépêchent de rentrer chez eux après le travail. Le marché, situé à quelques encablures de la gare d’autobus et de la station de métro, aurait déjà dû présenter un autre visage avec l’avènement des terminaux urbains. Sauf que le projet a pris du plomb dans l’aile. Une balade entre les étals de légumes, de fruits et autres stands de nourriture laisse entrevoir un côté sombre. Des pigeons s’y sentent comme à la maison — gare aux fientes ! Le sol est en partie boueux et jonché de détritus en tout genre. Poussés par le vent, des sacs en plastique et des restes de nourriture s’envolent avant de s’amonceler autour du site. Il ne s’agit pas de tirer des conclusions hâtives, mais le ramassage d’ ordures semble au point mort durant plusieurs jours autour de ce périmètre fréquenté chaque semaine par des milliers de Mauriciens. Comment passer sous silence l’absence de poubelles, supplantées par des boîtes en carton, aux arrêts d’autobus…
La pollution atteint son paroxysme à l’extérieur, où des dizaines de gobelets en carton, sacs et bouteilles en plastique pullulent. Ce sont des moustiques par nuées, rats et des chiens errants qui prennent le relais avec toutes les conséquences sanitaires induites. On aurait pu croire que le spectre du chikungunya et de la Dengue allaient amener à une prise de conscience collective sur la nécessité de se prémunir par tous les moyens de ces menaces mortelles. Que nenni ! Des risques pour la santé, il y en a même plusieurs, et avant tout pour les éboueurs… qui vont devoir tôt ou tard ramasser ces amas d’immondices. On pense aux bactéries qui peuvent être présentes en surface, dans l’urine et les déjections des rats. Il y a évidemment la leptospirose qui est une maladie bactérienne transmissible à l’homme et dont les cas sont en constante augmentation.
Comment ne pas se faire un sang d’encre lorsqu’on constate que des colporteurs squattant le site installent leurs produits à leur aise à même le sol, au nez et à la barbe des policiers ? Pire, au mépris de l’environnement, certains marchands jettent leurs boîtes vides de marchandises dans les recoins de la rue, lui donnant l’aspect d’un dépotoir. Quid des autorités ? « Gaspiyaz ! » répondent aussitôt les commerçants comme un seul homme. « S’ils s’en souciaient, nous pourrions leur faire part de nos idées sur la façon dont ils devraient résoudre les problèmes. Mais ils ne sont pas à l’écoute. Demars zero… »
Outre les drains inefficaces et inadaptés, l’objet du courroux des locataires du bazar demeure le fait que la toiture en tôle du bazar, qui date de 35 ans, a connu une nette dégradation. Avec la saison des fortes pluies qui va crescendo, la crainte est palpable. Les autorités n’ont d’ailleurs pas répondu favorablement à leur demande pour colmater les brèches. Week-End a tenté en vain de joindre le maire de Vacoas/Phoenix Sunjeevsingh Dindyal.

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