Biotechnologie Bleue : Boolell encourage une étroite collaboration entre les institutions

Cap Business Océan Indien et la Chambre de commerce et d’industrie de Maurice (MCCI) se penchent sur un plan d’action régional pour le développement de la biotechnologie bleue dans l’océan Indien. De ce fait, ces deux institutions ont organisé hier une table ronde réunissant institutions publiques, centres de recherche et entreprises privées. Le ministre de l’Agro-industrie, Arvin Boolell, qui s’adressait aux participants à l’ouverture des travaux, a souligné l’importance d’une étroite collaboration entre les institutions concernées et leur a demandé de ne pas travailler en silo.

- Publicité -

« Je vous invite à conjuguer leurs efforts pour le développement de ce secteur. Le partage d’idées est important. Il est essentiel d’identifier des projets bancables pouvant produire des résultats à court terme » , a-t-il déclaré, en indiquant que le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a, dans son message à la nation du Nouvel An, déclaré 2026 « année de l’action ».

L’élaboration du plan d’action régional concerne six territoires insulaires : les Comores, Madagascar, Maurice, Mayotte, La Réunion et les Seychelles, représentant plus de 33 millions d’habitants et un espace maritime de plusieurs millions de kilomètres carrés. Face aux pressions croissantes du changement climatique, de l’intensification des usages côtiers et de la surexploitation de certains écosystèmes, la biotechnologie bleue se positionne comme une réponse à travers la valorisation responsable des ressources marines. Les applications visées concernent des secteurs à forte valeur ajoutée : pharmaceutique, agroalimentaire et matériaux biosourcés. L’objectif est de cartographier les acteurs publics et privés, d’analyser les cadres légaux et les mesures incitatives, et d’identifier les opportunités et contraintes propres à chaque territoire.

- Publicité -

Virginie Lauret, directrice exécutive de Cap Business Océan Indien, a expliqué que cette démarche s’inscrit dans la phase « Think » de la méthodologie de l’organisation, visant à positionner Cap Business comme « knowledge partner » pour « apporter aux opérateurs économiques des outils et des clés de lecture leur permettant de mieux comprendre les dynamiques à l’œuvre dans leur secteur ».

Elle ajoute que l’objectif premier de l’étude est de dresser une cartographie des acteurs publics et privés engagés dans ce secteur, l’idée étant de mieux comprendre les dynamiques en cours et d’identifier les ressources déjà mobilisées. « En parallèle, nous effectuons une analyse approfondie du cadre légal en place, des mesures incitatives et des accords internationaux qui encadrent ce secteur dans chacun de nos territoires. L’objectif est d’identifier les opportunités et les contraintes propres à chacun d’eux » , a-t-elle fait ressortir.

- Advertisement -

Drishtysingh Ramdenee, secrétaire général de la MCCI, a souligné pour sa part la nécessité d’une coordination régionale structurée. « Les ressources répertoriées dans la base de données du Mauritius Oceanography Institute (MOI) démontrent clairement le potentiel de développement dans plusieurs domaines, notamment les nutraceutiques », a-t-il dit.
Il a ensuite plaidé un alignement requis dans l’océan Indien concernant le support technique et technologique, le financement et les aspects réglementaires, entre autres. Il a également fait ressortir la nécessité de définir les priorités dans différents secteurs, tels que l’aquaculture, les nutraceutiques, et de structurer les échanges entre pays de manière plus formelle.

Pierre-Philippe Blanc, du consortium COFREPECHE–CREOCEAN, mandaté par Cap Business Océan Indien pour réaliser cette étude, a, lui, présenté le cadre technique et les conclusions préliminaires avant que les participants n’engagent des discussions structurées. À l’aide d’une analyse multicritères, ils ont identifié les forces et faiblesses de Maurice en matière de biotechnologie bleue.

La table ronde a réuni des instances telles que l’Economic Development Board, le ministère de l’Agro-industrie, l’Université de Maurice, des instituts de recherche (MSIRI, MIBL, CIDP), des entreprises privées (Mauricoast, Human Network, Ingenia) ou encore des organisations régionales (Commission de l’océan Indien, WIOMSA, l’Indian Ocean Rim Association). Les conclusions de l’étude seront présentées lors du 15e Forum économique des îles de l’océan Indien, prévu du 27 au 29 avril à Moroni, aux Comores.

Des tables rondes similaires sont organisées dans chacun des six territoires pour assurer que le plan d’action régional reflète les besoins spécifiques de chaque île. L’initiative s’inscrit dans le Programme d’actions 2021-2026 de Cap Business Océan Indien, qui bénéficie du soutien de l’Agence française de développement.

EN CONTINU
éditions numériques