Habitante de Bramsthan depuis peu, Shirley Hector confie adorer la tranquillité q’elle y trouvée

À Bramsthan, dans l’est du pays, le quotidien est paisible. Les villageois parlent de leur village avec fierté. Les développements sont légions avec de nombreux commerces ayant ouvert leurs portes au grand bonheur des habitants. Seul souci, les inondations qui affectent la région lors des fortes pluies et quelques problèmes au niveau du transport.

Bramsthan a des allures de paradis. Entouré de plantations de cannes à sucre, à quelques minutes de la plage de Trou D’eau Douce, le village offre à ses habitants un cadre où règnent la tranquillité et l’harmonie. Les habitants parlent de leur village avec fierté. “C’est un endroit où il fait bon vivre. On y trouve une variété de fruits comme le jaque et le bilimbi. Il y a un jardin d’enfant, des terrains de sports, tout ce qu’il faut”, dit Pawann Bishundat, 62 ans. “On vit en harmonie ici, il y a beaucoup d’activités notamment au Centre Social. Nous avons un supermarché depuis quelques années alors qu’auparavent nous devions aller à Flacq”, explique Kaecyna Lyecheng, 34 ans. “Les gens sont chaleureux”, dit Shirley Hector qui y vit depuis 6 mois.

En chemin nous rencontrons Giansingh Nekram, planteur de 58 ans, alors qu’il épluche des oignons. Son employé s’affaire à remplir le camion de sacs d’oignons qui seront livrés au marché. Planteur depuis 40 ans, suivant les traces de son père, Giansingh Nekram confie qu’il a des plantations d’oignons et de pommes de terre à Brahmstan et à Balaclava. S’il se plait dans son activité, il regrette cependant la rareté de la main d’œuvre à Bramsthan. “Les gens ne veulent plus travailler dans les plantations ici, c’est dommage.”

Le laissant à ses activités nous explorons davantage le village où nous sommes invités par des passants à aller voir un certain Dhool dont le snack est très connu dans la région. Son riz blanc accompagné de divers plats et son briani ont une certaine réputation dans l’endroit. “Tout le monde me connait ici. Depuis 1984, j’opérais une échoppe où je vendais déjà des mine frite, riz frit et briani.” En 1995, il a ouvert ce snack. “Vous devez savoir conserver vos clients. Quand j’ai ouvert ce snack, c’était le seul de la région. Même si je ne suis plus le seul maintenant, la clientèle est toujours là. J’arrive à gagner ma vie avec ce commerce.”

Le village est souvent frappé par des inondations

Développement.

Autrefois boisé et entouré de plantations de cannes à sucre, Bramsthan a connu un développement considérable. Si la canne à sucre est toujours visible, les commerces ont poussé comme des champignons. Snacks, quincailleries, magasins, supermarchés, le village a de quoi satisfaire ses habitants. “Bramsthan est un endroit très actif. Les habitants des villages tels que Riche Mare, Camp Ithier, Queen Victoria et Écroignard viennent ici pour les commerces. Avant il fallait absolument aller à Flacq”, dit Dhool. Selon lui, il ne manquerait qu’un bureau de poste. Shirley Hector souligne que le village devrait être doté d’un ATM et éventuellement d’une banque.

Le supermaché du village évite aux habitants d’aller à Flacq pour faire leurs courses

Avec l’avènement graduel des commerces cependant, un problème a surgi dans le village, celui des embouteillages. En particulier sur le Chemin Poisson qui relie le village à Camp Ithier et Trou D’Eau Douce, entre autres. “Les voitures s’arrêtent devant les commerces provoquant des bouchons.” D’autant plus que cette route est empruntée par de nombreux véhicules quotidiennement, notamment les taxis-trains qui desservent la région.
Parlant de transport, Indhira, 52 ans, soutient avoir des difficultés notamment en fin d’après-midi. “Il y a un problème de transport vers Rose-Hill et Port-Louis. Les bus sont rares et roulent très lentement. Et, à 18h, il n’y a plus aucun taxi-train ni de bus, ce qui nous oblige à payer une course normale si on travaille loin d’ici.”

Autre souci majeur : les inondations qui perturbent la région pendant les grosses pluies d’été. Certaines rues sont alors inondées, posant de grosses difficultés à certains habitants. “À chaque grosse pluie c’est comme çà ici. Nous avons fait des complaintes à maintes reprises. Le District Council est venu mais le problème n’a jamais été réglé”, s’insurge Ragini Veeren.

L’histoire d’un nom

Bramsthan, en hindi signifie l’endroit du Dieu Brahma. Ce nom a été conféré au village qu’à partir du 20e siècle. Auparavant, le village avait pour nom Thévenet, du nom du propriétaire de Riche Mare à l’époque française. Par ailleurs, on y trouve le pont d’Epinay, sur la rivière Coignard qui porta longtemps le nom de Pont Thévenet.

Giansingh Nekram
Ce lieu de culte est visible à l’entrée du village