Propositions syndicales : Le MTUC propose un salaire minimum de Rs 16 000

« Alors que les élections générales sont prévues en 2024, le gouvernement pourrait bien apporter un peu d’air frais en augmentant les retraites de base, en attendant la promesse faite de porter la Basic Retirement Pension (BRP) et les allocations d’autres bénéficiaires de l’aide sociale à Rs 13 500, en juillet 2023. On nous a fait comprendre que le National Wage Consultative Council (NWCC) travaillait déjà sur une révision du salaire minimum.

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Le MTUC propose donc une nouvelle augmentation du salaire minimum à Rs 16 000, jusqu’à ce que des ajustements soient effectués par le NWCC. » C’est ce que propose Dewand Quedou, président du Mauritius Trade Union Congress (MTUC), dans un mémoire adressé au ministre des Finances, Renganaden Padayachy, dans le cadre de la préparation du budget 2023-2024.

Le MTUC propose également que le directeur de l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) soit nommé par le président de la République en consultation avec le Premier ministre et le leader de l’opposition. « Si la corruption n’est pas visible pour le citoyen ordinaire, elle peut exister au plus haut niveau de la hiérarchie politique, administrative. D’ailleurs, les scandales de ces derniers temps viennent prouver que personne n’est à l’abri de ce fléau, qui gangrène notre société depuis l’indépendance de notre pays. Le gouvernement en place, et particulièrement le Premier ministre, doit montrer plus d’intérêt à lutter contre ce fléau », fait-il comprendre.

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Il ajoute que les politiciens, tous bords confondus, doivent être les premiers à montrer la voie, et que la corruption ne doit être tolérée sous aucune forme. « Au MTUC, nous avons à l’esprit que même si l’ICAC fait son travail, il faut lui donner plus de pouvoirs et d’indépendance pour agir sans aucune entrave ou influence extérieure. À ce titre, nous proposons que, désormais, le directeur de l’ICAC soit nommé par le président, en consultation avec le Premier ministre et le chef de l’opposition », fait ressortir le président du MTUC.

Ce dernier rappelle également que le trafic de drogue est un problème mondial et que « la soif d’argent facile en pousse beaucoup à recourir au trafic de drogue », les stupéfiants étant en effet très demandés, malgré les mesures strictes introduites pour stopper l’importation et la consommation de drogue, dit-il. Le MTUC propose ainsi que des sanctions plus sévères soient imposées, et que, dans le même temps, la police soit équipée des dernières technologies pour freiner l’entrée de drogues à Maurice.

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Le MTUC souligne par ailleurs que le gouvernement a introduit « quelques mesures intéressantes » pour les travailleurs, comme une révision du salaire minimum national, une augmentation des pensions de base à Rs 9 000/10 000, une aide financière aux travailleurs ainsi qu’aux entreprises ayant eu des difficultés à joindre les deux bouts, le maintien des subventions sur les produits essentiels, de même que les « milliards de roupies dépensées pour fournir les meilleurs soins de santé et traitements contre le coronavirus », grâce des campagnes de vaccination massives.

Malheureusement, poursuit-il, « la thésaurisation des produits de consommation par des commerçants malhonnêtes, la pénurie de légumes et d’autres produits sur le marché, et une nouvelle hausse du prix des matériaux de construction, du gaz, de l’essence et des médicaments ont commencé à créer des troubles civils parmi les plus pauvres de la communauté ».

Le MTUC propose aussi la mise en place d’une Parastatal Bodies Service Commission. « Une idée qu’aucun gouvernement n’a jusqu’à présent proposée », poursuit-il. « Comme nous le savons tous, les personnes morales, dont les membres du conseil d’administration, sont nommées politiquement. C’est une source évidente de recrutements louches et illégaux par les régimes en place. Le MTUC a toujours suggéré la mise en place d’un organisme de recrutement indépendant, comme la PSC, pour se pencher sur les questions de recrutements, de promotions et d’autres aspects relatifs à la transparence des décisions, qui font encore défaut à ce jour. (…) Nous attendons de ce gouvernement qu’il mette en œuvre cette demande dans un souci de bonne gouvernance, comme toujours soulevé par le Premier ministre », affirme-t-il.

Le MTUC est d’avis que le PRB a beaucoup fait pour améliorer les conditions des salariés de la fonction publique et des organismes parapublics. « Toutefois, nous sommes conscients que certains grades n’ont pas donné satisfaction, tandis que d’autres, comme le personnel du MITD, ont continué à être considérés comme des employés transitoires, en attendant de futurs changements structurels. Globalement, le MTUC est cependant satisfait de la performance du personnel du PRB et est d’avis que cet organisme doit continuer à se pencher sur les problèmes des employés du gouvernement », a déclaré Dewan Quedou, qui ajoute qu’ « en même temps, il doit être davantage équipé pour effectuer des enquêtes et des visites de sites pour une éventuelle hausse salariale et autres recommandations. Nous ne devons pas oublier que toute recommandation du PRB entraîne des ajustements et des révisions par le NRB et les autres commissions salariales. »

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