— … classant le Bypass (Flic-en-Flac/Pierrefonds) comme étant une infrastructure fantôme !
— Le chantier a démarré en juillet 2023, alors que la demande d’obtention du permis EIA a été faite qu’en juillet 2025
L’aménagement de la nouvelle route (un prolongement du bypass de Flic-en-Flac) reliant l’avenue Kestrel à Cascavelle — en serpentant des dizaines d’hectares de forêts et de réserves naturelles — continue à faire des vagues. Ce projet est orchestré par la Road Development Authority (RDA) et Transinvest Construction Ltd. Après l’article publié dans nos colonnes la semaine dernière, faisant état de zones d’ombres entourant la mise en œuvre de ce projet, des recherches effectuées par diverses sources nous ont conduits à des extraits contenus dans le rapport du Directeur de l’Audit National (NAO) de 2024/2025, qui a été déposé en février 2026. Le rapport peint un tableau accablant, classant le Bypass (Flic-en-Flac/Pierrefonds) comme étant une « infrastructure fantôme ». Il ajoute : « Quand bien même le chantier a démarré en juillet 2023, demande d’obtention du permis Environmental Impact Assessments (EIA) n’a été faite qu’en juillet 2025 ! » Le rapport contient aussi des observations critiques sur la proximité du nouveau tracé avec les zones résidentielles.
Voici les points principaux que les auditeurs ont soulevés concernant l’impact sur les habitations (rues Dahlia et Canaris, de Morcellement Palmyre et des appartements Westline) et les changements du tracé :
• ​ Le changement de tracé et la proximité (Buffer Zone)
​Le rapport note que le tracé initial a été modifié pour des raisons techniques (évitement de certaines zones marécageuses ou contraintes de terrain), mais que cette modification a rapproché la route de zones résidentielles déjà établies. L’audit souligne que la zone tampon (buffer zone) entre la route à haute vitesse et les clôtures des propriétés privées est jugée insuffisante dans certaines sections.
• ​Nuisances sonores
Le rapport mentionne que les mesures d’atténuation (murs antibruit ou barrières végétales) n’étaient pas clairement définies ou budgétisées dans le plan révisé, ce qui risque de nuire à la qualité de vie des résidents.
• ​L’absence d’EIA
C’est le point le plus grave relevé par l’audit. Le projet a démarré avant que l’étude d’impact environnemental et social ne soit complétée. Conséquence pour les habitants : étant donné que l’étude d’impact a été faite « après coup », les résidents n’ont pas pu contester officiellement la proximité du tracé avant que les travaux ne soient déjà engagés. L’audit qualifie cela de manquement aux procédures de bonne gouvernance.
• ​Les risques de sécurité et d’accès
​L’audit mentionne des inquiétudes sur la manière dont les routes secondaires (ruelles résidentielles) rejoignent ou sont coupées par le bypass. Il critique le fait que certains accès pour les résidents locaux sont devenus plus complexes ou dangereux, car le tracé priorise la fluidité du trafic vers Flic-en-Flac au détriment de la connectivité locale.
• ​Le remplacement du pont par un tunnel
​Le rapport mentionne spécifiquement que le remplacement d’un pont prévu par un box culvert (tunnel hydraulique) près de zones habitées a été fait sans une nouvelle évaluation des risques d’inondation pour les maisons adjacentes en cas de grosses pluies. On peut aussi lire que « the Land Drainage Authority (LDA) wasapproved in December 2024. But, 6 months later, LDA highlighted that the modification could affect downstream flood safety and resilience. »
En résumé :
L’audit reproche aux autorités d’avoir privilégié la rapidité de construction et les économies techniques sur le tracé, au détriment du confort, de la tranquillité des citoyens dont les maisons se trouvent désormais à proximité immédiate de la route, et des risques d’inondation en amont. Au final, ledit rapport pourrait constituer un outil juridique puissant car il laisse comprendre que les procédures de consultation et d’évaluation d’impact n’ont pas été respectées avant le début des travaux.
ANDY SERVIABLE
HT 1
Adi Teelock de Platform Moris Lanvironnman (PML)Â :
« Les révélations sur les risques d’inondation sont très préoccupantes »
« La façon dont ce projet d’autoroute a été dessiné et mené soulève bien des interrogations et des inquiétudes. Comment est-ce qu’un organisme public peut-il ainsi faire fi des lois et des règlements, dont la Public Procurement Act et l’Environment Act ? Si un rapport EIA a bien été soumis pour les deux premiers tronçons depuis La Vigie avant le début des travaux, tel n’a pas été le cas pour le reste de la route. En sus de cela, le tracé Cascavelle—Flic-en-Flac a été modifié sans aucune consultation avec les riverains. Ce que révèle le rapport de l’audit sur les risques d’inondation liés au tunnel hydraulique est très préoccupant. Il est connu que Flic-en-Flac, où une bonne partie des marécages a été comblée, est vulnérable à des inondations. Une vulnérabilité que confirme le Land Drainage Master Plan. En sus de cela, le rapport BRGM sur les risques côtiers avec le changement climatique classe Flic-en-Flac parmi les zones à haut risque d’érosion accrue. Toute route ou projet de morcellement dans la région — et ailleurs sur la côte — devraient prendre en compte non seulement les risques d’inondation terrestre, mais aussi marine. Au niveau de PML, ce sont des aspects que nous aurions soulevés dans des commentaires au rapport EIA, s’il avait été soumis. »
HT 2
Travaux de construction dès 5h30 du matin !
La Police de l’Environnement rappelle Transinvest à l’ordre
Les travaux de construction de route relative au prolongement du bypass de Flic-en-Flac sont menés tambour battant, si bien que les ouvriers de Transinvest sont présents très tôt le matin pour s’atteler à la tâche, au grand dam des résidents qui sont aux premières loges d’un chantier gigantesque à ciel ouvert. Ils s’insurgent contre le fait d’être réveillés dès 5h30 ou 6h, parfois dans leur profond sommeil, par le bruit assourdissant des bulldozers et pelleteuses. À quel niveau d’indécence peut-on sombrer pour ainsi adopter de telles incivilités teintées de mépris, sans se soucier des conséquences que cela engendre sur la santé d’autrui, surtout que cela concerne les personnes âgées et vulnérables ?
Avoir des fenêtres qui donnent sur un chantier de grande envergure peut vite devenir un enfer pour les personnes surexposées à cette pollution sonore extrême. « On boit la tasse jusqu’à la lie ! Après avoir assisté, impuissants, à la destruction de notre havre de paix, et en attendant le ballet incessant des véhicules devant nos portes, nous sommes soumis à l’overdose sonore liée aux engins de chantier dès 6h du matin. Il nous arrive de se demander ce qu’on a fait de mal pour mériter un tel châtiment », martèle un riverain.
Dans cette léthargie, certaines voix continuent à se faire entendre et les choses auraient pu dégénérer cette semaine lorsque des habitants sont allés se confronter aux ouvriers de Transinvest qui n’en avaient cure. « On a tenté de joindre la RDA et la Police de l’Environnement au téléphone pour que ce sentiment d’impunité soit coupé à la racine, mais on s’est fait balader. Face à ce je-m’en-foutisme, certains riverains ont entamé des discussions avec des ouvriers et des responsables du chantier. Les discussions ont, hélas, tourné au vinaigre face à la condescendance dont ils faisaient preuve », confie un interlocuteur. Contacté, l’inspecteur Vishwanaden Amasay, chef de la Police de l’Environnement, souligne avoir sommé le constructeur de ne plus démarrer les travaux avant 7h30.
Une question taraude par ailleurs les riverains : l’absence d’un panneau affichant le permis EIA à l’Avenue des Canaries. Ils estiment que c’est une violation de l’Environment Protection Act. « Ils nous cachent ce document parce qu’il contient les obligations de protection (murs antibruit, plantations) qu’ils ne veulent pas payer. On ne compte pas se laisser marcher sur les pieds », soutient un habitant.
Affaire à suivre…

