Amputée des deux jambes, la première en 2016 et la seconde deux ans après suite à des complications qui persistaient à cause du diabète, Vedita Purbhoo, 48 ans, mère de trois enfants, vit dans une maison de la National Housing Development Corporation (NHDC), à Calebasses.
La vie commence à devenir de plus en plus difficile pour cette ex-habitante de Crève-Coeur lorsque son médecin de l’hôpital SSRN à Pamplemousses lui avait annoncé qu’elle devait subir une première intervention en 2016 pour l’amputer de son pied gauche.
Quelque temps après, la quadragénaire avait fait une demande au ministère de la Santé pour obtenir une prothèse. « Mais la prothèse ne me convenait pas et me faisait souffrir parce qu’elle n’était pas appropriée. J’avais alors choisi de l’abandonner », se rappelle-t-elle.
Elle ne se découragera pas pour autant. Elle se tourne ainsi vers le Dr Armoogum Parsuramen, le directeur de la Global Rainbow Foundation, dont le siège se trouve à Petit-Raffray pour une nouvelle prothèse.
En 2018, Vedita ressentait une nouvelle fois des douleurs atroces. Cette fois, au pied droit. Son médecin traitant croyait que ces douleurs étaient dues à son poids et l’avait assuré qu’il n’était pas question qu’elle subirait une nouvelle amputation et que son état de santé allait s’améliorer graduellement.
Pour avoir l’esprit tranquille, Vedita n’hésitait pas à puiser dans ses économies. Elle apprend plus tard d’un médecin de la clinique que les os de son pied droit étaient usés et qu’elle n’avait pas d’autre choix que de se faire amputer.
Elle retournera à l’hôpital du Nord pour subir cette seconde intervention. « Mo finn oblize res lor lili lopital », ajoute-t-elle. Et quelque temps après, elle reçoit une nouvelle prothèse qui, encore une fois, n’était pas adaptée à sa morphologie. « Mo pa finn ress le bra krwaze. » Et elle a eu recours aux réseaux sociaux pour recueillir une certaine somme d’argent. « Mo finn gagn bon response me osi bann komanter dezagreab », fait-elle ressortir.
Résultat de l’opération, Vedita a récolté une somme de Rs 350 000. Ce qui lui a permis de se rendre en Inde pour des séances de physiothérapie au centre Kusum Spine and Neurorehabilitation où elle a aussi une prothèse. Sa priorité est de se rendre en Inde vers la fin de février afin, dit-elle, d’acquérir une nouvelle prothèse plus adaptée. « Mo santi ki mo protez ne pli adapte ek komans fer mwa soufer kan mo asize tro lontan », dit-elle.
En attendant, Vedita vend des gâteaux chez elle à Calebasses pour essayer de recueillir la somme requise pour se rendre dans la Grande-Péninsule. « Je suis très reconnaissante envers ceux ou celles qui nous ont aidés financièrement à nous rendre en Inde la dernière fois. Je suis une femme qui aime son indépendance. Je fais de mon mieux pour sortir dans des situations difficiles. Mais il y a des moments où j’ai vraiment besoin d’aide. » Comme c’est le cas actuellement.

