4,6%. C’est le taux de doses vaccinales anti-covid administrées à ce jour, un mois après le démarrage de la campagne de vaccination contre la Covid-19. Soit seulement 9338 doses utilisées sur les 200 000 réceptionnées du laboratoire AstraZeneca, dont 100 000 offerts par le gouvernement indien.

Toutefois, face à la réticence des frontliners de se faire vacciner, le gouvernement change encore une fois de stratégie et étend cette fois la campagne de vaccination aux personnes âgées de 60 ans et plus ce lundi, 1er mars, et à toute personne souffrant de maladies chroniques (diabète, maladies cardio-vasculaires, troubles respiratoires, insuffisance rénale, cancers…).

Histoire d’écouler les 200 000 doses de Covishield d’Astrazenaca au plus vite, d’autant que 100 000 autres doses doivent arriver au mois de mars. Le nouveau calendrier vaccinal démarrera ce lundi dans les cinq hôpitaux régionaux de l’île a ainsi qu’à travers des centres de vaccination mobiles.

D’une capacité annoncée de 5 000 vaccins anti-covid quotidiennement, le gouvernement étend sa capacité à 11 000 par jour. Du moins, c’est l’objectif fixé ce lundi, à Triolet et à travers les cinq hôpitaux de l’île ainsi que les caravanes de santé mobile.

Un calendrier, qui sera communiqué sur une base hebdomadaire, a été établi en ce qui concerne les centres de vaccination mobiles qui seront opérationnels dans plusieurs régions du pays.

De nouveaux ajustements au plan initial ont ainsi été apportés en fin de semaine avec un calendrier de vaccination pour les personnes de 60 ans et plus et à toute personne souffrant de maladies chroniques telles le diabète, les maladies cardio-vasculaires, les troubles respiratoires, l’insuffisance rénale, les cancers… L’objectif, indique-t-on à la Santé, étant d’atteindre l’immunité collective d’ici au mois de juillet. Condition sine qua non à la réouverture des frontières et ainsi la reprise du tourisme et parallèlement de l’économie.

Peu d’enthousiasme

Surtout qu’un mois après le démarrage de l’exercice de vaccination, il existe peu d’enthousiasme parmi les frontliners à se faire vacciner. En effet, si la priorité a été accordée aux frontliners, notamment du personnel de santé, du personnel d’Air Mauritius et Airports of Mauritius, des employés de l’aéroport et du port, et également de la force policière et du secteur du tourisme qui ont été les premiers vaccinés, à ce jour, l’opération se fait au compte-gouttes. Si bien que la semaine dernière, les autorités ont eu à repousser le délai pour la deuxième dose vaccinale à à trois mois au lieu de 28 jours, comme initialement prévu et, d’autre part, à étendre l’exercice de vaccination pour le personnel de santé publique et privée, incluant ceux travaillant avec des organisations non gouvernementales œuvrant dans le domaine médical, la garde-côte nationale entre autres, avec pour objectif de vacciner un maximum de frontliners.

Cependant, après 30 jours, l’exercice n’a touché que 9 338 frontliners, soit une moyenne de 300 personnes par jour, loin de la capacité des 5 000 vaccins quotidiens pouvant être administrés selon la Santé. Une opération escargot qui inquiète les promoteurs touristiques qui voient s’éloigner chaque jour la date de réouverture des frontières. Raison pour laquelle, avec une commande de 200 000 doses de vaccins sur les bras, d’autant que les doses d’AstraZeneca ne sont valables que six mois, les autorités se tournent désormais vers les personnes âgées et celles à la santé fragile.

Lors d’une conférence de presse, le conseiller au PMO et porte-parole du Comité national de communication sur la Covid-19, le Dr Zouberr Joomaye, aux côtés de la conseillère de la Santé, le Dr Catherine Gaud, a fait ressortir que « le cabinet ministériel a défini la campagne de vaccination comme une priorité nationale ».

Faisant ressortir que « le vaccin a démontré une efficacité de plus de 90% et que c’est dans cette perspective que le gouvernement commandera bientôt 100 000 nouvelles doses de vaccins », il a lancé un appel aux personnes qui ont de l’influence, comme les leaders politiques, les religieux et les journalistes, à se faire vacciner s’ils sont éligibles et d’encourager la population à en faire de même.