Chagos Deal : l’imprévisible Final Countdown jusqu’à mai

— Le prochain rendez-vous critique à la House of Lords annoncé pour le 23 au lieu du jeudi 12 — L’exigence militaire de Donald Trump est sans appel : « I retain the right to Militarily secure and reinforce the American presence in Diego Garcia » — L’archipel des Maldives se joint au concert de l’opposition des conservateurs anglais en décrétant nul et non avenu l’engagement pris vis-à-vis de Maurice le 22 août 2022 — Dame Priti Patel, Shadow Foregn Secretary : « We have led the fight against its appalling surrender and we will continue fighting it to the end »

Le feu vert du chef de l’Exécutif américain, Donald Trump, dans la nuit de jeudi à vendredi, qualifiant le traité anglo-mauricien agréé le 22 mai 2025 de Best Possible Deal négocié par le Premier ministre britannique, sir Keir Starmer, s’avère une arme à double tranchant. Certes, cette affirmation de Donald Trump dégage en principe l’horizon d’épais nuages gris planant sur l’adoption de The Diego Garcia Military Base and the British Indian Ocean Territory Bill devant la Mother of Parliaments. Mais en parallèle, cette étape a été une plateforme pour le président des États-Unis affirmant sa mainmise totale et sans condition, avec une menace d’intervention militaire, sur la base militaire et nucléaire de Diego Garcia.

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Dans cette perspective, le final countdown jusqu’à la ratification du Chagos Deal restituant formellement la souveraineté de Maurice sur l’archipel des Chagos, à l’exception de Diego Garcia, military might de Washington oblige, s’annonce, malgré tout, des plus imprévisibles. Les conservateurs anglais, bénéficiant de l’encadrement politique de Great British PAC, ne comptent nullement baisser les bras en dépit du retrait de la Trump Card dans leur jeu d’arguments. Mais aussi, l’archipel des Maldives s’est invité sur le front de la diplomatie, en réitérant son objection formelle au United Kingdom/Mauritius Chagos Deal.

La déclaration de Donald Trump en fin de semaine à l’effet que « I understand that the deal Prime Minister Starmer has made, according to many, the best he could make », est accueillie comme un pas dans la bonne direction pour la conclusion de l’accord sur le handing over des Chagos à Maurice, avec Diego Garcia restant sous la tutelle inviolable des Américains. Ainsi, No 10 Downing Street s’apprête à assurer l’Unifinished Chagos Deal devant la House of Lords et la Chambre des Communes dans les meilleurs délais.

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Les indications disponibles de sources bien informées à Londres aussi bien qu’à Port-Louis laissent voir que le processus politique, initié par les conservateurs anglais sur fond de Droit international avec la Joint Statement à la Chambre des Communes et à l’Assemblée nationale à Port-Louis le 3 novembre 2022, devra être complété au plus tard au mois de mai prochain. Mais pour en arriver là, une première étape cruciale devra être complétée à plus ou moins brève échéance.

Ainsi, la House of Lords devra être convoquée pour l’examen des Considerations of the House and Commons and Reasons au Diego Garcia Military Base and the British Indian Ocean Territory Bill. Ce texte de loi avait été présenté par l’ancien Foreign Secretary, David Lammy, en première lecture à la Chambre des Communes le 15 juillet dernier. L’une des dernières étapes critiques est annoncée à la House of Lords pour le 23 février.

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Initialement, le rendez-vous devant cette instance, où les Lords conservateurs disposent d’une majorité aux dépens des travaillistes, avait été fixé à jeudi prochain. Mais jeudi dernier, les arrangements ont été modifiés avec les conservateurs n’hésitant pas à parler de « a fresh blow to Keir Starmer’s proposed agreement over the future of the Indian Ocean Territory. » Toutefois, les débats du 23 à la House of Lords devront voir les travaillistes s’appuyer sur la dernière déclaration publique de Donald Trump pour forcer le passage parlementaire du projet de loi.

Mais déjà, les conservateurs anglais ne concèdent pas qu’ils ont été abandonnés par Donald Teimp, laissant voir que de nouvelles manoeuvres politiques pourraient être initiées en vue de miner le terrain. D’ailleurs, le front Great British PAC a annoncé les couleurs dès vendredi dernier en niant tout soutien des Américains à la démarche de sir Keir Starmer. « Trump hasn’t endorsed anything here, not a jot. This is a warning shot across the bows. He’s saying the deal stands only for as long as it suits American interests, and that he would override it by force if necessary. That is not backing, that is a giant geopolitical asterisk », affirment les animateurs de Great British PAC.

Ils vont jusqu’à mettre en garde contre toute jubilation hâtive par rapport à la conclusion du Chagos Deal. « Starmer should be deeply worried. This sounds provisional, fragile, and liable to unravel at the first serious disagreement. We’ve been here before, supposed endorsement, followed by reversal. This isn’t settled, it isn’t safe, and if mishandled it could spiral into something far bigger. The battle over Chagos is only just beginning. The Chagos Islands must remain British, and we will continue fighting to ensure they do », font-ils encore ressortir.

À ces avertissements à peine voilés, dans la conjoncture, est venue se greffer la déclaration sans équivoque de la Shadow Foreign Secretary des conservateurs anglais, Dame Priti Patel, Vendredi dernier, cette dernière soulignait que « Keir Starer and Peter Mandelson’s shameful Chagos Surrender remains an absolute terrible deal for Britain. Handing over British sovereign territory and £ 35 billion taxpayers’ money to an ally of China represents in the President own words, an act of total weekness », écrit-elle en guise d’introduction à sa Chagos Surrender Statement.

Imprévisible

Dame Priti Patel revient à la charge en ajoutant que « the (US) President statement today recognises a critical weakness in the Surrender Deal — the lease could fall apart, leaving our national security and that of our allies in even greater doubt. The deal is clearly a threat to our national security and is a massive strategic blunder. » En conclusion, la porte-parole des conservateurs sur le dossier des Chagos maintient que « the Conservative Party’s view is unchanged. We have led the fight against th appalling Surrender and we will continue fighting it to the end. » Le ton est donné quant à cet imprévisible compte à rebours.

Des observateurs aguerris des procédures à Westminster supputent qu’il ne faudra pas attendre la séance du 23 février à la House of Lords pour voir les conservateurs en action. Dès le début de cette semaine et jusqu’au break de jeudi de la House of Commons, il faudra s’attendre à des interpellations sur le Chagos Deal lors de la tranche du Question Time, permettant de mieux appréhender les ajustements de l’opposition en vue de bloquer l’adoption de The Diego Garcia Military Base and the British Indian Ocean Territory Bill.

Du côté de l’Hôtel du Gouvernement à Port-Louis, les délibérations hebdomadaires du conseil des ministres constituent une occasion pour des regular updates sur le dossier des Chagos, d’autant qu’au cours de se la semaine, le gouvernement a été appelé à apporter des garanties devant les exigences accrues des Américains sur le plan de la sécurité de Diego Garcia. À ce stade, les sources approchées par Week-End évitent de se lancer dans des explications élaborées, que ce soit par rapport aux demandes de Washington via Londres ou encore des engagements formels pris pour rassurer le président Trump.

Toutefois, la condition explicite par rapport à des interventions militaires américaines pour sécuriser Diego Garcia ne laisse pas insensible. Le président Trump a écrit noir sur blanc que « however, if the lease deal, sometime in the future, ever falls apart, or anyone threatens or endangers U.S. operations and forces at our Base, I retain the right to Militarily secure and reinforce the American presence in Diego Garcia. Let it be known that I will never allow our presence on a Base as important as this to ever be undermined or threatened by fake claims or environmental nonsense. »

Force est de constater qu’avant même que l’option d’interventions militaires directes ne soit évoquée, Lalit, l’un des plus ardents militants réclamant la fermeture de la base de Diego Garcia, avait adressé une série de questions pertinentes au Ramgoolam/Bérenger/Duval/Subron Government.

Ainsi, sur la page Web, Lalit, avait en début de semaine, interpellé le gouvernement comme suit :

— Is their government committing itself to complicity with a USA military that commits acts of piracy in international waters ? And even in exclusive waters of a State ? Is their Government intending to be complicit in such violations of international law ?

— Is their government selling sovereignty over Diego Garcia, Chagos and the whole of Republic of Mauritius to this dangerous, falling US empire ?

— Is their government complicit with USA in violating the Pelindaba Treaty for a Nuclear Arms Free Africa, through the USA military base on Diego Garcia where nuclear arms are stockpiled and can be used against other states against which the State of Mauritius has not declared war with ?

— Is their government intending to allow the USA military to use Diego Garcia to attack Iran ?

« Concerns »

D’autre part, les implications de la mise en application du traité anglo-mauricien sur les Droits des Chagossiens ont fait l’objet d’une séance de travail devant le Joint House Committee on Human Rights de la House of Lords et de la Chambre des Communes en début de semaine. Le plat de résistance a été le rapport du Committee on the Elimination of Racial Discrimination (CERD) des Nations Unies du 8 décembre dernier. Même si la Dr Elodie Tranchez, juriste spécialisée en Droits de l’Homme, avait laissé entendre que par rapport à la demande pour un gel de l’adoption du Chagos Deal « the CERD has gone too far », le consensus qui a émergé est que « there are some concerns in the negotiations regarding the involvement of the Chagossians. »

Au titre de la mise en application du concept de self-determination au sein de la communauté chagosienne, les avis au sein du panel, comprenant Dr Elodie Tranchez, Senior Lecturer, United Nations Institute for Training and Research ; Pr Philippe Sands KC, Professor of Public Understanding of Law, University College London ; Dr Stephen Allen, Senior Lecturer in Law at Queen Mary, University of London ; Dr Yuan Yi Zhu, Assistant Professor of International Relations and International Law, Leiden University, étaient partagés. Par contre, la nécessité d’une joint statement formelle anglo-mauricienne au sujet de l’obligation de resettlement de tous les Chagossiens indistinctement a servi de conclusion à ces débats se déroulant pendant plus de 90 minutes mercredi soir.

Les tractations à Londres autour de ratification du Chagos Deal a poussé les autorités des Maldives à revenir à l’avant-plan avec des sovereignty claims sur les Chagos. Au cours de ces derniers jours, le président des Maldives, Mohamed Muizzu, a multiplié le sorties à l’international pour faire état de ses objections au transfert de la souveraineté à Maurice.

Le président Muizzu a également signifié son intention d’engager des procédures « to recover the maritime area lost following the ruling by the International Tribunal for the Law of the Sea. » Il est allé encore plus loin en annonçant « the government’s decision to rescind a letter sent by former Maldives President Ibrahim Mohamed Solih to Mauritius on August 22, 2022, which recognised Mauritian sovereignty over the Chagos Islands. »

La dernière démarche des Maldives confirme, si besoin est, que la route menant au Royal Assent du roi Charles III et la ratification formelle du Chagos Deal en mai prochain ne sera nullement de tout repos pour Maurice…

For the Record

Donald Trump Post on Chagos

« I have had very productive discussions with Prime Minister Keir Starmer about the Island of Diego Garcia.

« It is the site of a major U.S. Military Base, strategically situated in the middle of the Indian Ocean and, therefore, of great importance to the National Security of the United States.

« We have the most powerful Military in the World. Our Military Operations, over the course of the last year, were successful because of the strength of our warfighters, modern capability of our equipment and, very importantly, the strategic location of our Military Bases for staging, and other reasons.

« I understand that the deal Prime Minister Starmer has made, according to many, the best he could make. However, if the lease deal, sometime in the future, ever falls apart, or anyone threatens or endangers U.S. operations and forces at our Base, I retain the right to Militarily secure and reinforce the American presence in Diego Garcia.

« Let it be known that I will never allow our presence on a Base as important as this to ever be undermined or threatened by fake claims or environmental nonsense. »

 

Les étapes parlementaires du

Diego Garcia Military Base and BIOT Bill

23 janvier 2026: Amendment Paper avec des Motions of Considerations of Commons Reasons

20 janvier 2026 – Programme Motion avec les Commons Consideration of Lords Amendments à la Chambre des Communes

Lords amendments to Diego Garcia Military Base and BIOT Bill rejected by a majority of 344 to 182, 347/184 and 347/185

12 janvier 2026: Third Reading à la House of Lords

Division sur l’amendement de Lord Callanan’s à la Regret Motion

Content: 201

Not Content: 169

Lord Callanan’s amendment to the Motion agreed.

5 janvier 2026: Report Stage du projet de loi à la House of Lords. L’opposition (conservateurs) avat enlevé quatre des cinq votes pri comme suit

Division on Amendment 1

Content: 132

Not Content: 124

Amendment 1 agreed.

Division on Amendment 19

Content: 210

Not Content: 131

Amendment 19 agreed

Division on Amendment 32

Content: 168

Not Content: 178

Amendment 32 disagreed.

Division on Amendment 47

Content: 194

Not Content: 130

Amendment 47 agreed.

Division on Amendment 50

Content: 131

Not Content: 127

Amendment 50 agreed.

23 décembre 2025: Select Committee Report – 43 rd Report of the Delegated and Regulatory Reform Committee

17 décembre 2025: Survey de la House of Lords International Relations and Defence Committee auprès de la communauté des Chagossiens

25 novembre 2025: Committee Stage (deux parties) à la House of Lords

18 novembre 2025: Committee Stage à la House of Lords

4 novembre 2025: Débats en deuxième lecture du projet de loi à la House of Lords

30 octobre 2025: Publication des Briefing Papers sur le Diego Garcia Military Base and British Indian Ocean Territory Bill

21 octobre 2025: Présentation en première lecture du projet de loi à la Chambre des Lords

20 octobre 2025: Committee of the Whole House of Commons et débats en troisième lecture et aussi Chairman of Ways and Means Committee Provisional Grouping and Selection of Amendments. La majorité edt travailluste à la Chambre des Communes

Division

Ayes: 320

Noes: 171

9 septembre 2025: Programme Moton et deuxième lecure à la Chambre des Communes

Question put forthwith (Standing Order No. 62(2)), That the Bill be now read a Second time.

Division

Ayes: 330

Noes: 179

Question accordingly agreed to.

8 septembre 2025: Briefing Papers – 2025 Treaty on the British Indian Ocean Territory/Chagos Archipelago

15 juillet 2025: Présentation en première lecture du projet de loi, le Bill 285 N 2024/25, publication du Human Rights Memorandum et des Delegated Powers Memorandum du Foreign. Commonwealt and Development Office.

25 juin 2025: 9th Report from the International Agreements Committee.

Les votes

20 janvier

Lords amendments to Diego Garcia Military Base and BIOT Bill rejected by a majority of 344 to 182, 347/184 and 347/185

5 janvier

 132: Contents

 124; Not Contents

The amendment was agreed Government defeat

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