Chagos Deal : Renforcement de la coopération sécuritaire Maurice/USA

Annonce de l’arrivée le mois prochain d’une mission américaine de haut niveau

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À l’issue de sa mission de trois ans à Maurice, l’ambassadeur des États-Unis, Henry V Jardine, a annoncé l’arrivée prochaine d’une délégation américaine de haut niveau à Port-Louis. Cette décision s’inscrit dans le cadre de la signature du Chagos Deal entre Maurice et le Royaume-Uni. Cette mission, prévue pour le mois de février, comprendra un représentant militaire et marque l’ouverture d’une nouvelle phase de coopération entre les deux pays, notamment dans les domaines de la sécurité maritime et de la défense.
L’ambassadeur avait accueilli à sa résidence à Floréal, hier, des membres de la presse pour évoquer les grandes lignes de la coopération entre Maurice et les États-Unis. Il s’est réjoui d’avoir réussi à mettre en valeur la richesse de la coopération entre les deux pays dans une large variété de domaines. Il a également regretté qu’en raison de son départ précipité la semaine prochaine, il ne sera pas en mesure de rencontrer tous ceux avec qui il a eu l’occasion de développer des contacts professionnels ou amicaux.
Henry Jardine a rendu un hommage à la presse mauricienne pour son professionnalisme et son rôle fondamental dans la démocratie, en particulier lors des élections générales de 2024. Il a également exprimé sa profonde gratitude au peuple mauricien pour l’accueil chaleureux qui lui a été réservé tout au long de son mandat. « J’espère avoir atteint les objectifs que je m’étais fixés et espère qu’à travers l’action de l’ambassade américaine j’ai pu contribuer même modestement, à renforcer durablement le partenariat entre Maurice et les États-Unis », fait-il comprendre.
S’agissant de la délégation américaine, Henry Jardine a indiqué qu’elle sera conduite par le secrétaire adjoint principal aux affaires politiques et militaires du Département d’État américain. L’objectif de cette visite sera d’engager des discussions approfondies sur les moyens de renforcer et d’élargir la coopération sécuritaire, dans un contexte régional marqué par des enjeux croissants en matière de stabilité et de sécurité dans l’océan Indien.
Henry David Jardine a estimé que la signature de l’accord entre Maurice et le Royaume-Uni sur les Chagos constitue une réalisation majeure. Selon lui, cet accord pose les bases d’une coopération future plus étroite, en particulier dans les domaines de la sécurité maritime, de la défense et de la coopération stratégique entre Maurice et les États-Unis.
C’est dans ce cadre qu’intervient la visite prochaine de cette délégation américaine de haut niveau. Cette mission, qui comprendra un représentant militaire, permettra d’examiner les moyens de renforcer la coopération sécuritaire bilatérale. Elle tiendra en ligne de compte le prolongement de l’exercice régional annuel Cutlass Express, dont l’ambassadeur a souligné l’importance croissante au fil des années.
Il a également mis l’accent sur la collaboration avec les organisations régionales, notamment le Centre régional de coordination des opérations et la Commission de l’océan Indien, estimant que ces partenariats contribuent directement à la sécurité et à la stabilité de la région.
David Jardine a souligné le rôle stratégique de Maurice, présentée comme une plateforme naturelle reliant l’Afrique, l’Inde et la région de l’océan Indien. Il a reconnu que les échanges commerciaux entre les États-Unis et Maurice demeurent limités, mais a estimé que cette situation ne reflète pas le potentiel réel du pays.
Selon lui, Maurice dispose de fondamentaux solides, à savoir la stabilité politique, un État de droit, des institutions crédibles, des infrastructures modernes, de la connectivité régionale et une main-d’œuvre qualifiée. Autant d’éléments qui, a-t-il soutenu, font de l’île un point d’entrée attractif pour les entreprises américaines souhaitant accéder aux marchés africains et régionaux.
3 objectifs structurants
L’ambassadeur Jardine a expliqué que, dès sa prise de fonctions, il s’était fixé trois objectifs majeurs afin de donner une orientation claire à son action diplomatique. Le premier concernait le renforcement de la coopération en matière de sécurité, de gouvernance et d’État de droit. Le deuxième visait à approfondir les relations économiques et commerciales entre Maurice et les États-Unis. Le troisième portait sur le développement des liens entre les peuples, à travers la société civile, l’éducation, la culture et les échanges humains.
Il a relevé que si la diplomatie quotidienne est faite de réunions, de conférences et de rapports, son ambition était avant tout de laisser des résultats concrets et durables, susceptibles de renforcer la relation bilatérale sur le long terme.
Diplomatie économique
Sur le plan économique, l’ambassadeur a fait état des efforts déployés pour renforcer les relations commerciales entre Maurice et les États-Unis. Il a notamment évoqué l’organisation, en 2024, d’un sommet des affaires réunissant agences gouvernementales américaines, entreprises américaines et acteurs économiques régionaux, afin de mieux faire connaître le potentiel mauricien.
Ces initiatives ont contribué à créer une dynamique qui a abouti à la décision d’organiser à Maurice le Sommet des affaires États-Unis–Afrique 2026, sous l’égide du Corporate Council on Africa (CCA). Henry Jardine a salué le rôle du Premier ministre, Navin Ramgoolam, dans la réalisation de cette initiative internationale.
Les précédentes éditions du sommet ont rassemblé près de 3 000 participants et l’édition mauricienne devrait attirer plusieurs chefs d’État africains, de hauts responsables américains et des milliers de dirigeants d’entreprises, faisant de ce rendez-vous l’un des événements économiques internationaux les plus importants jamais organisés dans le pays.
Coopération institutionnelle
L’ambassadeur américain a également replacé son action dans le contexte post-pandémique, rappelant que la période suivant la COVID-19 a mis en lumière l’importance de la résilience institutionnelle, de la bonne gouvernance et de la coopération internationale.
Il a évoqué la collaboration étroite entre les États-Unis et Maurice dans des domaines tels que l’application de la loi, la lutte contre la criminalité financière et la coopération judiciaire, notamment à travers l’appui du FBI, des programmes de l’Office des Nations unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC) et d’autres mécanismes de renforcement des capacités.
Interrogé par la presse, Henry Jardine est revenu sur la contribution conséquente des États-Unis dans la lutte contre le Covid-19 à Maurice.

 

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