Chine-Maurice – Coopération : Pékin mise sur l’innovation, la recherche et la technologie

Le vice-ministre Li Mingxiang, en tournée à Maurice a présenté les nouvelles priorités de Pékin : une coopération axée sur la recherche, la technologie et la montée en gamme industrielle. La Chine amorce une transformation majeure de son modèle de développement et, par ricochet, de sa politique internationale. C’est ce qu’a expliqué Li Mingxiang, vice-ministre du Département international du Comité central du Parti communiste chinois. Dans le cadre du 15 e plan quinquennal pour le développement économique et social, Pékin place au premier rang la recherche scientifique, l’innovation technologique et la modernisation industrielle, rompant ainsi avec une phase marquée principalement par les investissements massifs dans les infrastructures à l’étranger.
Le vice-ministre indique que la Chine entre dans une étape où l’intelligence artificielle, les technologies propres, les véhicules électriques, les biotechnologies et l’électronique avancée deviennent des priorités stratégiques. L’objectif est de renforcer l’autonomie technologique du pays et de répondre à la nouvelle révolution industrielle mondiale. Cette réorientation interne s’accompagne d’une évolution de la Belt and Road Initiative (BRI), qui reste un pilier central de la diplomatie chinoise mais se modernise pour intégrer davantage la dimension numérique, scientifique et culturelle. À côté des routes, ports et zones économiques, la BRI fait désormais place à la Digital Silk Road, destinée à promouvoir la connectivité numérique, les plateformes technologiques, les centres de données et l’e-gouvernance dans les pays partenaires.
Dans ce nouvel environnement, Maurice occupe, selon Li Mingxiang, une position particulièrement stratégique. Il indique que la stabilité politique du pays, son environnement réglementaire, sa position géographique entre l’Asie et l’Afrique et son ambition affirmée en matière de transformation numérique font de Maurice un partenaire naturel pour accueillir des projets conjoints de recherche et d’innovation.
Il évoque la possibilité de développer des programmes de R&D en intelligence artificielle appliquée aux services financiers, en cybersécurité, en technologies marines ou encore en économie verte. Maurice pourrait ainsi devenir une plateforme régionale pour les entreprises technologiques chinoises cherchant à étendre leur présence en Afrique, dans le cadre d’une Belt and Road Initiative (BRI) désormais plus technologique que jamais.
Interrogé au sujet de l’impact culturel de la BRI dans les pays partenaires, Li Mingxiang a tenu à mettre en avant l’importance accordée par la Chine au respect des identités locales. Soulignant que la Chine compte cinquante-six groupes ethniques et une longue tradition de coexistence culturelle, il a affirmé que cette approche guide également la coopération internationale du pays.
La Belt and Road Initiative, précise-t-il, ne se limite pas à l’économie ou aux infrastructures mais comprend aussi des projets éducatifs, sociaux et culturels destinés à renforcer les liens entre les peuples. Il a salué à cet égard le modèle mauricien de diversité harmonieuse, qui correspond selon lui à l’esprit de la Global Civilisation Initiative, lancée par le président Xi Jinping pour promouvoir le dialogue entre les civilisations.
Il ressort finalement que la coopération sino-mauricienne entre dans une nouvelle ère. Pékin se détourne progressivement de la diplomatie des infrastructures pour privilégier une diplomatie de l’innovation, et Maurice se trouve idéalement placée pour bénéficier de cette transformation. En diversifiant ses partenariats technologiques, en renforçant ses capacités en recherche et en consolidant son rôle de plateforme régionale, le pays pourrait tirer profit de cette convergence stratégique avec la Chine. Le partenariat bilatéral se redéfinit ainsi autour de l’innovation, du partage de connaissances et du respect mutuel, ouvrant la voie à de nouvelles perspectives économiques et culturelles pour les années à venir
Pour sa part le président du Parti travailliste et ministre des Utilités publiques, Patrick Assirvaden, s’est appesanti sur les relations historiques qui lient la Chine et Maurice. Il relève que la Chine a été aux cotés de Maurice dans le cadre de sa politique de développement. Il aussi remercié le gouvernement mauricien pour l’aide apportée à Maurice durant la pandémie de Covid-19.

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