Lors de sa déposition devant la commission Lam Shang Leen, devant faire la lumière sur l’agression meurtrière d’Andy Selmour à l’Eastern High Security Prison de Melrose l’Assistant Commissioner of Prisons (ACP) qui était responsable à Melrose au moment de la mort d’Andy Selmour, a décrit un environnement « difficile », selon ses termes, empreint de tension entre les détenus et les gardiens, de violence entre les détenus, et aggravé par le manque d’effectifs.
L’ACP se réfugie derrière un climat de violence entre les détenus qui, bien souvent, n’en font qu’à leurs têtes et ignorent les injonctions des Prison Officers. Il a maintenu que cette situation se serait grandement détériorée après les incidents survenus le 17 juillet 2025. Ce jour-là, des détenus avaient menacé les gardiens, et il y avait eu une riposte musclée de la part des autorités pénitentiaires, suivie par l’hospitalisation de plusieurs détenus.
Le jour où Andy Selmour avait trouvé la mort, la Kestrel Unit, où il était incarcéré, comptait 93 détenus. L’ACP a expliqué qu’il y avait ainsi un gardien pour une trentaine de prisonniers. Pour lui, c’est là une configuration « impossible à gérer » en cas de problème majeur.
En principe, environ une cinquantaine de gardiens devraient être présents à chaque rotation. Mais la réalité est bien différente, vu les absences pour cause de maladie ou autre. Il y aurait ainsi entre 40 et 45 gardiens. Le soir, ces effectifs sont réduits à environ 35 gardiens. Dans certaines unités, décrites comme étant « sensibles », il y aurait seulement trois gardiens, alors qu’un minimum de cinq serait nécessaire. Cette situation de sous-effectifs pérenne avait déjà été signalée à la direction des prisons en octobre 2025, selon l’ACP.
L’ACP a admis qu’il y aurait eu plusieurs manquements en ce qui concerne la communication entre divers éléments de la prison après l’agression d’Andy Selmour.
Il a ensuite été suivi par un Assistant Superintendent of Prisons (ASP), qui était également de service ce jour-là. Ce dernier a parlé d’« anomalies » dans la gestion de l’agression contre Andy Selmour.
De son côté, le Principal Prison Health Officer de la prison de Melrose a expliqué qu’il n’était pas en poste le 9 décembre 2025. Il avait toutefois appelé le Medical Complex dans l’après-midi. On lui avait indiqué que le Prison Health Officer de service avait quitté le Medical Complex à 17 h 20, et cela bien avant la fin de son service à 18 h. Il a été requis de fournir des explications écrites dans le cadre d’une enquête interne. Le Principal Prison Health Officer a indiqué qu’il avait suivi la situation par le biais d’un Prison Health Officer qui avait assumé son quart la nuit.
Andy Selmour avait été conduit au Medical Complex de la prison quelques minutes après son agression, vers 14 h 15. Là-bas, il avait reçu quelques soins élémentaires avant de regagner son dortoir. Mais environ deux heures après, son état de santé s’était détérioré, et il avait été ramené au Medical Complex. Ce n’est que bien plus tard, vers 20 h 20, qu’une équipe de la SAMU avait pu avoir accès à lui. Le médecin de la SAMU n’avait alors pu que constater son décès.
Le Principal Prison Health Oficer a aussi expliqué qu’il n’y avait aucune ambulance de service le jour fatidique. Ce n’est qu’une fois que l’homme d’affaires malgache Mamy Ravatomanga avait été incarcéré qu’une ambulance des services pénitentiaires avait été affectée en permanence à la prison de Melrose.
Les auditions reprendront le mardi prochain.

