À la retraite depuis dix ans, Assad Bhuglah, ancien directeur de la Trade Policy Unit du ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et du Commerce international, se consacre entièrement à la recherche et à l’écriture. Il présente ce mois-ci son 13e ouvrage, Community-Identity in a multicultural society, dont le lancement aura lieu à la librairie Pétrusmok en présence du ministre du Logement et des Terres, Shakeel Mohamed, le 15 avril.
Community-Identity in a Multicultural Society: An Overview of the Muslim Way of Life, à travers 15 chapitres, explore « la relation complexe mais profondément enracinée entre communauté et identité à Maurice, pays bâti par des vagues successives de migrations et façonné par la diversité culturelle, religieuse et linguistique », fait ressortir l’auteur au Mauricien.
Le premier chapitre s’ouvre avec l’idée de comprendre le concept de communauté à Maurice. Pour l’auteur, « la communauté et l’identité ne sont pas des concepts abstraits qui peuvent être effacés ou ignorés; elles font partie d’un processus social en cours qui structure la façon dont les gens vivent, pensent et appartiennent ». Ainsi, poursuit-il, « dans le contexte mauricien, la notion de communauté porte des significations sociales, culturelles et politiques ».
Assad Bhuglah explique : « Sociologiquement, il désigne un groupe uni par des valeurs, traditions, croyances et un mode de vie commun. Constitutionnellement, il est défini comme un “mode de vie”, en particulier pour les besoins du système Best Loser; mais cette définition reste large et ouverte à interprétation. Ce livre cherche à clarifier ce concept en examinant comment les communautés se forment, se maintiennent et s’expriment dans la vie quotidienne. »
Il souligne que Maurice est « une société communautaire », dont la réalité est façonnée par l’histoire coloniale, les schémas d’installation et les arrangements politiques post-indépendance. « Les communautés étaient historiquement encouragées à vivre séparées, et cet héritage continue d’influencer les relations sociales et la politique électorale. Malgré l’absence de données ethniques dans les recensements officiels depuis 1972, l’identité communautaire reste centrale dans la représentation politique, notamment via le système de Best Loser, introduit pour garantir une représentation équitable des communautés minoritaires et maintenir la stabilité politique dans une société plurielle », fait-il ressortir.
Assad Bhuglah consacre également tout un chapitre à la double identité des Mauriciens, leur permettant de se voir comme « une communauté culturelle ou religieuse, et appartenant à la nation mauricienne ». Deux identités qui, selon lui, ne sont aucunement contradictoires dans le vécu. « Elles coexistent et se complètent, estime-t-il. « Être musulman, hindou, créole, chinois ou franco-mauricien n’empêche pas d’être pleinement Mauricien. » Toutefois, il met en garde contre une mauvaise compréhension de la question communautaire, qui peut alors devenir source « d’instabilité ».
S’appuyant sur sa « connaissance approfondie » de la communauté musulmane à Maurice, l’auteur propose « un aperçu détaillé et accessible du mode de vie musulman à Maurice : pratiques religieuses, vie de famille, festivals, rites de passage – aqeeqa, mariages et enterrements –, les codes vestimentaires et les normes sociales quotidiennes ». Il examine également la cuisine musulmane comme « une puissante expression de foi, d’héritage et de rapprochement communautaire, qui est devenue une partie intégrante du paysage culinaire mauricien au sens large ».
Il retrace aussi l’évolution historique des institutions et des organisations musulmanes, ainsi que leurs contributions au développement national. Un chapitre est également réservé aux musulmans de Rodrigues, « dont l’identité est étroitement liée à celle des musulmans de l’île principale ». Les langues – l’ourdou, l’arabe et le créole – occupent une place importante dans l’ouvrage. Il s’agit selon l’auteur, « d’un pilier de l’identité musulmane mauricienne ».
Assad Bhuglah précise que son ouvrage « ne vise pas à affirmer la supériorité d’une seule communauté », ajoutant : « Son but est de faire comprendre les communautés les unes par les autres, les tenants et aboutissants, et de construire des ponts au-delà des frontières communautaires. »
COMMUNAUTÉ ET IDENTITÉ : Assad Bhuglah sort son 13e ouvrage
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