Le ministre des Technologies de l’information, de la Communication et de l’Innovation, Avinash Ramtohul, a procédé au lancement officiel de la Mauritius National Data Strategy (2025–2029) à la Cybercité d’Ébène. Cette cérémonie s’est déroulée en présence du commissaire de police, Rampersad Sooroojbally, et de la Data Protection Commissioner Drudeisna Madhub. Un Memorandum of Understanding (MoU) entre la Mauritius Police Force, le Data Protection Office et CERT-MU a également été signé pour faciliter les échanges d’informations.
Dans une déclaration à l’issue de la cérémonie, le ministre Avinash Ramtohul a souligné qu’avec la digitalisation, beaucoup plus d’informations transitent désormais sous format électronique. « Il existe différents départements, ministères et institutions des secteurs public, privé et parapublic, qui gèrent les données de la population. Ces données concernent aussi l’économie du pays. Il est donc essentiel de savoir comment elles sont gérées », dit-il.
« Nous avons élaboré une stratégie autour de cette question, car les données sont devenues des éléments parmi les plus importants aujourd’hui. Elles permettent de réaliser des avancées, mais si elles ne sont pas gérées correctement, cela peut entraîner des échecs. En tant que gouvernement responsable, nous avons donc mis sur pied une stratégie nationale des données qui s’appliquera à toutes les entreprises publiques, privées et parapubliques, afin de mieux gérer ces données. » Car qui dit données, dit aussi protection des données, dit-il.
« Beaucoup d’entreprises le font déjà, mais il est important d’avoir une approche standardisée pour la gestion et la protection de ces informations. La question du partage des données entre les départements du gouvernement, afin d’offrir des services numériques complets à la population, fait également partie de cette stratégie nationale », fait-il comprendre.
Il a par ailleurs indiqué qu’il existe aussi un Blueprint pour la transformation digitale, et que le programme gouvernemental mentionne des éléments liés à l’intelligence artificielle. « Sans données, il n’y a pas d’intelligence artificielle. Il faut aussi utiliser les données à bon escient pour inspirer confiance à la population. Cette stratégie va dans ce sens », a-t-il ajouté.
Répondant à une question au sujet de la publication de données de clients d’une compagnie mauricienne sur le Dark Web, le ministre a indiqué qu’une enquête a été diligentée par le Data Protection Office et qu’il ne pouvait donc pas commenter davantage. « Ce genre d’incident arrive dans beaucoup de pays. Maurice doit se doter de stratégies pour protéger les informations de la population. C’est pourquoi mon ministère, avec le soutien du Cabinet, travaille à renforcer la sécurité des données. Nous aspirons également à faire de Maurice un hub pour l’hébergement de centres de données destinés aux gouvernements et entreprises africains », a-t-il expliqué.
Concernant la « super app » Korek, le ministre a avancé que, durant ces huit dernières années, plusieurs applications ont été développées grâce à des fonds publics. « Environ 34 applications ont été déployées. Certaines n’étaient pas nécessaires et d’autres ne sont pas utilisées comme il se doit. Désormais, il y aura une seule application, Korek. À part les applications très utilisées, nous y intégrerons aussi l’e-health, le permis à points, le GIS, etc. », a-t-il continué.
Au sujet de l’interdiction des réseaux sociaux pour les jeunes de moins de 15 ans, il est d’avis que des problèmes techniques ont surgi en Australie. « Quelle que soit la direction que nous prendrons, cela se fera en concertation. Nous avons déjà lancé la Child Online Protection, et je demande aux parents de surveiller l’usage des réseaux sociaux par leurs enfants. Beaucoup de choses se passent lorsque l’enfant se retrouve seul dans sa chambre avec un téléphone portable. Soyez très vigilants ! » a-t-il prévenu.
Pour sa part, le commissaire de police qualifie la signature de ce MoU de très importante, car elle facilitera les échanges d’informations pour opérer efficacement, dit-il. La Data Protection Commissioner a affirmé que la stratégie nationale des données est un outil essentiel pour la transformation numérique du pays.
S’exprimant sur la première ébauche du Freedom of Information Bill, elle explique : « Sans cette stratégie, il ne peut y avoir de transformation numérique efficace. Elle repose sur la gouvernance, la protection et le partage des données. » Ainsi, « si les organisations qui traitent des données à Maurice n’appliquent pas ces stratégies, elles ne seront pas conformes aux normes internationales ni à la Data Protection Act », dit-elle. « Nous allons donc proposer un projet d’amendement afin de nous aligner sur les normes européennes et internationales. Si nous voulons attirer les investisseurs, nous devons respecter ces standards. »
« Le Data Protection Office a longtemps souffert d’un manque de ressources pour atteindre ses objectifs. Nous disposerons désormais de plus de pouvoirs pour sanctionner, avec des amendes plus sévères en cas de non-respect de la Data Protection Act. » Le gouvernement, dit-elle, décidera maintenant quelle entité ministérielle pilotera ce projet. « L’initiative vient du Data Protection Office, car les données sont concernées. L’accès à l’information est un aspect essentiel de notre démocratie », a-t-elle conclu.
Cybersécurité : Maurice structure sa gouvernance numérique
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