Alors que l’Education Act vient d’être amendée afin de permettre l’organisation du National School Certificate en kreol morisien, de nombreux manquements subsistent encore au niveau du cycle primaire. C’est ce qu’avancent des instituteurs qui plaident pour une meilleure considération du kreol morisien (KM). D’après eux, la langue maternelle demeure un « parent pauvre », dix ans après son introduction dans le curriculum.
« Sur papier, c’est une histoire à succès, mais dans la réalité, tout n’est pas aussi rose. » C’est ainsi que certains enseignants de KM décrivent la situation dans les écoles primaires. Car même si l’enseignement du KM est mieux accepté qu’à ses débuts, en 2012, il y a encore beaucoup de manquements à plusieurs niveaux, estiment-ils.
À commencer par les manuels. « Pendant plusieurs années, nous avions dit que les manuels n’étaient pas adaptés à l’âge des apprenants. Après une longue attente, on a fini par accepter de revoir les manuels. Nous étions très contents à l’idée de recevoir de nouveaux manuels pour rendre notre tâche plus pratique, mais nous avons vite déchanté », font comprendre ces enseignants. Ils indiquent ainsi que dans un premier temps, il n’y avait pas suffisamment de manuels et beaucoup d’écoles n’ont pas obtenu la quantité nécessaire. « Le manuel des enseignants se fait toujours attendre et nous sommes déjà au deuxième trimestre » , regrettent-ils.
Ce n’est pas tout. Aux dires de ces mêmes instituteurs, le nouveau manuel comporterait de nombreuses erreurs. « Dans le premier manuel, il y avait par exemple, des compréhensions de quatre pages. Nous avions demandé de réduire, car c’était trop long pour de jeunes enfants. Ce qui a été fait. Cependant, on n’a pas pensé à revoir les questions. On se retrouve ainsi avec des questions, dont les réponses ne figurent pas dans le manuel, parce qu’on a modifié le texte »,ajoutent-ils.
Au niveau du matériel toujours, les enseignants rappellent que dans la première série de manuels en KM, il y avait des livrets de lecture. Depuis, il n’y a rien pour encourager les enfants à s’adonner à la lecture. « Après dix ans, ces petits livrets ont été très abîmés et on n’a pas procédé à un renouvellement. Mais plus que cela, nous nous attendions qu’il y ait davantage de ressources, mais tel n’est pas le cas. Après une décennie, les enseignants de KM sont toujours en train de Trase, Koupe, Ranze pour créer le matériel nécessaire à l’intention des enfants »,font-ils comprendre.
Les instituteurs concernés disent avoir noté que la Creole Speaking Union (CSU) a pris l’initiative d’organiser des concours pour avoir les ressources nécessaires, notamment pour les matières scientifiques, au secondaire. Ils souhaitent qu’il y ait des initiatives similaires au niveau du primaire.
Des manquements au niveau des ressources humaines sont également dénoncés, notamment des enseignants de KM dans le cycle primaire actuellement. « On a recruté des Trainees, mais ceux-ci doivent compléter leur formation au MIE et ce n’est que dans deux ans qu’ils seront dans les écoles à plein temps », confirment-ils. Entre-temps, certains enseignants se retrouvent avec des classes bondées où on saute les jours, pour que tout le monde ait la chance d’avoir une classe de KM par semaine. « Des enseignants travaillent dans deux écoles à la fois. D’autres sont en Maternity Leave et il n’y a personne pour remplacer », disent-ils.
Dans d’autres cas, on divise les classes en deux et chaque groupe, à tour de rôle, a droit à une séance de travail. « Nous ne pouvons travailler avec 46 élèves dans une classe de Grade 1 par exemple. Nous sommes obligés de trouver des solutions par nous-mêmes », affirment ces enseignants quelque peu désabusés. De plus, jusqu’à présent, il n’y a pas d’inspecteur pour le kreol morisien au primaire, alors que le PRB en fait provision.
Ces enseignants soulignent que le premier batch d’enseignants de KM compte déjà dix années de service et que les nominations devraient se faire bientôt. « Mais à ce jour, nous ne savons pas comment cela va se passer et quelles en sont les modalités », se demandent-ils.
Ces derniers indiquent également que des démarches avaient été entreprises pour la création d’un syndicat d’enseignants de KM. Toutefois, jusqu’ici, le syndicat attend toujours sa reconnaissance de l’employeur.
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Demandes d’admission en Grade 1
Les écoles primaires procèdent actuellement à l’inscription des élèves en Grade 1, pour la rentrée de janvier 2024. Les enfants concernés doivent avoir cinq ans au plus tard le 31 décembre 2023.
L’exercice débute le lundi 5 juin prochain et se déroulera en ordre alphabétique. Les enfants dont les noms commencent par les lettres A à D, doivent se rendre dans l’école primaire de leur localité, le lundi 5, le mardi 6 ou le mercredi 7 juin.
Ceux dont le nom commence par les lettres E à L, doivent se faire enregistrer le jeudi 8, le vendredi 9 ou le lundi 12 juin. Pour les lettres M à Z, les dates d’enregistrement sont le mardi 13, le mercredi 14 et le jeudi 15 juin. L’exercice se fera de 9h30 à 11h30 et de 12h30 à 14h30, pour les trois groupes. Les demandes doivent être faites dans une seule école, selon leur lieu de résidence.
Les principaux concernés doivent aussi se munir des documents suivants : leur carte d’identité nationale (originale et une photocopie) ; l’acte de naissance de l’enfant (original et une photocopie) ; les originaux des factures du CEB servis à leur lieu de résidence pour les mois de février, mars et avril 2023 et les originaux des factures de la CWA servis à leur lieu de résidence pour les mois de février, mars et avril 2023.
Les parents résidant dans le Catchment Area d’une des 34 écoles à grande demande doivent, de surcroît, se munir d’un document de preuve de résidence (Proof of Residency) disponible à l’école et certifié par la police de leur localité, confirmant leur lieu de résidence. La liste de ces écoles est disponible sur le site du ministère de l’Éducation.

