Cycle secondaire : le manque d’enseignants toujours de mise

À la veille de la rentrée du troisième trimestre et dernière ligne droite menant aux examens de fin d’année, le manque d’enseignants dans les collèges demeure problématique. Les matières les plus concernées sont ICT, Design and Technology et Kreol Morisien. La Private Secondary Education Authority (PSEA) ayant cessé d’émettre de Teacher’s Licence, les managers se retrouvent avec la lourde tâche de décider qui peut enseigner quoi et jusqu’à quel niveau. Ce qui donne lieu parfois à des tensions inutiles, si les autorités avaient assumé leurs responsabilités, fait-on comprendre dans les milieux autorisés.

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La présente année scolaire avait démarré avec un manque aigu d’enseignants et elle se termine sur la même note. L’Education (Amendment No 3) Regulations, en vigueur depuis le 21 décembre 2022, faisant du PGCE un diplôme incontournable pour pouvoir enseigner dans le secondaire, a bousculé les exercices de recrutement. Même si un autre amendement a été fait trois mois plus tard, permettant le recrutement provisoire des Degree Holders engagés dans un cours de PGCE, en vue de désamorcer la crise, le problème reste entier. Surtout dans les collèges privés subventionnés.
Ramdass Ellayah, président de la Fédération des managers des collèges privés, témoigne ainsi du poids stressant sur les épaules des responsables aussi bien que des enseignants, à la veille de la rentrée de ce dernier trimestre. « D’abord, il faut dire que les vacances du deuxième trimestre ont été courtes. Il a donc fallu tout préparer en peu de temps. Je suis confiant que tout va bien se passer. Sauf qu’il y a toujours le problème de manque d’enseignants qui nous affecte », dit-il.
De manière générale, dans les collèges privés, ce sont surtout les matières comme ICT, Design and Technology et Kreol Morisien qui sont les plus concernées par le manque d’enseignants. « Pour les autres, nous arrivons à s’adapter. Un enseignant peut aider dans une matière qu’il a déjà étudiée, mais pour d’autres très techniques, c’est difficile »,avance-t-il.
De plus, ajoute Ramdass Ellayah, cela met aussi la pression sur les enseignants quand on doit leur pourvoir des responsabilités supplémentaires. « C’est dommage que face à une telle situation, il n’y a eu aucun dialogue avec les autorités concernées. Les plus affectés dans tout cela, ce sont ces élèves des collèges privés qui ont souvent besoin de plus de temps pour assimiler », ajoute-t-il.
Par ailleurs, la PSEA ayant décidé de ne plus attribuer d’Eligibility Certificate to Teach, ce sont les managers eux-mêmes qui doivent décider qui peut enseigner quoi et jusqu’à quel niveau.
« Les nouveaux règlements mentionnent des diplômes spécifiques pour l’enseignement des matières. Mais comment faire quand il faut enseigner deux ou trois matières à la fois. Sur la Teacher’s Licence, il était aussi précisé jusqu’à quel Grade un enseignant pouvait enseigner, selon ses qualifications. Maintenant, tout repose sur nous », fait-il comprendre.
Alors qu’auparavant, pour le recrutement, un Degree Holder devait aussi présenter son Eligibility Certificate to Teach de la PSEA, certifiant ainsi qu’il avait les compétences nécessaires, maintenant, l’exercice se fait à l’envers.
« Si je décide de recruter quelqu’un, je dois envoyer son dossier à la PSEA. C’est là-bas qu’on va décider si on va accepter ce recrutement ou pas. Tant que je n’ai pas de feu vert, je ne peux prendre des engagements avec la personne. Autrement, la PSEA ne va pas assurer le salaire », s’insurge-t-il.
Ramdass Ellayah regrette ainsi que les autorités ne s’intéressent pas aux difficultés rencontrées dans les collèges et se limitent à contrôler les finances. « Dans l’éducation, il y a des conditions de travail, des normes et ainsi de suite, pas seulement l’argent »,poursuit-il.
À ce sujet, le président de la Fédération des managers des collèges privés dit avoir appris dans les médias que la New Grant Formula sera connue vers fin septembre cette année. C’est ce qu’avait indiqué la vice-Première ministre et ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun, à une interpellation d’Arvin Boolell. Ramdass Ellayah souhaite ainsi que les managers des collèges privés aient la possibilité d’avoir une copie du rapport avant sa finalisation.
« J’espère qu’une fois de plus, on ne va pas nous mettre devant les faits accomplis. On nous a dit de soumettre nos propositions, mais on ne nous a pas invités à des discussions jusqu’ici. Je souhaite que nous ayons au moins une ébauche et que nous pourrons donner notre avis », déclare-t-il.
Par ailleurs, l’exercice de recrutement massif dans le secondaire d’État provoque également des craintes dans le secondaire privé. Des managers se demandent ainsi où le ministère de l’Éducation va trouver des détenteurs de PGCE pour remplir ses écoles. Ils craignent qu’on ne vienne puiser dans les collèges privés.

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