L’esplanade de la Marie, Reine de la Paix se pare pour accueillir la foule des grands jours
Depuis le vendredi 19 mai, le diocèse de Port-Louis vit à l’heure de l’ordination épiscopale de son nouvel évêque, Monseigneur Jean-Michaël Durhône, du dimanche 20 août, à Marie Reine de la Paix. À quelques jours de cet événement, les organisateurs mettent les bouchées doubles pour que tout soit réglé comme du papier à musique pour cette cérémonie, marquant une étape majeure dans la vie du diocèse de Port-Louis, avec le premier évêque, Mgr Collier, nommé le 7 décembre 1847. En parallèle, une préparation spirituelle s’est déroulée dans les différentes paroisses, culminant hier soir à une veillée animée par des jeunes dans les églises de l’ile. Incursion en coulisses avec les différents acteurs de cet événement. 
Comme pour tous les grands événements au sein du diocèse de Port-Louis, le monument Marie Reine de la Paix sera le lieu de convergence incontournable pour l’ordination épiscopale de Mgr Jean-Michaël Durhône, demain à partir de 14 heures. Depuis sa nomination par le Pape François le 19 mai dernier, les procédures ont été enclenchées pour vivre ce grand moment dans la vie d’un diocèse. Six comités ont ainsi été mis en place afin de mieux gérer les différents aspects de la cérémonie.
Patrick Payet a été nommé chef de la chorale pour l’ordination épiscopale de Mgr Jean-Michaël Durhône. Il dirigera une équipe de 160 personnes venant de sept paroisses, où le nouvel évêque a officié, à savoir, Sainte Ursule, Cathédrale St Louis, Saint Cœur de Marie/Notre-Dame de la mer, communauté paroissiale Saint Sauveur/Saint Marc, Sainte Hélène, Sainte Famille/Notre-Dame du Refuge, ainsi que des membres de la Communauté du Chemin Neuf. Le principal concerné témoigne : « c’est une grande responsabilité que j’ai acceptée en toute humilité. J’ai eu beaucoup d’aide, notamment de mon épouse Shirley. »
Pendant deux mois, soit huit dimanches de suite, la chorale a répété en compagnie des musiciens de Zezi United, sous la houlette de Frédéric François. En semaine également, les différents groupes ont travaillé chacun de leurs côtés, avant la grande répétition du dimanche. « Il y a eu un gros travail abattu jusqu’ici. Nous sommes en train de peaufiner les derniers détails. J’aborde le 20 août en toute quiétude », fait-il comprendre.
Patrick Payet confie avoir déjà collaboré avec Mgr Jean-Michaël Durhône, alors qu’il était vicaire à La Cathédrale Saint-Louis. « Il avait mis sur pied une chorale d’enfants et de jeunes. Le père Jean-Maurice Labour était là également. J’ai dirigé cette chorale avec mon épouse. Je pense que c’est l’une des raisons pour lesquelles je me retrouve à la tête de la chorale qui animera l’ordination épiscopale. Nous avons fait beaucoup de choses ensemble », dit-il en toute modestie.
Au niveau du répertoire des chants, Patrick Payet indique avoir travaillé sur le thème choisi par l’évêque, soit « Reçu gratuitement pour donner gratuitement. » Deux compositions sur ce thème, par les Pères Laurent Rivet et Jocelyn Grégoire, seront reprises par la chorale au moment de la communion. « Il y aura aussi la Litanie des Saints pour le rite de l’ordination. Ce sera une version à la sauce de Zezi United et comme temps forts », révèle-t-il.
Il ajoute qu’il y aura un mélange des cantiques en créole et en français, dont Comment ne pas te louer, en Action de Grâces et Parole Bondie. Comme le dit l’adage, chanter c’est prier deux fois, le rôle de la chorale, sera ainsi d’aider l’assemblée à prier lors de cette cérémonie.
Parallèlement aux grandes répétitions à différents niveaux, il y a eu, pendant ces deux à trois dernières semaines, une préparation spirituelle dans les paroisses et les écoles catholiques. Priscilla Edouard, qui s’occupe de ce comité, avec le père Sylvio Lodoïska, curé de la communauté paroissiale Saint Sauveur-Saint Marc, témoigne de l’importance de cette dimension de l’événement pour les fidèles. « S’il n’y a pas de préparation spirituelle, nous ne serons que des spectateurs. L’évêque nous a demandé de prier pour lui, c’est justement ce que nous avons fait au cours de ces dernières semaines,» fait-elle comprendre.
Cette préparation s’est déclinée en trois rencontres, dans les paroisses et aussi bien que dans les quartiers, où l’on a appris à mieux connaître l’évêque, sa mission, ainsi que la signification des insignes. « Il y a eu par la suite une neuvaine qui s’est terminée en une grande nuit de prière le jeudi ou le vendredi soir, dépendant des paroisses et des disponibilités », ajoute-t-elle.
Priscilla Edouard met l’accent sur le fait que les jeunes ont été parties prenantes de cette préparation spirituelle, tant dans les paroisses que dans les écoles. « Là également, les enfants ont appris à mieux connaître l’évêque. Il y a eu une vidéo où il parle de sa mission. Nous avons aussi parlé de la responsabilité du berger », dit-elle.
À la fin de cette préparation, chaque école a réalisé une carte, où les élèves disent un mot ou une phrase à l’évêque. Toutes les cartes ont été envoyées au SeDEC qui les lui transmettra. « Il y a eu beaucoup d’enthousiasme dans les écoles. Les enfants étaient très contents d’apprendre tout cela », partage-t-elle.
Par ailleurs, le SeDEC a aussi réalisé une série d’enregistrements vidéos, avec pour l-thème L’Église catholique et son nouveau pasteur. Ces enregistrements, réalisés dans les écoles et collèges catholiques, ont été présentés sur le site web du SeDEC chaque semaine. Clive Anseline, le responsable de la communication, explique que le but était d’aller à la rencontre de personnes qui ont collaboré, directement ou indirectement, avec Mgr Jean-Michaël Durhône, au cours de son parcours.
Les jeunes qui ont témoigné dans ces vidéos, parlent tous de son intérêt pour l’éducation. Angy Davy, de New Grove, enfant de chœur à Notre-Dame du Refuge, avance : « il aidait les enfants dans leur éducation, car il était instituteur. Il nous demandait toujours quels étaient nos résultats. » Stéphane Lapoul, du collège Saint Joseph, également enfant de chœur à Sainte Ursule, confie : « il nous encourageait toujours à persévérer dans l’éducation, pour notre avenir. »
En tout cas, les jeunes ont toujours compté et comptent encore plus dans la vocation de Jean-Michaël Durhône au service de son église.
Michèle Bachun, le talent derrière les armoiries
Les armoiries de Mgr Jean-Michaël Durhône ont été dévoilées il y a quelques semaines. Aux couleurs dominantes vertes et jaunes, sur un fond blanc, elles ont été conçues selon la devise du nouvel évêque : « Reçu gratuitement pour donner gratuitement. »
Derrière cette réalisation, il y a une proche collaboratrice de Mgr Durhône, Michèle Bachun, du Service Diocésain de la Catéchèse et du Cathécuménat. Elle explique : « J’ai travaillé beaucoup avec Mgr Durhône au niveau de la catéchèse. Quand il m’a approchée pour réaliser les armoiries épiscopales, j’ai été surprise, mais en même temps heureuse d’avoir été choisie. Pour moi, cela voulait dire qu’il me faisait confiance. »
Toujours est-il que la graphiste accepte cette responsabilité comme une mission. « J’avais été appelée à mettre mon savoir-faire à contribution pour ce moment historique de l’Église. » Après discussions et réflexions avec le nouvel évêque et quelques recherches sur internet, elle commence à poser les premières esquisses. « J’ai pu ainsi voir que le chapeau vert et la cordelière sont communs à tous les évêques. Ensuite, pour le blason, Mgr Durhône voulait quelque chose de folklorique, typiquement local », déclare-t-elle.
Après réflexion sur le thème de l’ordination épiscopale et sur l’abondance, Michèle Bachun s’est orientée vers un manguier. « Je me suis dit que le manguier était quelque chose de commun qu’on avait dans presque toutes les cours à Maurice et cela donnait des fruits en abondance. Nous n’avons même pas besoin d’en prendre soin. De plus, quand le fruit tombe, il y a une autre plante qui va germer. »
Mgr Jean-Michaël Durhône a vite accepté cette idée proposée par Michèle Bachun. Toutefois, selon cette dernière, pour la concrétiser, il a fallu beaucoup plus de temps. « De temps à autre quand Mgr Durhône venait au bureau, il passait me voir et me disait : alor, kot inn arive la ? »
Outre le manguier, on retrouve également, sur les armoiries épiscopales, deux mains qui recueillent les fruits, sous l’arbre et en haut, trois pailles-en-queue, oiseaux symboliques de Maurice, pour signifier la continuité dans le travail commencé par le Cardinal Piat. Car les pailles-en-queue étaient aussi présents, sur le blason du Cardinal Piat.
Michèle Bachun a également travaillé sur le livret de chant réalisé pour l’ordination. Elle réalise habituellement, la conception et la production des livrets de la catéchèse en paroisse.
La qualité North Face, pour le t-shirt souvenir
Pour marquer l’événement, La Vie Catholique a organisé un t-shirt souvenir en vente à Rs 350. Selon Gérard Anodin, administrateur, 80% de la commande a déjà été écoulée. Le reste sera vendu le jour de l’ordination.
« Le but était d’avoir un t-shirt souvenir de l’événement, tout en procédant à une levée des fonds. Une partie de l’argent de la vente sera versée à la paroisse de Notre-Dame du Refuge, à New Grove, où Mgr Durhône a officié jusqu’à tout récemment et qui est en rénovation. Ils ont besoin de Rs 3M pour réparer le toit de l’église », dit-il.
L’autre partie des recettes reviendra à La Vie Catholique pour l’aider à faire face aux difficultés financières rencontrées depuis la pandémie de Covid-19. « Comme c’est un t-shirt souvenir, nous avons fait quelque chose de bien. C’est un t-shirt de la qualité North Face, réalisé par RT Knits. »
Les artistes aussi
Les artistes ne sont pas insensibles à cet événement dans le Diocèse de Port-Louis. C’est le cas d’Alain Auriant, de Rose-Belle, qui a sorti le morceau Viv monsenier. Parlant de sa démarche, il explique qu’il est un membre de l’EAP à la paroisse Saint Famille, où officiait Mgr Jean-Michaël Durhône, jusqu’à sa nomination. « J’ai voulu faire ce morceau pour lui dire merci et pour lui exprimer notre soutien. »
La chanson et le clip peuvent être consultés en ligne. Alain Auriant compte l’éditer, en même temps qu’un documentaire en préparation, en collaboration avec Alain Jeannot, sur les évêques de Maurice.
Les politiciens s’activent…
À la veille des élections générales, les politiciens n’allaient sans doute pas rater une telle occasion de faire campagne. Ainsi, dans une circonscription du Sud, les paroissiens ont appris qu’ils n’auront pas à débourser de leurs poches pour assister à l’ordination épiscopale. Bus et t-shirts ont été offerts par les députés de la circonscription.
C’est un peu le cas dans es autres régions de l’île…
Disposition spéciale de la police pour la cérémonie de demain
Les Casernes centrales ont pris des dispositions spéciales ce dimanche pour la cérémonie d’ordination de Mgr Jean-Michael Durhône. Outre des déviations routières, la police assurera également une bonne présence dans la région de Marie Reine de la Paix afin que l’événement se déroule dans les meilleures conditions avec la mobilisation de plus d’une centaine de policiers, toute une logistique sera aussi mise en place, comme l’hélicoptère de la police et des véhicules d’urgence, pour l’éventuelle évacuation de personnes nécessitant des soins. 
Au niveau de la circulation, des routes de la capitale seront temporairement fermées au public, comme la rue Mgr Leen, de sa jonction avec l’Old Moka Road jusqu’à la rue Labourdonnais. Cette zone sera ainsi décrétée piétonnière entre 12h et 18h. Cette restriction concerne aussi les rues La Gaité, Volcy Pougnet et les ruelles alentours.
Entre midi et 14h, seuls les véhicules autorisés par la police (Samu, VVIP, police, etc.) pourront emprunter la rue Mgr Leen, qui sera en sens unique pour l’occasion. La police a aussi fait provision pour des zones de stationnement à l’intention des fidèles qui viendront en voiture, et qui pourront se garer au Champ-de-Mars et aux Salines.
Certains lieux seront cependant décrétés No Parking Zone à partir de 10h dimanche, notamment les rues Mgr Leen, Labourdonnais, Volcy Pougnet, Orléans, D’Entrecasteaux, Deschartes, Old Moka et les ruelles se trouvant dans le périmètre des rues susmentionnées.
Les bus Special Route venant du Sud, de l’Ouest et du centre de l’île, eux, débarqueront leurs passagers aux rues Orléans et D’Entrecasteaux, pour ensuite quitter la zone pour Le- Salines. Tandis que les bus venant du Nord et de l’Est, le point de débarquement sera la rue Volcy Pougnet (rue Madame), et ils pourront rester sur place. La police sera présente pour veiller qu’aucun véhicule ne bloque l’entrée des maisons et des rues parallèles.
La police sera mobilisée dès 10h dans diverses artères de la capitale, comme Le Caudan, Bell-Village, la rue Moka, la Place d’Armes, la rue Pope Hennessy, devant la cathédrale Saint-Louis, le Champ-de-Mars, ainsi que le Ward IV et ses alentours. Les policiers guideront les usagers de la route et assureront que la circulation soit fluide.
L’hélicoptère de la police survolera la capitale avant et après la cérémonie pour communiquer des informations directes et précises aux policiers sur le terrain. Les Police Headquarters lancent d’ailleurs un appel au public en lui demandant sa collaboration. « Nous savons que certains ne pourront marcher beaucoup, comme les veilles personnes. La police tentera de les aider avec les moyens disponibles. Par exemple, nous ne demanderons pas à une vieille personne de marcher depuis le Champ-de-Mars. Son véhicule pourra la déposer dans le périmètre de l’événement pour rejoindre ensuite la zone de parking », assure-t-on du côté des Casernes centrales.
Pour assurer la sécurité des fidèles, des policiers seront présents dans la foule, notamment en civil, pour s’assurer que des suspects ne profitent de l’occasion pour commettre des délits. Par ailleurs, le Police Main Control and Command Centre aura les yeux braqués sur les caméras du Safe City Network dans cette zone de la capitale pour veiller au grain.
Un duo de fleuristes pour la déco
Marie Reine de la Paix sera transformée par une décoration aux tons blanc et crème, signée Mercia Jean-Louis et Guy Louison. Les deux sont habitués à la décoration des églises, mais laisser leurs empreintes dans la cérémonie d’ordination épiscopale est un honneur pour eux.
Mercia Jean-Louis est fleuriste à Mangalkhan, Floréal. Elle explique que c’est un grand honneur pour elle de faire partie de l’équipe de décoration. « En fait, c’est ma nièce qui avait été approchée en premier. Comme elle n’est pas disponible, elle m’a demandé si cela ne m’intéressait pas. J’ai tout de suite accepté », dit-elle. Cette dernière n’est pas une novice pour autant. Elle a une longue carrière de plus de 50 ans et assure la décoration à la chapelle Saint Jean Bosco depuis sa création. De même, elle a déjà participé à d’autres événements au Thabor et à Marie Reine de la Paix.
Pour la cérémonie épiscopale, elle aura la responsabilité de la décoration de l’autel et autres espaces dits intérieurs. Elle réalisera ses bouquets à partir de fleurs naturelles. « Je travaillerai avec des fleurs blanches et crème-thé. C’est ce qu’on m’a demandé. Nous allons faire la mise en place samedi », indique-t-elle.
Guy Louison n’est pas fleuriste de profession. C’est une passion qu’il cultive avec les membres de sa famille. Sa tâche pour l’ordination sera de décorer les parties extérieures, c’est-à-dire, en dehors de l’autel. « Nous allons faire de grandes fleurs en tissus que nous allons agrémenter de verdure. L’objectif étant qu’elles soient visibles de loin. Si on met de petites fleurs naturelles dans les espaces dits extérieurs, cela va se perdre dans le décor », reconnaît-il.
Comme Mercia Jean-Louis, Guy Louison est habitué de la décoration des églises. Principalement à La Visitation, Vacoas, ou quand on le sollicite ailleurs, comme pour le pèlerinage du Père Laval. « La décoration est ma contribution pour l’église et la famille aide grandement. Tout ce que je fais est bénévole, ce n’est pas mon gagne-pain. Faire la déco pour la cérémonie d’ordination épiscopale est un honneur pour nous. Nous le faisons avec plaisir, cela n’arrive pas tous les jours », laisse-t-il entendre.
Les deux fleuristes ont eu un briefing avec le père Jean-Claude Véder, pour discuter des aspects pratiques de la décoration. Autrement, ils laissent libre cours à leurs créativités.
Gestion de la foule
Un comité spécial, sous la responsabilité de Thierry Goder, a été mis sur pied pour la sécurité et la gestion de la foule. Ce dernier indique que tout est fin prêt pour accueillir entre 40 000 et 50 000 personnes au pied du Monument, Marie Reine de la Paix, ce jour-là.
« Nous nous préparons à accueillir les premiers fidèles vers 10h30-11h. Nous encourageons ceux qui arrivent tôt à aller sur la partie haute et de laisser celle de bas pour ceux qui arrivent après. Il y a 175 brancardiers et membres de la pastorale des jeunes qui seront sur place pour les guider. »
D’autres jeunes constitueront une haie dans l’allée centrale pour accueillir les invités. « Il y aura les invités du diocèse, dont des évêques de la région, mais aussi des personnalités de l’État. Tous les membres du gouvernement et tous les parlementaires sont invités. Il y aura également des invités des autres églises et autres confessions religieuses. »
Thierry Goder précise que tous les invités doivent être déjà sur place à 13h30. « Après cela, personne ne bouge. Car nous aurons un moment de silence, avant la procession qui débutera à 13h45. Auparavant, il y aura une animation par le père Laurent Rivet de 13h à 13h30. »

