La police convoque une vingtaine d’Agaléens pour interrogatoire au sujet de leur participation à une manifestation symbolique

Me Valayden au CP Servansing: «Clearly, there is militarisation of the island by the Indian army»

La Private Notice Question (PNQ) de mardi dernier du leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, n’a fait qu’effleurer les malheurs des habitants de l’archipel d’Agaléga. Mais les dernières informations en provenance de cette partie du territoire de la République de Maurice laissent voir un climat étouffant de terreur sur cette population de quelque 300 personnes, au point d’être surnombrée par le contingent de travailleurs étrangers contractuels pour la société Afcons Infrastructure de l’Inde. Ainsi, une vingtaine d’Agaléens, qui avaient participé à une manifestation symbolique contre des risques d’introduction du virus de Covid-19 dans l’île, font actuellement l’objet d’intimidation et de pression de la part des autorités. Par ailleurs, face à cette «militarisation of the island by the Indian Army», expression dans une correspondance de dénonciations au commissaire de police, Khemraj Servansing, des Agaléens comptent saisir, par voie de pétition, des instances des Nations unies au sujet de leur sort.

Dans l’immédiat, ce qui préoccupe des Agaléens demeure ces tentatives de répression contre eux en vue de les faire taire. Une vingtaine d’Agaléens, soit presque 10% de la communauté, ont été convoqués par la police dans l’archipel pour des séances d’interrogatoire Under Warning pour leur participation à une protestation dans l’île lors du débarquement du dernier contingent de contractuels d’Afcons Infrastructure.
Ne sachant à quoi ils doivent s’attendre lors de ces interrogatoires, les habitants concernés ont cherché avis légal auprès de Me Rama Valayden. Dans une communication adressée au commissaire de police, l’homme de loi a sollicité un gel des procédures, soit le temps que la question de représentation légale lors de l’interrogatoire soit réglée en consultation avec les autorités compétentes.

«But to make matters more conducive to unrest on the island, the police is calling at least 20 persons to give a statement following a symbolic demonstration which was followed by harsh, racist words and threats used by one Sergeant Beedassee,» écrit Me Valayden en ajoutant que «there are no lawyers on Agalega island. There is no magistrate on call on Agalega island. Why are we acting with such hate with Agalega people?»
Dans la conjoncture, l’homme de loi propose que vu que ses services professionnels ont été retenus, «I humbly beg you to defer any recording of statements pending a meeting to find ways how to sort out the thorny question of legal advice in strict confidentiality and how to defuse the situation.»

Dans cette même correspondance, sur la base d’informations en provenance de l’archipel, Me Valayden a fait allusion à la présence militaire indienne. «Clearly, there is militarisation of the island by the Indian Army. Militarisation is being confused with unsustainable development. Whether you like it or not, the whole ecosystem is being jeopardised with foreseeable consequences. I don’t think that here we can speak of unintended consequences», fait-il comprendre en ajoutant que «as you are aware, the people of Agalega is witnessing the rape of their homeland impotently. We, in Mauritius, we are pretending to be blind and deaf of what is happening in Agalega.»

En tout cas, dans la conjoncture, les explications fournies par le Premier ministre Pravind Jugnauth à l’Assemblée nationale sur les intentions militaristes des projets en voie d’exécution sur Agaléga sont loin de convaincre. D’autres éléments de réponse du Leader of the House sont remis en question par les habitants de l’archipel. Des Agaléens sont appelés à apposer leurs signatures au bas d’une pétition devant être soumise dans les jours à venir à des instances de Droits de l’Homme des Nations unies.
En tout cas, la convocation de cette vingtaine d’Agaléens par la police représente une étape inquiétante dans l’escalade de la répression dans l’archipel avec les concernés, évitant à tout prix de communiquer par cellulaire avec leurs contacts à Maurice, sachant pertinemment bien qu’ils pourront subir d’autres tracasseries au nom de la liberté d’expression.