Donneurs de sang : Sonnette d’alarme sur le vieillissement de la communauté

La Journée mondiale du donneur de sang est l’occasion de sensibiliser la population à l’importance de faire don de son sang quand cela est possible. L’occasion, en somme, de faire réaliser aux donneurs et aux potentiels donneurs qu’ils ont un super pouvoir : celui de sauver des vies !

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En marge de cette journée, le point sur la situation actuelle concernant les donneurs et les réserves en sang pour ceux qui en ont besoin, surtout le vieillissement de la communauté des donneurs de sang et la nécessité d’un rajeunissement.

Si la situation s’est à présent stabilisée s’agissant de l’inquiétante pénurie à la banque de sang l’an dernier, le président de la Blood Donor’s Association (BDA), Dewanand Hossen, fait néanmoins ressortir qu’un groupe de donneurs réguliers, en l’occurrence les plus âgés, ne seront bientôt plus en mesure de faire don de leur sang. Il souligne dans la foulée le problème de vieillissement de la population qui aura pour effet, dit-il, « qu’une bonne section de la population ne pourra plus donner de son sang ».

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D’où l’importance de miser davantage sur les jeunes. C’est ainsi qu’à l’occasion de la Journée mondiale du donneur de sang, la BDA a organisé un atelier de travail parrainé par l’hôtel La Pirogue en vue notamment de dégager une stratégie pour mieux inciter les jeunes à faire don de leur sang.

La BDA a, d’ailleurs, mis sur pied un club dont l’objectif est de recruter de jeunes donneurs entre 17 et 25 ans. Ces jeunes sont encouragés à faire don de leur sang au moins 15 fois dans leur vie. « Nous avons malheureusement remarqué que beaucoup de ces jeunes donneurs s’engagent à le faire mais n’honorent pas finalement leurs promesses. Ils sont encore jeunes et ne sont peut-être pas conscients de l’importance du don de sang. Peut-être lorsqu’un de leurs proches aura-t-il besoin de sang qu’ils réaliseront l’importance de donner son sang. Il y a un travail de sensibilisation à faire auprès d’eux », confie-t-il.
Quant à ceux se trouvant entre les jeunes et les plus âgés, ils constituent 60% des donneurs et ceux qui partiront bientôt à la retraite représentent 40% des donneurs . Un taux important et qu’il conviendra de combler, souligne le président de la BDA.

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Dewanand Hossen rappelle qu’il faut avoir au minimum 17 ans (avec consentement parental) pour pouvoir faire don de son sang et que l’âge maximal est de 60 ans. Des exceptions sont faites pour les donneurs réguliers, notamment pour ceux dont l’état de santé le permet, jusqu’à 65 ans. « Il faut être en bonne santé, avoir au moins 50 kg et le taux d’hémoglobine doit être de 12,5 grammes décilitre. Même les diabétiques peuvent faire don de leur sang à condition qu’ils prennent des médicaments et non des injections d’insuline », ajoute-t-il.

Le président de la BDA tient à remercier tous les donneurs pour leur geste de même que tous ceux qui contribuent à collecter des dons de sang pour ceux qui en ont besoin. « Nous devons, en effet, les remercier car sans cet acte de leur part, beaucoup ne seraient pas en vie. Mon inquiétude, par contre, c’est le manque d’enthousiasme des jeunes. Il nous faudra appliquer une stratégie pour mieux les encourager. J’espère que cette tranche de la population prenne conscience que sans ces dons de sang, il ne peut y avoir d’intervention chirurgicale, de transfusion, etc. Le système de santé sera paralysé. Il y a des patients qui souffrent de thalassémie et qui doivent recevoir une transfusion chaque mois, voire chaque trois semaines. Si les personnes en bonne santé ne donnent pas leur sang, ceux qui en ont besoin souffriront », fait-il comprendre.

Transfusion chaque trois semaines

Nandinee Dwarika est Administrative Assistant et Project Coordinator à la Thalassemia Society of Mauritius et mère d’une jeune fille qui souffre de thalassémie majeure et dépendante d’une transfusion sanguine chaque trois semaines, cela depuis que cette dernière avait trois mois.

De fait, des patients comme sa fille, témoigne Nandinee Dwarika, comptent beaucoup sur les collectes de sang. « Nous comptons beaucoup sur les dons de sang réguliers durant l’année avec l’apport du National Blood Transfusion Service », avance-t-elle.
Tout en rappelant que la thalassémie est une maladie héréditaire du sang qui est caractérisée par un défaut de production de l’hémoglobine, elle explique : « un enfant atteint de thalassémie a toujours une anémie qui ne peut être compensée par des suppléments. Il faut une transfusion de sang pour garder l’hémoglobine à un niveau permettant à l’enfant de mener une vie normale. »

S’il n’y a pas de statistiques officielles quant au nombre de personnes souffrant de thalassémie à Maurice, Nandinee Dwarika indique qu’il y a environ 400-450 patients. « Dans chaque hôpital de l’île, il y a un Thalassemia Daycare Ward où une cinquantaine de patients font le va-et-vient régulièrement pour leur transfusion et traitement. Au sein de notre association, nous avons quelque 150 patients qui sont enregistrés et qui souffrent de plusieurs types d’hémoglobinopathies », rappelle-t-elle.

Nandinee Dwarika fait ressortir que pour les patients dont le groupe sanguin relève des groupes communs, « il n’y a pas beaucoup de souci en général à trouver du sang ». Par contre, pour les groupes plus rares comme A-, 0-, AB-, il leur faut souvent attendre entre quatre jours à une semaine pour pouvoir recevoir leur transfusion.

Son message à l’occasion de la journée mondiale : « Un grand merci à tous les donneurs car sans eux il n’y a pas de vie et ma fille ne serait pas en vie. L’association a créé beaucoup de facilités pour ce qui est des médicaments, des traitements et le suivi des patients. Mais, sans les donneurs, il ne peut même pas y avoir de vie. Donc, merci à tous ceux qui donnent leur sang pour sauver des vies. On lance un appel aux jeunes : devenez des donneurs de sang. En donnant votre sang une fois, vous pouvez sauver jusqu’à trois vies. »

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