Vaste campagne de recrutement d’enseignants pour le secondaire d’État

Après une année marquée par un manque aigu d’enseignants, le ministère veut mettre les bouchées doubles pour l’année prochaine L’obtention d’un PGCE reste un des critères obligatoire

Le ministère de l’Éducation – par le biais de la Public Service Commission – recrute des éducateurs pour le cycle secondaire. Après avoir eu recours aux enseignants à la retraite pour pallier les manquements au cours de la présente année scolaire, ce sont des recrues à plein temps qui sont privilégiées. L’exercice se fait pour toute la gamme de matières au programme scolaire du secondaire. Si des variations dans les spécialisations des diplômes sont acceptées, tel n’est pas le cas pour d’autres.

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L’anglais, le français, les mathématiques, mais aussi les matières scientifiques, comme la chimie, la biologie, la physique, ou encore les langues orientales et le kreol morisien, de même que l’économie, les arts, la comptabilité, l’informatique et tant d’autres… Il s’agit d’une vaste campagne de recrutement dans laquelle s’est engagé le ministère de l’Éducation, pour s’assurer qu’il y ait suffisamment d’enseignants dans les institutions secondaires d’Etat à la rentrée de2024. Contrairement à ce qui s’est passé cette année, avec des enseignants toujours manquants pour certaines matières, alors que le troisième trimestre, dernière ligne droite menant aux examens de fin d’année, débute dans deux semaines.

Devant la situation, le ministère avait même eu recours aux enseignants à la retraite, avec un salaire attrayant de Rs 50 000 en vue de combler à la situation de pénurie. Ce qui avait provoqué un tollé car de nombreux jeunes diplômés sont au chômage ou contraints de faire un autre métier, faute de pouvoir enseigner. L’actuel appel à candidatures dans le secteur public vient ainsi rétablir les choses. Cependant, l’obligation de détenir un Post-Graduate Certificate in Education (PGCE) qui avait provoqué le manque d’enseignants, tant dans le secondaire d’État que privé, en 2023, demeure d’actualité. L’alternative acceptable est un Bachelor in Education du Mauritius Institute of Education, dans la matière à enseigner.
À ce sujet, l’amendement à l’Education Act prévoit aussi des variations de diplômes pour certaines matières. Ainsi, pour Business Studies, par exemple, un Degree en Management ou Business Management, est aussi accepté. Les détenteurs d’un BSc Zoology ou Botany, peuvent également postuler comme enseignant de biologie. Pour Design and Communication, un Degree en Civil Engineering, Mechanical Engineering ou Mechatronics sont acceptés.

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De même, suite à une contestation d’un manager d’un collège privé, en Cour récemment, un nouvel amendement a été apporté à l’Education Act, afin que les diplômes en Hospitality Management soient acceptés pour l’enseignement de Travel and Tourism. Pour le présent appel à candidatures, le ministère de l’Éducation acceptera en effet, Tourism and Hospitality Management, Tourism, Hospitality and Events Management et Tourism, Leisure and Recreational Management. Auparavant, seul un Degree en Travel and Tourism était accepté.

Dans tous les cas, le PGCE ou le B.Ed du MIE dans la filière à enseigner demeurent obligatoires. Suite aux problèmes causés dans le recrutement par l’application du critère de PGCE, le Cabinet avait également donné son aval pour un moratoire de trois ans, afin de permettre la formation des jeunes diplômés. Le MIE a par la suite démarré une série de cours.

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Attendons voir si cet exercice de recrutement donnera les résultats escomptés, afin que l’année scolaire 2024 soit plus sereine que celle de 2023. La date limite pour cet appel à candidatures est le 24 juillet.
Mais attention à l’effet accordé dans le secteur de l’éducation secondaire privée…

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Arvind Bhojun (UPSEE) : « Donner les mêmes chances aux éducateurs du privé »

« Avec l’amendement à l’Education Act imposant le PGCE comme critère de recrutement, on n’arrive plus à remplir les postes vacants, tant dans le secondaire d’État, que privé. Ce que nous demandons, c’est que les enseignants du privé et du public soient sur un pied d’égalité. » Il cite en exemple, le recrutement des Supply Teachers par la PSC.
« On a recruté des Supply Teachers pour les collèges d’État sans obligation de détenir un PGCE, alors que de nombreux jeunes, des Degree Holders, qui étaient en service, ont dû arrêter de travailler parce qu’ils ne détiennent pas de PGCE. C’est une discrimination à leur égard. »

De plus, ajoute Arvind Bhojun, ces jeunes étaient également détenteurs d’un Teaching Licence de la Private Secondary Education Authority (PSEA). « Comme on l’a fait pour les Supply Teachers, on aurait pu également permettre à ceux qui étaient recrutés sur une base temporaire de continuer à travailler, en attendant de compléter leur PGCE. »
Le président de l’UPSEE dit avoir évoqué cette situation lors de la récente rencontre avec la vice-Première ministre et ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun. « Elle nous a dit qu’elle étudierait le dossier. »

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Variations pour certains, mais pas pour d’autres

Si un détenteur d’un Degree en zoologie est autorisé à enseigner la biologie, un détenteur d’un Master en Software Engineering, ne peut lui, enseigner Computer Studies. C’est le paradoxe des critères de recrutement dans le secondaire. Le Mauricien a fait écho, récemment, du cas de Prakash Aku, détenteur d’un MSc en Software Engineering, privé d’enseignement par la PSEA. Son cas avait même été entendu par l’Equal Opportunities Commission.

S’exprimant à ce sujet, Arvind Bhojun souligne que l’ambiguïté des critères de recrutement est que toutes les universités ne donnent pas les mêmes titres à leurs diplômes. « Les autorités recrutent uniquement sur l’appellation des diplômes selon ce que prévoit la loi. Or, ce n’est pas le nom du diplôme qu’il faut considérer, mais son contenu. Par exemple, pour Travel and Tourism, il n’y a aucune institution à Maurice qui offrait un Degree avec cette appellation. Toutes proposaient Hospitality Management, dont le contenu est le tourisme. C’est pour cela qu’un nouvel amendement a dû être apporté, pour corriger cette incohérence. »

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