Éducation — B.Ed : les enseignants votent pour  une manif et une action légale

Vinod Seegum, négociateur de la GTU : « Nous attendons le Cabinet Paper du ministre Gungapersad avant d’aller de l’avant »

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La Government Teachers’ Union (GTU) a organisé une mobilisation à Quatre-Bornes, samedi, concernant la non-reconnaissance du Bachelor in Education (B.Ed) du Mauritius Institute of Éducation (MIE), par le Pay Research Bureau (PRB). Deux résolutions ont été votées à l’unanimité : descendre dans la rue et avoir recours à la Cour suprême. Toutefois, le syndicat attend de connaître les retombées du dossier que devrait présenter le ministre de l’Éducation, Mahend Gungapersad, au conseil des ministres.

« C’est un warming up ! », a prévenu Vinod Seegum, négociateur de la GTU, devant une salle comble à Quatre-Bornes. Le syndicat est passé à l’offensive, après un deuxième refus du PRB, de reconnaître le B.Ed décerné par le MIE, comme un Degree Course. Environ 2 000 enseignants du primaire ont déjà suivi cette formation et attendent un ajustement salarial.

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Vinod Seegum est revenu sur l’historique de cette formation. Il a indiqué que c’est en 1987 que le commissaire salarial britannique, Donald Chesworth, avait recommandé de rehausser la formation des enseignants, au niveau universitaire. Toutefois, ce n’est qu’en 2017, que la loi a été amendée, permettant au MIE de devenir un Degree Awarding Body. La loi a été promulguée en 2018 et les premiers cours ont débuté en 2019. Depuis, environ 2 000 instituteurs ont décroché leur B.Ed.

Le négociateur de la GTU a fait ressortir que pour en arriver là, il faut au moins huit années d’études ; « Les enseignants ont deux années de cours pour l’Advanced Certificate in Education, deux autres années pour le Teacher’s Diploma, encore deux ans pour le Diploma in Education Management et deux ans pour le B.Ed. Et après tous ces efforts, on vient vous dire que le diplôme n’est pas reconnu comme un Degree Course » , fait-il comprendre.

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Il a ainsi qualifié la position du PRB de pure mesquinerie, estimant que cette instance n’est pas habilitée à évaluer les diplômes. Cette responsabilité revient à la Higher Education Commission, qui a déjà validé le B.Ed du MIE. Il a également ajouté avoir eu une rencontre avec le ministre de l’Éducation, jeudi dernier, à ce sujet. « Il a pris note de cette injustice et a demandé à ses officiers de travailler sur un Cabinet Paper, en collaboration avec nous », confirme le négociateur.

Dans l’attente des retombées du conseil des ministres, le syndicat a fait voter deux résolutions, à mains levées, lors de la Mass Meeting de samedi. Les enseignants se sont prononcés en faveur d’une manifestation et pour une action en Cour. « Si la situation n’évolue pas, nous passerons à l’action. Les instituteurs du primaire sont très en colère. Nous irons en Cour suprême pour la reconnaissance du B.Ed. L’alignement salarial sera discuté après. Nous avons également demandé un document officiel du MIE certifiant le niveau du B.Ed », dit-il.

Vinod Seegum a également déploré le silence assourdissant du gouvernement au sujet de cette affaire. « Nous avons transmis une lettre au ministre de la Fonction publique, Raj Pentiah et il ne nous a pas répondu. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, nous avait donné tout son soutien pour l’alignement Diploma to Diploma, mais cette fois-ci, nous ne l’avons pas entendu. Heureusement que le ministre Mahend Gungapersad nous a reçus », devait-il concéder.

Vinod Seegum a fait ressortir que lorsque les enseignants sont frustrés, cela a des répercussions sur les élèves, mais aussi leurs familles. Raison pour laquelle il a appelé les parents à soutenir les enseignants dans ce combat. Il a également exprimé sa satisfaction que les enseignants travaillant dans les écoles catholiques se soient également réunis au Louis-Eugène-Fabien Teacher’s Centre, à Quatre-Bornes.

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