L’Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE) réagit après la prise de position de la State Secondary School Teachers Union (SSSTU) concernant l’allocation des classes aux éducateurs MEDCO. Arvin Bhojun, son président, déplore cette démarche et fait valoir que ces derniers ont toute leur légitimité étant donné qu’ils sont payés également des fonds publics. Dans ce contexte, il souhaite que le gouvernement devienne un Central Employer pour tous les employés du secteur éducatif, et ce, afin d’éviter ce genre de distinction à l’avenir.
Dans une lettre adressée au ministère de l’Éducation, la SSSTU avait exposé une situation concernant les enseignants en surplus dans certaines matières et le fait que des éducateurs MEDCO étaient privilégiés dans l’allocation des classes dans certains établissements, au détriment de ceux recrutés par la PSC. Les éducateurs MEDCO sont ceux qui travaillaient dans des collèges privés ayant fermé pour diverses raisons. Depuis plus de 40 ans, le gouvernement a mis sur pied la Mauritius Educational Company Ltd (MEDCO) afin de permettre aux employés de ces collèges privés de préserver leur emploi en les déployant dans les collèges d’État.
Réagissant à la prise de position de la SSSTU, Arvin Bhojun remercie d’abord les gouvernements successifs d’avoir maintenu cette initiative sur une base humanitaire. Dans ce contexte, l’UPSEE déplore les arguments avancés par la SSSTU à l’effet que priorité doit être accordée aux enseignants recrutés par la Public Service Commission (PSC) dans l’allocation des classes. « Les éducateurs MEDCO sont aussi qualifiés que les autres et n’ont jamais fait de concession sur la qualité. Ils sont payés des fonds publics, donc de l’argent des contribuables, comme ceux recrutés par la PSC. Il n’y a donc aucune raison qu’ils ne soient pas considérés de la même façon. »
Ce dernier estime également que cela ne fait pas honneur à la profession quand des éducateurs viennent « dénigrer » les autres. Il se dit cependant rassuré que cette tendance n’est pas généralisée et met en avant la bonne entente qui existe entre les éducateurs MEDCO et ceux recrutés par la PSC dans certains collèges. « De même, nous avons une très bonne collaboration avec la Government Secondary School Teachers Union (GSSTU). En tant qu’éducateur, notre priorité doit être les intérêts de nos élèves. Nous apprécions les efforts de nos collègues recrutés par la PSC et nous notons que la majorité a l’esprit ouvert. »
Concernant l’allocation des classes, Arvin Bhojun fait ressortir que cela revient aux recteurs. « Je n’ai pas de doute sur les compétences des recteurs. S’ils ont trouvé qu’un éducateur MEDCO est plus approprié pour une classe, il faut leur faire confiance. » Au sujet d’un cas cité par la SSSTU dans sa lettre, le président de l’UPSEE mentionne que le Senior Educator en question avait refusé de faire les classes pratiques, raison pour laquelle la classe a été attribuée à un éducateur MEDCO.
Pour mettre un terme à ces distinctions entre les deux groupes d’enseignants, l’UPSEE suggère que le gouvernement devienne un Central Employer pour le secteur de l’éducation, s’appuyant sur le fait que les salaires proviennent déjà des fonds publics.

