Alors que le pays est sous le coup d’une alerte cyclonique de classe 2, les quelque 600 habitants de Quartier Nazareth — une zone sinistrée de Tranquebar dans la circonscription No 2 (Port-Louis Sud/Port-Louis Central) — sont dans l’impasse. « Ki pou fer, kot pou ale, ver kisana bisin tourne? », sont des questions qui pendent aux lèvres des quelques locaux, rencontrés sur les lieux, ce mercredi 21 février.

Leur cris de détresse : « Nou dan problem, get nou, pa met nou dan enn kwin »
Un mois, après que cette localité fût grandement affectée par la montée des eaux en lien avec le cyclone Belal, un nouveau danger se présente à eux : Eleanor.
À Quartier Nazareth ce matin, le temps semble s’être arrêté depuis le passage désastreux de Belal qui a occasionné la destruction de plusieurs habitats annexant le cours d’eau qui traverse la localité. D’ailleurs, certaines des maisons complètement détruites et les clôtures endommagées sont encore visibles.

« Nous nous sommes à peine remis de Belal, voilà qu’un nouveau cyclone arrive », explique Mélanie, une jeune mère de la localité dont la maison a été complètement détruite lors du passage de Belal. Les travaux de sa modeste demeure viennent tout juste de reprendre qu’elle se voit dans l’obligation de trouver un nouveau refuge pour mettre en sécurité son fils, en cas de nouvelle montée des eaux.

« Zot fer nou kouma lisien isi » a soutenu Mélanie qui espère malgré tout qu’un jour les autorités trouveront une solution à leur problème.
Yannick, un autre habitant de la localité qui avait été lui-même emporté par les eaux pendant Belal, explique que « nou fek pass dan enn sok ek Belal, delo inn envahir tou lakaz isi. Nou mem inn drese remet impe korek, san led otorite », soulignant que quelques députés se sont déplacés pour leur remettre des denrées alimentaires et pour écouter leurs doléances, mais rien de concret n’a été entrepris, jusqu’ici.

Pressés de questions sur comment, comptent-ils passer le cyclone Eleanor, la plupart des locaux répondent qu’ils attendent sans grande conviction.

Bien que cette localité possède un centre communautaire, il n’est plus opérationnel depuis un an. « Sant-la pran delo. Li koule endan » a déclaré, Jocelyne une ménagère.
Approché à cet effet, un officier explique que depuis 2023, le centre qui peut accueillir qu’une cinquantaine de sinistrés prend l’eau. À la question sur le lieu où se rendront les sinistrés de la localité en cas d’intempéries, on nous explique qu’ils seront répartis dans d’autres centres communautaires de la région.


