La CTSP prévoit l’embauche de 50% de main-d’œuvre étrangère

La Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CSTP) est d’avis que dans les années à venir, 50% de la main-d’œuvre active du pays sera constituée de travailleurs étrangers. Pour que l’économie puisse devenir résiliente, il faudra « au moins une population de deux millions de paires de mains », et ce, en raison du vieillissement de la population et du fait de l’exode de nombreux jeunes. C’est en tout cas ce que soutient Reaz Chuttoo, président de la CTSP.

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Le gouvernement ayant ainsi décidé de permettre à un plus grand nombre de travailleurs étrangers de venir travailler à Maurice, « le gros capital y voit une aubaine pour surexploiter ces derniers ».

Pour remédier à la situation, la CTSP demande au gouvernement de légiférer pour introduire la négociation collective dans l’industrie touristique, et améliorer le sort des travailleurs mauriciens. « Le principe de négociation collective existe déjà dans le secteur de la construction », rappelle Reaz Chuttoo. « Pourquoi ne pas l’introduire dans le secteur touristique, qui est représenté par l’Association des hôteliers et restaurateurs de l’île Maurice (AHRIM) ? » se demande-t-il. Ce qui permettrait à la Fédération des travailleurs unis (FTU), à la Federation of Progressive Union (FPU) et à la CSTP de négocier un accord collectif en faveur des travailleurs, fait-il remarquer.

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« C’est déplorable qu’après 30 ans de service dans le secteur touristique, certains travailleurs touchent un salaire de Rs 13 000 alors que les hôteliers investissent des milliards dans des travaux de rénovation », déplore  Reaz Chutoo. Ce dernier souligne que  « des entreprises  font tout ce qu’elles peuvent pour appliquer une grille salariale qui n’évolue pas ». L’idée est de pouvoir recruter des travailleurs étrangers » avec un bas salaire.

« Il existe des employeurs sans scrupule qui cherchent à augmenter leurs profits en exploitant davantage les travailleurs étrangers. Cette situation est effrayante. D’autant que des employeurs ont fait savoir ouvertement auprès de la Commission de conciliation et de médiation qu’ils n’ont pas l’intention d’appliquer d’accords collectifs alors que la loi dit clairement qu’il est obligatoire d’aller dans cette voie », poursuit le président de la CTSP.
Cependant, dit-il, un secteur connaît actuellement des avancées en termes d’amélioration des conditions de travail, à savoir celui de la construction, la CTSP ayant en effet des négociations collectives avec la Building and Civil Engineering Contractors Association (BASECA) chaque trois ans.

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Sur un autre volet, il s’est dit solidaire  du front commun constitué pour défendre Yogida Baboo, présidente de l’Air Mauritius Cabine Crew Association (AMCCA), licenciée par Air Mauritius pour avoir participé à une émission radiophonique.

La secrétaire générale de la CTSP, Jane Ragoo, a pour sa part dénoncé l’installation de caméras destinées à surveiller les travailleurs, ce qui constitue, selon elle, une tentative « pour scruter leurs faits et gestes ». Elle ajoute : « Les patrons surveillent même le nombre d’heures passées aux toilettes. » Une surveillance qui a notamment été dénoncée par la CTSP samedi au cours d’une manifestation pacifique dans les rues de Rose-Hill.

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