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Le front commun regroupant des employés de plusieurs hôtels organise une manifestation pour dénoncer les « abus » en cette période de chômage technique. Selon Atma Shanto, certains établissements tentent d’obliger leurs employés à prendre un congé sans solde ou leur imposent des “vacation leaves”. Il rappelle que les hôtels bénéficient du Wage Assistance Scheme et ont des obligations envers leurs travailleurs.

La manifestation est prévue devant l’hôtel du gouvernement le 27 juin prochain à 11h30. Pour le négociateur syndical Atma Shanto, des hôtels « profitent de la COVID-19 pour ne pas respecter les accords collectifs » et apportent des changements unilatéraux aux conditions de travail. « Aujourd’hui, certains hôtels veulent obliger les travailleurs à prendre un “leave without pay”. C’est inacceptable, car ces hôtels bénéficient du Wage Assistance Scheme et, de ce fait, ils doivent honorer leurs engagements envers leurs employés. D’autres encore veulent imposer le “vacation leave” alors que les employés n’en ont pas fait la demande. »

Toutes ces situations ont été abordées à l’assemblée générale de l’Hotel Common Front, tenue le 15 juillet à Coromandel. Le front commun regroupe la Lux Hotel Private Staff Union, la Private Club Employees Union, l’Organisation of Hotel, Private Club and Catering Workers. Atma Shanto rappelle que les travailleurs de l’hôtellerie vivent actuellement avec leur salaire de base. Selon les “regulations” de 2019, le salaire de base d’un cuisinier ou d’un serveur varie entre Rs 10 000 et Rs 14 000. Celui d’un valet de chambre ou d’un barman se situe dans la même fourchette. Pour le négociateur de la FTU : « Il est très difficile de vivre avec un tel salaire. Surtout que la majorité des gens ont des engagements à honorer. C’est pour cela que nous voulons tirer la sonnette d’alarme. »

La FTU est officiellement reconnue dans plusieurs hôtels, dont Lux Grand Gaube, Blue Lagoon, Preskil, Outrigger et Club Med. « Il y a beaucoup d’employés d’autres hôtels qui ne sont pas membres de notre syndicat, mais qui viennent nous voir pour nous faire part de leurs problèmes. Les travailleurs de l’hôtellerie sont également très inquiets pour leur avenir, surtout par rapport aux compensations et au boni de fin d’année, pour lesquels ils sont incertains. » Soulignons que, pour l’heure, la FTU n’a pas encore obtenu le feu vert de la police pour sa manifestation. « Nous espérons que le commissaire de police ne va pas interdire notre protestation. Le but est d’attirer l’attention des autorités et du public sur la situation qui prévaut dans certains hôtels. »

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Conflits à Innodis Poultry

La FTU a également alerté le ministre du Travail, Soodesh Callichurn, sur la situation à Innodis Poultry Ltd. Atma Shanto indique que des “watchmen” y travaillent toujours 72 heures par semaine, alors que le Renumeration Order, publié en octobre 2019, recommande 48 heures.

« Auparavant, les gardiens travaillaient 72 heures par semaine. Mais avec les nouveaux règlements, il fallait réorganiser leur temps. Malheureusement, cela n’a pas été fait. Nous avons porté plainte au ministère du Travail à plusieurs reprises, mais rien n’a été fait. Il y a même eu deux réunions auxquelles le management n’a pas assisté. C’est pour cela que nous avons écrit au ministre pour demander son intervention, car les officiers semblent ne pas avoir de réponse à nous donner. »

Rappelons que la relation entre la direction d’Innodis Poultry Ltd et le syndicat n’a pas toujours été au beau fixe. En octobre 2018, un “strike ballot” avait été organisé par la FTU au nom de la Farm Storage Union et la Cold Storage Workers Union. Une large majorité des travailleurs avaient voté en faveur de la grève à cette occasion. Mais un consensus avait par la suite été trouvé. En mars 2014, Atma Shanto avait organisé une grève de la faim après que la compagnie ait révoqué le syndicat. Le ministre du Travail d’alors, Shakeel Mohamed, était intervenu pour rétablir le syndicat.