En marge de la Journée internationale – KOZ POU FAM  Quand chaque voix compte pour l’égalité des genres

 

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« Chaque voix compte pour défendre la dignité et les droits des femmes, et un changement significatif commence lorsque nous prenons la parole. » C’est ce qu’a déclaré Marie Arianne Navarre-Marie, ministre de l’Égalité des Genres et du Bien-être familial, lors de la grande finale de « Koz Pou Fam », tenue à l’Alliance française de Maurice, à Bell-Village.
Organisée dans le cadre de la Journée internationale des femmes 2026, qui sera célébrée ce 8 mars, cette initiative a mis en lumière l’importance de l’expression et de l’engagement collectif dans la promotion de l’égalité des genres. À travers cette compétition, les participantes ont été invitées à faire entendre leur voix sur des thématiques liées aux droits, à la dignité et à l’autonomisation des femmes. L’événement a rassemblé des représentants de l’Alliance française de Maurice, du National Women’s Council, du Sugar Industry Labour Welfare Fund, ainsi que d’autres personnalités issues des sphères institutionnelles et sociales, témoignant d’une mobilisation soutenue en faveur de la cause des femmes.
Lancé à la fin du mois de janvier dans le cadre des célébrations de la Journée internationale des femmes, Koz Pou Fam s’impose comme un concours national innovant, inspiré du format des conférences TED, offrant aux Mauriciens et Mauriciennes une tribune pour partager leurs réflexions et propositions sur la place et le rôle des femmes dans la société. L’initiative a suscité un engouement inédit, avec plus de mille candidatures reçues à travers les centres communautaires de l’île, témoignant d’un intérêt croissant pour les enjeux d’égalité et d’autonomisation.
À l’issue d’un processus de sélection rigoureux, 18 demi-finalistes – soit deux par district – ont été retenus parmi les nombreux candidats, avant que cinq finalistes n’accèdent à la grande finale. Chacun d’eux disposait de quelques minutes pour convaincre le jury et le public par la force de son argumentation et la portée de son message.
Présentées entièrement en kreol morisien, les interventions ont mis en valeur l’usage de la langue nationale comme vecteur d’inclusion et de proximité, tout en révélant la créativité, l’engagement et la pertinence sociale des participants. Les thématiques abordées ont couvert un large éventail de préoccupations, allant de l’autonomisation économique des femmes et du leadership féminin à la lutte contre les stéréotypes et à la promotion de l’inclusion sociale, le tout dans un esprit de dialogue constructif et de réflexion collective.

Une question qui interpelle

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La ministre Navarre-Marie a exprimé sa fierté face à la forte participation et à l’enthousiasme suscités par la compétition, soulignant que cet engouement reflète un engagement national croissant en faveur des droits des femmes. « La mobilisation observée à travers le pays démontre que la question de l’égalité des genres interpelle profondément nos concitoyens », a-t-elle affirmé.
Elle a toutefois rappelé la réalité préoccupante des violences basées sur le genre à Maurice, indiquant que trois femmes ont déjà été victimes de féminicide depuis le début de l’année. « Ces chiffres nous rappellent que nous devons redoubler d’efforts pour protéger les femmes et prévenir toute forme de violence », a-t-elle déclaré avec gravité.
La ministre a également insisté sur le fait que l’égalité des genres se construit progressivement à travers la sensibilisation, le dialogue ouvert et la transformation des mentalités. Elle a salué la large portée du concours à travers toutes les régions de l’île, rendue possible grâce à la mobilisation des centres communautaires et au soutien des institutions partenaires.
Arianne Navarre-Marie a en outre souligné que le nombre important de participants témoigne d’une volonté réelle des citoyens de s’exprimer, de s’engager activement et de défendre la dignité des femmes. « Lorsque les citoyens prennent la parole, c’est toute la société qui avance », a-t-elle ajouté.
S’exprimant sur le Domestic Abuse Bill, la ministre de l’Égalité des Genres et du Bien-être familial, Arianne Navarre-Marie, a indiqué que celui-ci est en phase finale de préparation et de validation. «  Des consultations ont déjà été menées avec plusieurs Ong et les membres du Parliamentary Gender Caucus, dans le but d’y inclure des mesures sur le féminicide, mais aussi sur le viol conjugal », a déclaré la ministre.
Elle poursuit : « Une troisième série de discussions est prévue très prochainement avec le Bar Council, la Law Society, des survivantes de violences conjugales ainsi que la police, avant que le projet de loi ne soit présenté officiellement au Parlement.  » Ce projet de loi marque une étape importante dans le renforcement de la protection des victimes de violences domestiques à Maurice.

ENCART
Les lauréats
À l’issue des délibérations du jury, les noms des lauréats ont été dévoilés dans une atmosphère empreinte d’émotion et de fierté. Le premier prix a été attribué à Priscilla Natchou, résidant à Rivière-des-Anguilles. Son intervention, saluée pour sa profondeur et son authenticité, a particulièrement touché le public. Se déplaçant en fauteuil roulant, elle a livré un message fort sur la résilience, l’inclusion et la dignité, suscitant une vive émotion dans la salle.
Stewelderson Casimir s’est classé premier dauphin, suivi d’Azeen Havoldar, deuxième dauphine. La troisième place est revenue à Kely Museliah, tandis que Caroline Baya a complété le classement en tant que quatrième dauphine, venant ainsi clore une compétition marquée par un haut niveau d’engagement et d’éloquence.
Des certificats ont été remis aux cinq finalistes lors de la cérémonie, tandis que la gagnante et les quatre dauphins se verront attribuer leurs prix en espèces le 8 mars, marquant ainsi la clôture officielle de l’initiative à l’occasion de la Journée internationale des femmes.
Avec cette première édition, Koz Pou Fam  s’affirme comme bien plus qu’une compétition : elle devient une véritable tribune nationale, donnant aux Mauriciens et Mauriciennes l’opportunité de faire entendre leurs voix et de participer activement à la construction d’une société plus juste et inclusive.
En mettant en lumière l’engagement, la créativité et la détermination de ses participants, le concours envoie un message fort : le changement vers l’égalité des genres commence lorsque chacun ose s’exprimer et agir. Cette initiative promet de devenir un rendez-vous incontournable, inspirant de nouvelles générations à s’impliquer pour un avenir équitable et solidaire.

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