Décès d’Andy Selmour Melrose : Intérêt accru de la commission pour les images de l’agression

La commission d’enquête mise sur pied par le gouvernement pour faire la lumière sur le décès du détenu Andy Selmour, survenu à la prison de haute sécurité de Melrose, a débuté ses travaux ce lundi. Un ancien juge de la Cour suprême, Paul Lam Shang Leen, préside cette commission d’enquête, siégeant sans assesseurs. Outre le témoignage du Chief Police Medical Officer, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, cette première séance a été marquée par la projection des images d’enregistrement de l’agression.
Toutefois, ces extraits impliquant quatre détenus ne sont pas à la satisfaction de la Commission. Ainsi, le président a demandé qu’une version plus nette soit produite, afin de mieux distinguer les gestes des protagonistes. Andy Selmour, 33 ans, purgeait une peine de 3 ans de prison pour vol à main armée. Il avait succombé à ses blessures suite à une agression perpétrée par des codétenus le 9 décembre 2025.
Plusieurs témoins ont été entendus, hier. La déposition du Chief Police Medical Officer a retenu l’attention. Ce dernier avait pratiqué l’autopsie sur la dépouille d’Andy Selmour.
Le médecin légiste avait révélé des saignements au niveau du cuir chevelu, de la bouche et des narines. Un liquide corporel était présent dans les poumons, indiquant une possible obstruction des voies respiratoires en cas de vomissement. Il avait également constaté plusieurs blessures qui, selon lui, ont été provoquées par des objets contondants. Il maintient également qu’il y avait des blessures de nature défensive, comme la main gauche qui était enflée, un doigt de cette main qui avait été fracturé, ainsi que des lésions internes au bras droit. Autant d’éléments, selon le Dr Gungadin, qui indiquaient qu’il essayait de se protéger contre des agresseurs.
Les résultats de l’autopsie avaient attribué la cause du décès à une fracture du crâne provoquant des hémorragies intracrâniennes. En conclusion, le Dr Gungadin a expliqué que la cause de la mort était incompatible avec la thèse d’une chute, qui avait été apparemment avancée par Andy Selmour lui-même.
Le Dr Gungadin a ensuite abordé la prise en charge du défunt par les autorités de la prison, suscitant de nombreuses interrogations. Il avance que face à un tel cas, un scanner cérébral urgent était impératif. Sans traitement rapide, la mort pouvait survenir, en quelques minutes comme en quelques heures.
Deux officiers du Forensic Science Laboratory (FSL) ont évoqué les tests qu’ils sont en train d’effectuer, dont l’analyse du sang ou autres fluides du défunt et l’analyse des fibres et des empreintes sur les objets saisis par la police. Vu que leurs rapports n’étaient pas encore prêts, ils seront rappelés le mardi 10 mars.
Un médecin du Service d’aide médicale d’urgence (SAMU) a indiqué que ce service avait reçu un appel à 19 h 23 le 9 décembre dernier, le jour de la mort d’Andy Selmour. Le préposé de la prison de Melrose avait expliqué au téléphone qu’il s’agissait d’un Suspected Abuse Case. L’ambulance de la SAMU était arrivée à la prison à 19 h 55, mais le médecin et son équipe n’ont eu accès à l’intérieur de la prison qu’à 20 h 20, soit 25 minutes après leur arrivée. Le médecin n’a pu que constater le décès d’Andy Selmour à 20 h 25.
Durant la séance de l’après-midi, un garde-chiourme a été entendu. Il a vu Andy Selmour qui saignait de la tête le 9 décembre dernier. Ce dernier lui aurait confié qu’il avait fait une chute. Il avait ensuite été accompagné à l’infirmerie de la prison.
Le Prison Officer en charge du Control Room de la prison, où sont visionnées en permanence les images des caméras CCTV, a expliqué qu’il avait pu voir un détenu qui agressait Andy Selmour avec un gourdin.
L’audition des témoins se poursuit aujourd’hui.
Affaire à suivre.

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