Le ministre de l’Enseignement supérieur, Kaviraj Sukon, a procédé hier au lancement officiel du module sur l’intelligence artificielle (IA) à l’Université de Maurice. D’autres universités publiques et privées emboîteront le pas. Le cours, entièrement en ligne, concerne tous les étudiants, indépendamment de leurs filières d’étude. Le but étant de leur donner les bases d’une bonne maîtrise de cet outil, à la fois pour leurs études et leur future carrière.
Afin de moderniser l’enseignement supérieur et s’adapter aux évolutions technologiques au niveau mondial, le gouvernement avait pris l’engagement, dans le dernier budget, d’offrir un module gratuit sur l’IA pour tous. Après plusieurs mois de travail, celui-ci a été officiellement lancé à l’université de Maurice. Dans un premier temps, le cours sera dispensé aux étudiants des universités publiques, avant d’être étendu à ceux des universités privées et, finalement, au grand public.
Le ministre Sukon explique cette démarche par le fait que les étudiants doivent être connectés à la réalité. « Nous ne voulons pas qu’un étudiant décroche son diplôme universitaire sans avoir une connaissance de l’IA. Il est donc important de les équiper afin qu’ils comprennent au moins la base de l’IA. Ainsi, ils pourront continuer à construire sur cette base, lorsqu’ils intègrent le monde du travail. »
Il souligne que cette initiative marque un tournant décisif dans la préparation des étudiants aux réalités d’un monde du travail. Le module, qui sera entièrement dispensé en ligne, permettra à chaque étudiant de le suivre à son propre rythme. Il y a quelques mois, la Higher Education Commission avait publié les guidelines sur l’utilisation de l’IA à l’université.
Le ministre a précisé que, dans peu de temps, ces guidelines deviendront une Regulation. « Cela nous permettra de mieux contrôler l’utilisation de l’IA. Les chargés de cours ont aussi été formés à l’utilisation de l’IA, notamment sur la formulation des questions. » Il a ainsi invité ces derniers à s’enregistrer ceux qui n’ont pas encore suivi de formation à le faire. « La formation du personnel est un processus continu. J’invite donc les académiciens à s’inscrire. Qu’ils soient du public ou du privé. »
Kaviraj Sukon insiste aussi sur l’apport de l’IA au niveau universitaire, que ce soit pour les études ou pour la recherche. « Une Literature Review, qui prenait un an auparavant, peut prendre deux à trois semaines avec l’apport de l’IA. C’est du temps gagné pour la recherche. » Il a aussi précisé que les formateurs ont été eux-mêmes formés par des experts dans le domaine. « Il est important que tout le monde ait une connaissance de base de l’IA, que l’on sache quel est son potentiel et comment l’utiliser. Il s’agit d’un cours en ligne et gratuit. Chacun peut apprendre à sa propre guise. Nous avons pour le moment, une cinquantaine de formateurs. Le cours n’est pas adressé uniquement aux étudiants. Les académiciens doivent également être formés. »
Cette démarche s’inscrit dans une politique plus large de modernisation de l’enseignement supérieur. Selon le ministre, les universités changeront de visage dans quelques années. Dans ce même contexte, les universités publiques ont été invitées à revoir leur cursus. Elles ont eu une année pour travailler sur de nouveaux programmes et les dévoiler en janvier 2027.
Le ministre Kaviraj Sukon s’est engagé récemment à enclencher une réforme de l’enseignement supérieur.

