Les résultats du Higher School Certificate (HSC) publiés mardi, ont dévoilé des performances exceptionnelles, comme en a témoigné la célébration des lauréats. Cependant, après l’euphorie, des éducateurs attirent l’attention sur la difficulté de certains à passer ce cap, même dans les académies. D’autant qu’il s’agit de la génération des cinq Credits. Sur les 128 collèges enregistrés, 21 ont obtenu moins de 60% de réussite. En revanche, certains collèges régionaux ont brillé.
Pour 2025, le taux de réussite global est de 78,98% pour l’ensemble de la république. Celui de 2024 était de 78,88%. Une performance quasi-similaire entre les deux groupes d’élèves. La différence est que l’année 2025 est la première promotion de la Nine-Year Continuous Basic Education (NYCBE). Cette réforme, enclenchée sous l’ancienne ministre Leela Devi Dookun-Luchoomun, devait améliorer le système et produire de meilleurs résultats. Mais l’objectif n’a pas été atteint pour tout le monde. C’est la réalité après l’euphorie des célébrations des lauréats.
Si les 16 lauréats du Queen Elizabeth College – 11 filles et 5 garçons – ont marqué les esprits, toutes les académies n’ont pas réalisé des performances aussi exceptionnelles. D’ailleurs, sur les 12 académies, seules 6 ont enregistré des lauréats.
En revanche, l’une des retombées positives de la réforme Nine-Year Continuous Basic Education est qu’elle a permis l’émergence de plusieurs collèges régionaux. À l’exemple du Rabindranath Tagore Secondary School qui compte trois lauréats pour les examens de fin d’études secondaires de 2025. Cet établissement, le Dr James Burty David SSS et le Lady Sushil Ramgoolam SSS, qui ont également enregistré un lauréat chacun, sont les trois collèges nationaux les plus demandés dans la zone 1 (Port-Louis et le Nord), depuis que les candidats du Primary School Achievement Certificate (PSAC) ne peuvent plus aller au collège Royal et au QEC.
Le constat est que tous les élèves performants ne se sont pas orientés vers des académies et ont préféré terminer leurs parcours dans leurs collèges régionaux. Il en est de même pour le Sodnac SSS, qui a enregistré une nouvelle lauréate 19 ans après. À cette époque, il y avait la réforme Obeegadoo. Une fois de plus, les élèves quittant le cycle primaire ne pouvaient intégrer les Star Schools. Celles-ci avaient été converties en Form Six Colleges. Mais une fois de plus, certains avaient choisi de rester dans leurs collèges respectifs. C’est ainsi que le collège du Saint Esprit, par exemple, s’était retrouvé avec sept lauréats pour l’année 2010, devant le RCC et le QEC, suivant la réforme enclenchée par l’ancien ministre de l’Éducation, Steven Obeegadoo, sous la bannière du MMM.
Cette remontée des collèges régionaux devrait sans doute inspirer le gouvernement actuel, dans le sillage des consultations enclenchées pour une nouvelle réforme. Va-t-on maintenir les collèges régionaux ou réintroduire les collèges nationaux ? C’est la grande question qui divise, même au sein du gouvernement. Les résultats de HSC 2025 pourraient sans doute servir de leçons à plusieurs niveaux.
De même, au niveau des académies, réservées à l’élite, il y a d’autres réalités cachées, derrière les lauréats. Aucune académie n’a enregistré 100% de réussite. Pourtant, il s’agit des meilleurs élèves. Si le RCC (98,36%), QEC (97,34%), DRSC (97,02%), MGI Moka (96,20%), RCPL (93,55%) et DMC (92,78%), se rapprochent de la barre des 100%, d’autres sont loin derrière. Citons Sookdeo Bissoondoyal SC (85,19%), Sir Leckraz Teelock SSS (78,48) et Sir Abdool Raman Osman (72,34%).
En revanche, certains collèges régionaux, à l’instar du collège de la Rabindranath Tagore Secondary School (94,44%), Doha Secondary School (94,34%) et Saint Esprit (93,18%). Sainte Marie, collège catholique payant, se situe aussi à 93,94%.
Ce qui interpelle également dans ces résultats demeure la difficulté éprouvée par certains candidats à atteindre le minimum requis, en dépit du fait qu’ils soient de la génération des cinq Credits. Sur un total de 128 collèges ayant enregistré des candidats pour ces examens de 2025, 21 n’ont pu atteindre les 60% de réussite. Dans certains cas, la situation est préoccupante. Le Collège de La Confiance enregistre 32% pour 25 candidats, Forest-Side SSS, 46,15% pour 39 candidats, Islamic Cultural College, 50% pour 36 candidats, Piton State College, appelé à devenir un National College, n’a que 56,79% de réussite pour 81 candidats, Shrimati Indira Gandhi SSS, 47,83% pour 23 candidats, entre autres.
Ce qui interpelle également dans ces résultats est la pertinence de certaines institutions payantes. L’OCEP College de Curepipe, par exemple, avait présenté 114 candidats et seulement 10 ont réussi, soit 8,77%. La branche port-louisienne avait 46 candidats et seulement 4 ont réussi, soit 8,70%.
À un moment où le ministère de l’Éducation met au point le Resit imposé par le conseil des ministres de son Blueprint, il y a sans doute des leçons à tirer des derniers résultats. Que ce soit au niveau du School Certificate et du Higher School Certificate. La réalité rattrape toujours le fard initial des célébrations de l’élite.
Vikash Ramdonee (UDRRU) : « Des résultats alarmants »
« Autant que je m’en souvienne, pour la première fois dans l’histoire de l’éducation à Maurice, aucun collège d’élite n’a enregistré 100% de réussite.
« Cela démontre clairement que le projet des Académies, mis en place sous l’égide de l’ancienne ministre, constitue un échec flagrant. La mise en œuvre de la mixité à partir de la Grade 10 s’est révélée particulièrement problématique. Par ailleurs, l’usage des téléphones portables en classe ainsi que la dépendance croissante aux réseaux sociaux y ont largement contribué.
« En outre, le manque de Contact Time entre les enseignants et les étudiants souvent décrié par l’United Deputy Rectors and Rectors Union (UDRRU), contribue également à cette décadence.
Il faut réagir pour sauver notre éducation nationale et notre pays. »

