· Deux feminicides en moins de 72 heures
La fin de l’année 2025 et les tout premiers jours de 2026 ont été marqués par une recrudescence inquiétante de violences graves, dont deux affaires criminelles distinctes ayant coûté la vie à deux femmes, à Vacoas et Batimarais, à moins de 72 heures d’intervalle. Dans les deux cas, les décès sont le résultat d’actes de violence extrême commis au domicile des victimes, et des arrestations ont été effectuées. Les enquêtes policières sont en cours.
Au-delà de ces deux drames mortels, plusieurs agressions sérieuses ont également été signalées dans différentes régions du pays, sur fond de disputes familiales, d’altercations liées à la consommation d’alcool ou de conflits interpersonnels. Certaines victimes ont subi des blessures graves – plaies ouvertes, traumatismes profonds – nécessitant une prise en charge médicale urgente, sans toutefois que leur pronostic vital ne soit engagé.
Vacoas : une septuagénaire retrouvée morte à son domicile
Le mardi 30 décembre 2025, le corps sans vie d’une femme de 78 ans a été découvert dans sa maison à Quinze-Cartons, à Vacoas. Inquiets de ne plus parvenir à la joindre, des proches se sont rendus à son domicile et ont fait la macabre découverte.
La victime, Sreematee Bunghoo, gisait sur le sol de sa chambre, baignant dans son sang. L’intérieur de la maison était en grand désordre, laissant présager une altercation violente. Très rapidement, les premières constatations ont écarté l’hypothèse d’une mort naturelle.
L’autopsie a révélé que la septuagénaire avait succombé à de graves traumatismes crâniens, confirmant qu’elle avait été violemment agressée avant de mourir. Une enquête pour meurtre a été ouverte et confiée aux enquêteurs de la région de Vacoas, avec l’appui d’unités spécialisées.
Dans le cadre de cette enquête, un voisin âgé de 38 ans, identifié par les initiales D.V., a été interpellé. Il a été provisoirement inculpé de meurtre et placé en détention. Lors de son interrogatoire, il a nié toute implication. À ce stade, ni les circonstances exactes ni le mobile du crime n’ont été officiellement établis.
Batimarais : un féminicide présumé sur fond de violence conjugale
Moins de deux jours plus tard, un second drame s’est produit à Batimarais, dans le sud du pays. Le 31 décembre 2025, en soirée, la police a été appelée à intervenir dans une maison familiale où une femme de 33 ans a été retrouvée morte.
La victime, Marie Anna Muthoora, portait plusieurs traces de violences. L’autopsie a conclu à une hémorragie sous-durale traumatique, causée par des coups violents portés à la tête. Les éléments médico-légaux ont confirmé qu’il s’agissait d’une agression mortelle.
Sur place, l’époux de la victime, Vikash Muthoora, a été interpellé. Il se trouvait à proximité du corps et aurait été en état d’ébriété au moment de son arrestation. Placé en détention policière, il a été traduit devant la justice, la police s’opposant à sa remise en liberté conditionnelle.
L’enquête privilégie la piste d’un féminicide, dans un contexte de violences conjugales. Les forces de l’ordre avaient déjà été appelées à intervenir à ce domicile à la suite de disputes entre le couple. Le suspect n’a pas encore pu être formellement auditionné, étant actuellement hospitalisé. Il nie néanmoins les faits qui lui sont reprochés. Les investigations se poursuivent afin d’établir précisément la chronologie et les circonstances du drame.
Une spirale d’agressions graves
Parallèlement aux drames de Vacoas et Batimarais, la période des fêtes a été marquée par une série d’agressions d’une violence extrême à travers le pays.
À Chebel, une adolescente de 15 ans a été grièvement agressée le 30 décembre par son concubin de 19 ans à la suite d’une dispute. L’individu s’est livré à un déchaînement de violence, la giflant, la poussant brutalement, avant de lui infliger un acte de torture en plaquant une marmite à pression brûlante contre son cou. Quelques heures plus tard, il serait revenu aggraver ses blessures en griffant la plaie.
À Bambous, un entrepreneur de 38 ans a été la cible d’une attaque coordonnée menée par huit individus. Délibérément percuté par leur véhicule, il a ensuite été roué de coups et blessé au bras par un sabre de type samurai, avant de se faire dérober une importante somme d’argent.
À Quatre-Bornes, peu avant minuit le soir du réveillon, un ressortissant indien de 20 ans, Ayyappa Keshava, a été retrouvé inconscient, gisant dans une mare de sang dans la cour d’un habitant de l’avenue Moineaux. Souffrant d’une profonde entaille au bras droit et perdant beaucoup de sang, il a dû subir une intervention chirurgicale d’urgence à l’hôpital de Candos. Son état était jugé très sérieux. La police est activement à la recherche d’un autre ressortissant indien, Govardhana, soupçonné d’être l’auteur de cette agression.
À Surinam, un homme a été victime d’un enlèvement forcé par des individus circulant à bord d’un 4×4 Isuzu blanc. Séquestré pendant plusieurs heures dans une chambre à Quatre-Bornes pour être interrogé sur une affaire extra-conjugale, il a finalement été relâché sain et sauf. L’affaire a été rapportée à la police par son frère, qui a expliqué qu’une femme s’était d’abord présentée au domicile familial avant que des cris ne soient entendus à l’extérieur.
Enfin, le 2 janvier, la spirale de violence s’est poursuivie dans le sud du pays. À Cité La Chaux, un jeune homme de 21 ans a été attaqué par trois individus armés de sabres, subissant de multiples lacérations profondes au visage, aux mains et aux jambes, nécessitant son transfert d’urgence à l’hôpital. À Mare-Tabac, une intervention pour violence domestique a failli tourner au drame lorsqu’un homme de 38 ans, armé d’un couteau et d’une bouteille de carburant, a menacé d’immoler son beau-frère venu secourir sa sœur. La victime a réussi à prendre la fuite avant que le suspect ne soit maîtrisé et arrêté par la police.

