FCC | Enquête financière : Plus de 250 arrestations liées au trafic de drogue depuis début janvier

 

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– Réseau de drogues dures : une trentaine de gros trafiquants actifs

Plus de 250 arrestations liées à la drogue ont eu lieu depuis le début de l’année et une trentaine de trafiquants sont actifs dans le commerce des drogues dures.  Tels sont les chiffres avancés par le directeur général par intérim de la Financial Crimes Commission (FCC), Titrudeo Dawoodarry, pour dresser un état des lieux préoccupant de la situation. D’après lui, environ 30 à 35 individus seraient au cœur des réseaux de drogues dures opérant dans le pays, ce qui souligne la nécessité d’une stratégie ciblée pour démanteler ces filières.
C’est dans ce contexte que la Financial Crimes Commission a lancé, lundi, un programme de formation intensif consacré aux enquêtes financières et au recouvrement des avoirs criminels. Organisée en collaboration avec l’International Centre for Asset Recovery (ICAR), entité du Basel Institute on Governance, cette initiative de deux semaines se tient à l’Holiday Inn Mauritius Mon-Trésor. Elle réunit des enquêteurs de la Financial Crimes Commission ainsi que des représentants d’institutions membres du National Coordination Committee, avec pour objectif de renforcer les compétences techniques en matière d’investigation financière et de confiscation des produits du crime.
À cet effet, le Solicitor-General, Rajesh Ramloll, a mis en lumière la sophistication croissante des infractions financières dans un environnement de plus en plus numérisé. Il a relevé l’importance d’une formation continue afin de maîtriser non seulement les techniques d’enquête, mais également les mécanismes juridiques encadrant la saisie et la confiscation des avoirs, ainsi que l’entraide judiciaire internationale. « Face à l’évolution constante des méthodes criminelles, notamment l’usage des cryptoactifs, la coordination entre institutions apparaît comme un levier essentiel », a-t-il dit.
Pour Titrudeo Dawoodarry, la lutte contre le trafic de drogue ne peut se limiter aux arrestations et aux condamnations. Elle doit impérativement s’attaquer aux ressources financières qui alimentent ces réseaux. « Il faut identifier, geler et confisquer les profits illicites », a-t-il souligné en substance, estimant que le démantèlement durable des organisations criminelles passe par l’asphyxie de leurs circuits financiers et la protection de l’intégrité du centre financier mauricien.
Représentant l’International Centre for Asset Recovery , Tom Walugembe, Senior Specialist (Asset Recovery), a indiqué que cette formation s’inscrit dans la continuité d’une mission d’évaluation menée en mars 2025, suivie d’un premier programme en septembre de la même année. Ces démarches ont abouti à la signature d’un protocole d’accord entre le Basel Institute on Governance et la FCC, consolidant ainsi leur coopération.
Évoquant le rôle grandissant de Maurice comme centre financier régional, Tom Walugembe a averti que les groupes criminels organisés, en particulier ceux impliqués dans le trafic de drogue, représentent une menace mondiale. Selon lui, « priver ces réseaux de leurs gains est fondamental car tant que leurs avoirs ne sont pas saisis, leur capacité d’influence et de nuisance demeure intacte ».
La formation repose sur une approche pratique dite Learn by doing. Près de la moitié du programme est consacrée à une étude de cas simulés comprenant plus de 60 éléments de preuve. Les participants sont amenés à parcourir l’ensemble du processus d’enquête financière : exploitation de sources ouvertes, analyse de relevés bancaires, traçage d’avoirs – y compris virtuels –, auditions de témoins et coopération internationale.
Des représentants du bureau de l’Attorney General, du Directeur des Poursuites Publiques, de la Bank of Mauritius, de la police, de la Mauritius Revenue Authority, de la Financial Intelligence Unit et de la Gambling Regulatory Authority prennent également part aux travaux, illustrant l’importance d’une réponse interinstitutionnelle coordonnée.
Un autre expert de l’ICAR, Emmanuel Jacob Mringo, intervient comme Resource Person pour ce programme. Fort d’une expérience d’enquêteur et de procureur en Tanzanie, puis de juriste au ministère des Finances, il apporte une expertise concrète en matière d’investigations financières et de formation spécialisée.
À travers cette initiative, la FCC entend consolider ses capacités professionnelles, booster la synergie entre les organismes nationaux et s’aligner sur les meilleures pratiques internationales.

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