Le ministre de la Santé souligne que le taux est bien inférieur à celui des pays européens
Le taux de fertilité à Maurice est en chute libre, soit 140 enfants pour 100 couples, un chiffre bien inférieur à celui des pays européens et loin du taux idéal de 210 enfants pour 100 couples. De 2010 à 2022, une baisse considérable du taux brut de natalité a été constatée, soit de 11,8% à 9,2%. C’est ce qu’a affirmé le ministre de la Santé, Kailesh Jagutpal, lundi lors du lancement d’une formation de base sur la procréation assistée, à l’intention des professionnels de santé.
Le cours a été lancé à l’hôpital Jeetoo. L’objectif consiste à offrir une plateforme de partages sur les pratiques les plus récentes basées sur les recommandations internationales et à faire des recommandations pour améliorer les services de fertilité dans le pays. La pratique éthique de la procréation assistée, le cadre légal, l’impact psychologique de l’infertilité et la fécondation in vitro figuraient parmi les sujets abordés.
Le ministre Jagutpal a indiqué que la fertilité affecte des millions de personnes et a un impact significatif sur les familles et la communauté. « Environ une personne sur six en âge de procréer est infertile », a-t-il souligné, ajoutant que cela peut être attribué à plusieurs facteurs démographiques, tels que l’âge, le tabac et l’alcool, l’obésité et le manque d’exercices physiques.
Selon les preuves cliniques, a-t-il observé, l’âge est un déterminant clé de la fertilité masculine et féminine, et il est un fait bien établi que les chances de concevoir diminuent fortement après 35 ans. Quant à Maurice, il a indiqué que le taux de fécondité a chuté à 140 enfants pour 100 couples, ce qui est bien inférieur à celui des pays européens et loin du taux idéal de 210 enfants pour 100 couples.
De 2010 à 2022, a-t-il ajouté, il y a eu une baisse considérable du taux brut de natalité, soit de 11,8% à 9,2%. En outre, le ministre Jagutpal a expliqué que la proportion de mères ayant accouché à l’âge de 35 ans ou plus est passée de 10,4% en 2010 à 15,4% en 2020, ce qui constitue selon lui une preuve que les gens choisissent la parentalité à un stade ultérieur de leur vie.
« Afin d’assurer la productivité nationale, il est essentiel que nous maintenions nos concitoyens en bonne santé et que nous encouragions les parents à concevoir », a-t-il déclaré. Une série de mesures ont été mises en place par le ministère pour lutter contre la tendance à l’infertilité au sein de notre population, indique-t-il. Ceux-ci comprennent une clinique de fertilité à l’hôpital SSRN, pour fournir des services spécialisés; un registre d’infertilité pour identifier les facteurs à risque; et une prise en charge préconceptionnelle comme nouveau service dans les centres de santé.
Le ministre Jagutpal a souligné que le ministère a également renforcé les services prénataux avec une série d’outils, tels que le manuel de santé maternelle et infantile, qui sert de guide pour encourager les parents et mieux enregistrer l’état de santé de la future mère. En outre, il a souligné qu’un plan d’action national sur l’allaitement maternel a été lancé pour encourager les mères à allaiter pendant les six premiers mois de vie du bébé.
Le ministre s’est par ailleurs dit convaincu que la formation permettra aux participants de suggérer des recommandations pour améliorer les services de fertilité et partager des pratiques fondées sur des données probantes, conformément aux normes internationales. La formation, a-t-il ajouté, sera ensuite étendue à d’autres hôpitaux régionaux afin qu’un maximum de professionnels soit formé aux bases de la procréation assistée.

