L’International Animal Coalition (IAWPC) offre à nouveau une main tendue au gouvernement mauricien. Dans une lettre adressée le 30 mars dernier au Premier ministre Navin Ramgoolam avec copie à Arvin Boolell, ministre de l’Agro Industrie, de la Sécurité alimentaire, de l’Économie bleue et de la Pêche, Les Ward, président de l‘IAWPC, rappelle que Maurice manque d’expertise et de vétérinaires pour gérer seule sa surpopulation canine de manière éthique, rendant l’aide internationale indispensable. Tout en saluant l’initiative du ministère de l’Agro sur la création d’une Task Force dont l’objectif est de coordonner des solutions à long terme, la coalition internationale pour la protection animale et le World Veterinary Service (WVS) proposent leur collaboration pour un programme durable et humain.
C’est au nom de l’IAWPC, qui représente 83 organisations internationales possédant une vaste expertise en matière de bien-être et de protection des animaux – notamment en ce qui concerne les programmes complets de gestion humaine des chiens –, que Les Ward a adressé la lettre au PM avec copie à Arvin Boolell, ainsi qu’à la presse. Rappelant que « Notre précédente intervention à Maurice a débuté en 2010, avec pour objectif de mettre fin à la méthode cruelle de « capture et euthanasie » pour le contrôle des chiens, et de la remplacer par un programme national durable et complet de gestion humaine des chiens. Bien que nous soyons prêts à mettre en œuvre un tel programme, celui-ci ne pouvait débuter qu’à la condition que les traitements inhumains et l’euthanasie des chiens pratiqués par la Mauritius Society for Animal Welfare (MSAW), autorisée par le gouvernement de l’époque, cessent. Malheureusement, il a fallu attendre onze ans de plus avant qu’une annonce ne soit enfin faite en 2021 par le ministre de l’Agro-Industrie de l’époque, qui a promis que « tout serait mis en œuvre pour défendre la cause du bien-être animal à Maurice » et que « le programme de Catch & Kill appartenait désormais au passé ». Il s’est ensuite félicité d’une proposition visant à instaurer un « programme national global de gestion canine respectueuse du bien-être animal » en collaboration avec le très réputé Worldwide Veterinary Service (WVS), membre de l’IAWPC, dont l’expertise et l’expérience en matière de gestion canine respectueuse du bien-être animal et de programmes de stérilisation de masse sont inégalées. Hélas, ce projet n’a pas abouti en raison d’une décision prise à l’époque par le MSAW, une décision qui reste encore aujourd’hui illogique et contestable », déplore-t-il.
L’auteur de la lettre regrette que Maurice n’ait pas choisi la voie de la stérilisation en masse, qui aurait pu faire du pays un modèle régional en matière de bien-être animal. « Cinq ans plus tard, l’île Maurice n’a toujours pas trouvé de solution. Il est profondément regrettable pour Maurice et sa population que, si la proposition WVS de juin 2021 avait été soutenue par le gouvernement et la MSAW, l’île serait aujourd’hui capable de résoudre le problème du nombre élevé de chiens errants, une situation dont la plupart des pays seraient fiers. De plus, le risque permanent pour l’image touristique de l’île Maurice aurait été écarté », souligne-t-il.
La lettre dépeint une situation alarmante qui touche à la fois à l’éthique animale et à la sécurité publique à Maurice. Pour le président de l’IAWPC, le constat est clair : le système actuel semble avoir atteint ses limites face à l’ampleur du problème. « Nous avons été informés par le public d’une grave crise des animaux errants à Maurice, qui ne cesse de s’aggraver. La surpopulation incontrôlée de chats et de chiens aurait atteint des niveaux alarmants, créant une situation d’urgence nationale. Chaque jour, des animaux souffrent d’abandon, de famine, de maltraitance, de cruauté et d’empoisonnement, tandis que les accidents de la route impliquant des animaux errants sont en constante hausse, menaçant à la fois le bien-être animal et la sécurité publique. Les ressources locales sont saturées et les citoyens manifestent pour exiger des mesures de protection animale renforcées, ainsi qu’une aide internationale immédiate. Par ailleurs, nous sommes conscients des revendications intéressées des éleveurs de chiens et de l’association vétérinaire, alors même que tous pourraient être pris en compte lorsque l’intérêt national prime », écrit-il.
Les Ward affirme avoir également noté la création d’une lancée le 9 mars dernier qui rassemble les acteurs majeurs pour coordonner des solutions à long terme. « Ce groupe réunira les principaux acteurs, afin de trouver des solutions éthiques et durables pour gérer et contrôler les animaux errants et ainsi étendre son action. Il a également été mentionné que la possibilité de faire appel à des organismes ayant réussi à gérer le problème des chiens errants au Bhoutan, aux Pays-Bas et au Canada serait envisagée. Cependant, la priorité demeure l’allocation de ressources adéquates à la MSAW et aux ONG locales fiables. L’IAWPC se félicite de cette annonce. Cependant, il convient de rappeler ce qui était déjà évident, et qui l’est encore plus aujourd’hui : Maurice ne dispose pas, à elle seule, de l’expertise et des connaissances nécessaires pour mener à bien un programme de gestion canine efficace et respectueux du bien-être animal. Le pays ne compte pas suffisamment de vétérinaires qualifiés pour participer à un programme de stérilisation de masse, pourtant indispensable. Ce n’est qu’avec l’aide internationale que le gouvernement mauricien, s’il est réellement déterminé à résoudre ce problème, pourra s’attaquer de manière humaine au problème de la surpopulation canine. Un effort global, ciblé et soutenu est indispensable à sa réussite. Dans cette optique, la IAWPC et le WVS sont disposés à en discuter avec votre gouvernement », a-t-il écrit dans sa lettre.

