Sir Robert Farquhar, rêvant d’un protectorat anglais sur Madagascar, dont il était le gouverneur, s’attira les faveurs du roi Radame.
Ce dernier, défié par un de ses chefs malgaches du nom de Ratsitatane, le punit de son insubordination et le condamna à mort, puis le graciât, à une condition : il serait exilé à Maurice et placé au bagne, à Port-Louis.
Bien que de belle stature et doté d’une grande énergie, Ratsitatane, qui se morfondait en prison, était peu surveillé. Rapidement, il se lia d’amitié avec un certain Jean Laizaf, un Malgache affranchi, rusé et intriguant.
Laizaf persuada son ami de prendre la tête d’une insurrection, et que tous les esclaves du pays le soutiendraient et l’aideraient à se proclamer roi de l’Ile Maurice.
La date du soulèvement fut fixée au 20 février 1822. Deux jours avant, Laizaf fit évader Ratsitatane de la prison et le conduisit sur les hauteurs qui dominent Port-Louis, entre la montagne du Pouce et la Montagne des Signaux, où il fut rejoint par une douzaine de Malgaches qui constituèrent son état-major.
C’est alors que le dénommé Lazaif se rendit à la police pour y dénoncer Ratsitatane, sous prétexte d’être un bon citoyen.
La nouvelle de la fuite de Ratsitatane se répandit rapidement dans la ville, et tous les yeux se tournèrent vers la montagne où il s’était établi.
Bientôt, quinze cents hommes pour la plupart armés, se rassemblèrent sur la place du gouvernement, attendant l’ordre d’agir. Le gouverneur arriva et, après s’être concerté avec le commandant des troupes, décida de les envoyer à l’assaut du camp de Ratsitatane.
Après une faible résistance, Ratsitatane et ses compagnons prirent la fuite et disparurent. La nuit suivante fut pour les Port Louisiens, les femmes et les enfants en particulier, source d’inquiétude. Des hommes armés ne cessèrent de patrouiller dans les rues.
Le lendemain, Sir Robert Farquhar annonça la mise à prix des têtes de Ratsitatane et de ses complices. Une récompense de mille piastres serait offerte à celui qui les livrerait. Ainsi, Ratsitatane et Latulipe furent capturés et condamnés à être décapités, et leurs têtes exposées à l’endroit où ils avaient établi leur quartier général. Laizaf fut aussi condamné à mort, mais sa peine fut commuée en prison à perpétuité.

