Hôpital Jeetoo :  Un Day Care Centre pour les Personnes vivant avec le VIH !

Le National Day Care Centre for Immunosuppressed (NDCCI) a déménagé dans le bâtiment H de l’hôpital Dr A.G. Jeetoo. Ce changement marque une étape dans les efforts du gouvernement pour renforcer les services de prévention et de traitement du VIH. Ce nouveau centre offre un meilleur accès à des services médicaux spécialisés et à une prise en charge multidisciplinaire. Et il devrait toucher 3 700 patients. Le NDCCI de l’hôpital Jeetoo s’inscrit dans la stratégie gouvernementale plus large de modernisation des infrastructures de santé et d’amélioration de la prestation de services. C’est en ces termes que le ministre de la Santé, Anil Bachoo, a évoqué ce centre, à l’issue d’une visite des lieux, mercredi.

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« Dès ma première rencontre avec le Premier ministre, quand nous mettions ce gouvernement sur pied, Navin Ramgoolam m’avait bien recommandé de traiter tous les patients de la même manière. Quelles que soient les maladies et les pathologies, il m’a clairement fait comprendre qu’il ne devait y avoir aucune stigmatisation, aucune forme de pénalisation, et aucun manquement à quelque niveau que ce soit. Qu’il s’agisse d’accueil, de counselling, de traitements, d’approvisionnement en médicaments : tout doit être bien organisé et disponible aux patients », a expliqué Anil Bachoo.

« Port-Louis compte la concentration la plus forte des Personnes vivant avec le VIH (PVVIH). Jusqu’ici, le dispensaire de la rue Volcy Pougnet, qui faisait office de comptoir de soins pour ces malades, n’était pas un endroit convenable. Pour les patients à mobilité réduite et ceux qui ont des handicaps, c’était impossible d’emprunter les marches. Dokter ti pe bizin desann lor sime, donn swin lor trotwar. Sa li na pa bon ditou », déclare le ministre. C’est pour cela, a poursuivi le ministre, qu’une équipe a travaillé de pair avec l’administration de l’hôpital Jeetoo, pour identifier un endroit spacieux, pouvant accommoder différents soins. « Bann pasian VIH kapav vinn an konfians kan zot pe vinn pou zot bann swin. Zot kone zot an sekirite isi », rassure-t-il.

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La question de discrimination et de confidentialité est reprise par la Dr Shivanee Woodun, responsable de la AIDS Unit au ministère. « Quand nos patients devaient se rendre au dispensaire de Volcy Pougnet, ils avaient des craintes… Le regard des autres, le qu’en dira-t-on… Tout le monde connait tout le monde à Maurice. Dorénavant, avec ce DCCI au cœur même de l’hôpital Jeetoo, nos patients peuvent circuler librement et en toute discrétion », trouve-t-il. Chaque année, ONG et services du ministère déplorent, en effet, qu’un nombre grandissant de patients ne viennent plus vers les soins.

« Tous les soins sont concentrés sous un même toit ! Nous savons tous que les PVVIH ont besoin de suivis multiples – cœur, peau, reins, dents, X-Ray… Or, étant donné qu’ils sont dans l’enceinte même de l’hôpital, maintenant, tous ces soins sont plus facilement accessibles », soutient la Dr Woodun. De plus, élabore-t-elle, « pour les femmes, les services de gynécologie, pédiatrie, entre autres, sont tous là. Elles n’ont pas besoin de marcher et de se fatiguer. Et dans l’ensemble, la pharmacie est là, où tous les patients du VIH pourront récupérer leurs médicaments. »

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Le DDCI de l’hôpital Jeetoo est déjà opérationnel depuis cette semaine. Le personnel affecté se dit satisfait d’avoir enfin des locaux convenables pour travailler. Une responsable de cette unité elle lance un appel au ministre et gouvernement. « De la part de mes collègues, nous souhaitons attirer l’attention sur les DCCI de l’hôpital de Candos et celui de Rose-Belle, Jawaharlall Nehru. Les locaux n’ont pas été bien entretenus au fil des années. Bann infirmie lamem gagn traka pou vinn travay dan sa bann batima-la… Nous demandons au ministre et au gouvernement de venir faire un tour pour constater de visu, et de faire entreprendre des travaux de rénovation. C’est pour le bien de tous ; patients et personnel », devait-elle s’appesantir.

HT 1

Joël Samy, directeur de PILS :

« Nous accueillons positivement ce nouveau DCCI ! Enfin, les PVVIH de la région pourront se faire soigner dans un espace convenable et bien équipé. Nous saluons ces efforts et nous appuyons encore plus fermement notre collaboration avec l’État.

« Avec les grands défis qui pointent à l’horizon – l’arrêt du financement du Global Fund, bientôt, les coupes sous l’administration Trump envers les ONG… plus que jamais, nous, société civile avons besoin que l’État nous accompagne dans nos efforts pour offrir plus d’accès aux soins et aux traitements aux PVVIH. »

HT 2

Sindy, PVVIH et travailleur social :

« Je suis moi-même patiente, et je me suis engagée pour aider les autres. Mo mari kontan trouv sa sant nef-la ! Comme l’a relevé le ministre, ces efforts sont faits avec l’objectif de déstigmatiser le VIH. Je trouve cela formidable, vraiment. Parce que j’ai été personnellement victime de discriminations, et, en accompagnant des PVVIH, je continue de voir des attitudes stigmatisantes, de part et d’autre. C’est navrant.

« Nous sommes en 2026 : il faut changer ! J’accueille le DCCI de Jeetoo comme un sacré cadeau ! Nous, patients, avons enfin un endroit convenable, décent, bien équipé et avec le personnel présent. C’est magnifique. Aussi, d’avoir tous les soins divers – cardiaque, dermatologie, dentaire, entre autres – ici même, cela va grandement faciliter la vie des PVVIH. »

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