Son nouveau single qui sort le mercredi 19 novembre témoigne de la maturité musicale d’Ilario Armel – nom d’artiste Ila Rio -, et lui permet de sortir de l’ombre de son père, Mario. Kouraz, mêlant bossa-nova, afro beat et rap, est également synonyme de sa renaissance après une période difficile. Il l’a écrit comme un hymne pour les personnes qui se sentent mal.
Il est tombé dans la marmite musicale quand il était encore petit. Avec un père et une mère – Mario et Patricia Armel – faisant carrière dans le domaine, il n’avait pas à chercher très loin, pour choisir sa voie. Après Liberté en 2018, Zetwal en 2021 et Sanze, avec Meggi, en en 2022, Ila Rio propose Kouraz. « Ce nouveau single correspond plus à ce que je suis aujourd’hui », dit-il d’emblée.
Kouraz est inspiré des expériences vécues. Après avoir traversé une période difficile, il a décidé d’en faire une force et de soutenir musicalement ceux qui traversent des situations similaires. « Pendant trois ans, j’ai travaillé dans une atmosphère qui n’était pas top. J’ai décidé de m’en sortir, et surtout d’en parler, car la toxicité au travail est encore taboue à Maurice. »
Le single sonne ainsi comme un hymne à ceux qui se sentent mal. « Kouraz, kouraz, nou ankor vivan », chante Ila Rio. Les épreuves, il s’y connaît. Lui qui est tombé gravement malade, alors qu’il avait 16 ans. La musique a toujours été sa force et sa thérapie pour s’en sortir. « Kouraz est un hymne de résilience. Il est important de parler des problèmes comme l’anxiété, la santé mentale. La vulnérabilité c’est normal, mais il faut trouver la force de la surmonter. »
Ce morceau est aussi le symbole de sa maturité musicale. « Quand j’ai fait mon premier album j’avais 17 ans, aujourd’hui j’en ai 26. » Cela lui permet également de sortir de l’ombre de son père pour afficher sa propre identité. « Être le fils de Mario Armel m’a aidé dans le sens où cela m’a permis de connaître le milieu. Mais c’est aussi une pression car on m’attend au tournant, puisque je suis le fils de Mario. »
Nouvelles sonorités
Alors, Ila Rio impose sa patte, tout en s’enrichissant du milieu où il a grandi avec sa famille d’artistes. « Mes parents constituent mon premier public. Tout ce que je crée, je les fais écouter avant les autres. Ils me donnent leur avis. C’est important pour moi. »
Dès l’âge de trois ans, Ila Rio s’intéresse à la batterie. Instrument qu’il apprendra à maîtriser en suivant des cours au Conservatoire François-Mitterrand. Il est diplômé avec mention en théorie musicale et en batterie du London Music College.
Le studio aménagé dans la maison familiale lui permet de créer et d’expérimenter de nouvelles sonorités. « Kouraz est un mélange de bossa-nova, afro beat et rap. Cela m’a poussé à sortir de ma zone de confort, surtout pour la partie rap. J’ai eu la collaboration de Sébastien Sun, qui m’a aidé à canaliser mon énergie pour le rap. »
Batteur, compositeur, producteur, Ila Rio peut vivre aujourd’hui de sa passion pour la musique. Ce qui n’a pas toujours été le cas. Il concède qu’il y a beaucoup de blocages dans ce milieu, mais que la seule façon d’y arriver est de persévérer. « L’art représente 3% du PIB. Je dirai même plus. C’est un “business model” pour l’État. Mais il faut avoir la volonté. L’art c’est bénéfique pour la société. »
Il salue ainsi des initiatives comme Kafe Kiltir de Phoenix Bev et Creative Park, de Beau-Plan, qui donnent aux artistes des espaces pour s’exprimer. Il remercie au passage les sponsors qui l’ont soutenu dans cette nouvelle aventure musicale.
Kouraz sortira uniquement sur les plateformes de musique en ligne dans un premier temps. Notamment, Deezer, Spotify, Apple Music et Amazon Music. « C’est la tendance aujourd’hui. C’est plus accessible et cela permet également une ouverture sur l’international. »
Déjà, avec Sanze, en 2022, il avait signé un contrat de distribution avec Universal Music Africa. « S’il y avait un plan pour aider les artistes mauriciens à devenir des professionnels, cela aurait été bénéfique pour le pays. » Même s’il vise l’international, Ila Rio chante en kreol. « C’est important d’être moi-même. D’exprimer ce que je ressens dans ma langue. »
Le clip sortira également sous peu. Pour cela, Ila Rio a travaillé avec Evans Ramasawmy. L’acteur mauricien Edeen Bhugeloo, qui a joué notamment, dans Serenity, y participe aussi. « C’est la première fois que je travaille sur un projet de cette envergure. Il y a beaucoup d’énergie, de temps, d’amour et d’argent, mis dans ce projet. »
Alors qu’il s’apprête à passer à un nouveau palier dans sa carrière musicale, Ila Rio invite ceux qui n’ont pas le courage de se battre à ne pas baisser les bras. Kouraz sera ainsi un hymne qui les accompagnera sur le chemin de la résilience.

