– Une 1re réunion de mobilisation prévue le 22 mars au jardin de la Compagnie
Les relations sont tendues entre la direction d’Innodis Ltd et la Fédération des Travailleurs Unis (FTU). Le syndicat dénonce un nouveau contrat de travail imposé, lors du merging avec Poulet Arc-en-ciel. De plus, les conditions de travail à l’unité de Beau-Climat sont difficiles, selon le négociateur, Atma Shanto. Après plusieurs tentatives de trouver une solution, le syndicat passe à l’action et annonce une action d’envergure pour bientôt.
La situation à Innodis Ltd aujourd’hui est une répétition de l’histoire, selon le négociateur de la FTU, Atma Shanto. Il a indiqué qu’en 2014, les relations industrielles étaient conflictuelles avec la compagnie et il avait même été interdit d’accès aux sites de travail. Ce qui l’avait amené à démarrer une grève de la faim le 12 mars.
Finalement, quatre jours plus tard, le ministre du Travail d’alors, Shakeel Mohamed, était intervenu pour lever cette interdiction. Un accord entre les deux parties avait été signé. Toutefois, selon Atma Shanto, l’histoire se répète aujourd’hui. Il dénonce des attaques personnelles à son égard et des décisions unilatérales, sans l’accord du syndicat.
Le syndicaliste a fait ressortir qu’en décembre dernier, il avait déjà attiré l’attention sur le non-respect de ces règlements, dans le cadre d’un Merging avec Poulet Arc-en-Ciel Ltd. Les employés de cette entité, basée à Beau-Vallon, ont alors été transférés à l’unité d’Innodis, à Beau-Climat. « Suite à ma prise de position, il y a eu une réunion. Il avait été dit que le syndicat serait consulté avant la signature d’un nouveau contrat, mais tel n’a pas été le cas. Le contrat que le syndicat avait rejeté a été imposé aux travailleurs », dit-il.
Parmi les nouvelles conditions, a-t-il fait ressortir, le boni de performance qui a été supprimé. « Le Performance Bonus est dorénavant qualifié de prérogative du Management, alors que cela figurait dans l’accord collectif datant de 1993. » De même, a-t-il déploré, les augmentations ne pourront plus être négociées. Le nouveau contrat parle plutôt de Merit Increase.
Atma Shanto déplore le fait que toutes ses correspondances à ce sujet soient restées lettre morte à ce jour. « Après la réunion du 3 décembre 2025, il y a eu une campagne contre moi. Les droits des travailleurs sont bafoués et le rôle du syndicat n’est pas respecté », dénonce-t-il.
Le négociateur syndicat déplore également des conditions difficiles à l’unité de Beau-Climat, particulièrement pour ce qui est du Health and Safety. « Les travailleurs, en majorité des dames, doivent monter 33 marches pour aller aux toilettes dans un nouveau bâtiment. Il y a un recul des droits des employés », fait-il comprendre.
Il s’interroge également sur le Fire Certificate de ce nouveau bâtiment et se demande où en est l’enquête que les Mauritius Fire and Rescue Services et le ministère du Travail avaient menée à ce sujet.
Atma Shanto a aussi fait état des salaires « partiels », le mois dernier. « En janvier, un groupe de travailleurs n’a pas reçu la totalité de leurs salaires. On leur a dit que le montant manquant sera versé à la fin de février. C’est inadmissible ! Ces travailleurs n’ont-ils pas de famille à nourrir ? » D’autre part, il a évoqué le cas d’un employé, qui avait porté plainte en raison du non-paiement de la compensation salariale : « À notre grande surprise, il y a eu un accord en Cour, après que l’employé ne s’était pas présenté. »
Atma Shanto estime que le syndicat a fait de son mieux pour trouver des solutions, mais qu’il n’a d’autres choix que de passer à l’action, devant le deadlock. « D’abord, je rappelle que la Constitution garantit le Right of Association. De plus, Maurice est signataire de la Freedom of Association Convention du BIT. Ce qui se passe chez Innodis, c’est clairement une attaque contre le syndicat. De plus, on fait pression pour que les travailleurs se désolidarisent de la FTU. Nous allons internationaliser cette situation », déclare-t-il.
En parallèle, la fédération démarre bientôt une campagne de mobilisation sur les différents sites du groupe, en vue d’un rassemblement annoncé pour le 22 mars, au jardin de la Compagnie, à partir de 9h30. « J’invite les travailleurs à venir en grand nombre pour décider de la marche à suivre. S’il faut entrer dans une nouvelle grève de la faim comme en 2014, je le ferai », brandit-il.
Atma Shanto fait appel à la solidarité des travailleurs des autres secteurs car, selon lui, ce qui se passe à Innodis Ltd. n’est pas un cas isolé. D’après lui, le ministère du Travail est en train de mener un rôle de « spectateur », face à la situation. « Alors que l’on célèbre les 90 ans du Parti travailliste, j’appelle le gouvernement à agir et à ne pas fausser l’histoire », rajoute-t-il.
Le Mauricien a sollicité Innodis Ltd. pour une réaction sur cette situation, mais n’a pas eu de retour.

