Le 4 septembre, Maurice sera parmi la soixantaine de pays qui observeront la journée mondiale de la santé sexuelle cette année. À cette occasion, le sujet sera abordé en toute ouverture d’esprit lors d’une émission spéciale que reçoit la MBC dans ses studios et ayant pour titre Sexeprimer. Ce sera pour le mardi 4 septembre à 20h15 sur MBC1. L’initiative revient aux entreprises sociales LespriSexy et The House of Relationships (Thor), qui ont étendu la réflexion du côté du ministère de l’Éducation, de la MCB et de PILS. Une campagne de sensibilisation visant à briser les silences et les tabous sur ce sujet d’importance se poursuit. L’objectif étant d’enrayer les dysfonctionnements persistants afin que tous puissent s’épanouir en toute liberté et sécurité.
« Justice sexuelle : Que pouvons-nous faire ? » C’est autour de ce thème que réfléchira le monde dans le cadre de cette quinzième édition de la journée mondiale de la santé sexuelle. Organisée chaque année depuis 2010 par l’Association Mondiale de Santé Sexuelle (AMSS), cette journée réaffirme que « la santé sexuelle est une composante essentielle de la santé globale et du bien-être de chaque individu. Elle met en avant le droit de toutes et tous à une information claire et fiable, à une éducation à la sexualité complète et inclusive, à des services de santé sexuelle et reproductive accessibles, ainsi qu’à la reconnaissance du désir, du plaisir, du consentement et de l’égalité dans les relations. »
À Maurice, malgré les avancées connues à différents niveaux, les conversations autour de la santé sexuelle restent difficiles et sont souvent freinées par les interdits. Pour conséquence, des générations successives entament la vie adulte avec des conceptions erronées. La méconnaissance qui en découle impacte le bonheur des uns et place les autres dans des situations délicates et complexes qui auraient pu être évitées. C’est ce qui ressort de la conversation entre les différents acteurs engagés sur cette thématique dans le cadre de l’émission télévisée Sexeprimer.
Contribuer à un monde plus égalitaire et inclusif
Au niveau mondial, le constat reste le même à bien des égards, d’où le thème de cette année. L’AMSS estime que : « la justice sexuelle contribue à un monde plus égalitaire et inclusif, et elle est essentielle à la réalisation de la santé sexuelle et des droits pour toutes et tous, sans discrimination, sans peur, sans honte et sans stigmatisation. » Le thème de cette année invite à éliminer la stigmatisation et les inégalités qui continuent de priver trop de personnes de leurs droits fondamentaux. « Il nous invite à réfléchir et à agir, individuellement et collectivement, pour bâtir une société où la diversité est respectée, célébrée et protégée. »
Gaelle Schluchter, éducatrice sexuelle et fondatrice de LespriSexy fait ressortir que : « la santé sexuelle nous concerne tous, de notre conception à notre mort. Au cours de notre vie, nous traversons diverses étapes de vie et nous sommes tous confrontés à des expériences amoureuses et sexuelles bonnes ou mauvaises. Dans une société ultra connectée dans laquelle la sexualité est présente partout, il est urgent de parler de santé sexuelle. 8 enfants sur 10 entre 5 et 11 ans ont un téléphone portable (Statistics Mauritius 2025) et chaque jour dans nos ateliers, les jeunes nous racontent les dangers auxquels ils sont confrontés en ligne : dépendances affectives avec des adultes, la pornographie, le cyberharcèlement, les addictions, etc. Nous sommes donc presque tous confrontés à plus de risques, dans la vie réelle et dans la vie virtuelle. C’est pour ça qu’il est urgent de parler de santé sexuelle à la maison, au sein des familles, dans les écoles, dans les associations, mais aussi dans le secteur privé. Une santé sexuelle saine rime avec bonheur, épanouissement et plaisir, pas avec mal-être, risques et drames. »
Sexologue et fondatrice de THOR, Zoe Rozar explique : « je me suis associée à cette campagne afin de contribuer à normaliser la prise de parole chez les individus et les couples, normaliser le désir d’être ouvert à comprendre, à résoudre, à apprendre et dans une vision plus large, contribuer à réduire les crimes liés au sexe dans la société et d’améliorer les relations et l’intimité sur terre. Rendre la vie une expérience meilleure qu’elle ne l’est actuellement, avec un message plus clair : la vie est un cadeau, pas une punition, un devoir ou une pénitence. Elle doit être valorisée, et elle ne peut l’être que si nous cultivons les connaissances qui apportent de la sérénité. La plus grande connaissance qui est socialement niée est celle liée à la santé sexuelle, à l’éducation au plaisir et au consentement, qui permettent de construire des relations respectueuses et bienveillantes. »
Sexe : Santé, Plaisir, Liberté.
Pour PILS, l’initiative de cette année est dans la continuité de la campagne sur la santé sexuelle lancée l’année dernière autour du thème Sexe : Santé, Plaisir, Liberté. Différentes actions de sensibilisation auprès des décideurs, de partenaires et des jeunes ont été menées dans ce cadre. Dans ses arguments, l’association s’appuie aussi sur la hausse notable observée dans les nouvelles infections au VIH et aux infections sexuellement transmissibles au sein de la population en général depuis ces dernières années.
Autre participante à l’émission, Shakila Badouraly, DEI Lead pour le groupe MCB, dit : « je suis convaincue qu’il y a un lien direct entre la santé sexuelle (l’éducation affective et sexuelle) et les comportements sexistes en entreprise, comportements qui peuvent aller jusqu’au harcèlement et/ou à la discrimination. » Il est essentiel de sensibiliser et d’éduquer aussi les adultes sur la vie sexuelle et affective pour corriger ces comportements et créer des environnements de travail sains, fondés sur le respect et l’égalité des opportunités.
Elle ajoute : « Pour aller plus loin sur la sensibilisation, les adultes qui sont actuellement employés ou même entrepreneurs, n’ont pas appris à l’école ce que c’est d’avoir une vie sexuelle saine et épanouie, et très peu d’entre nous ont eu la chance de pouvoir en parler ouvertement dans la sphère familiale. Donc, je pense personnellement qu’un employeur qui investit dans le bien-être de ses employés peut et devrait donner accès aux informations et solutions sur ce sujet, qui fait autant partie de la santé physique que de la santé mentale. »
Focus sur les jeunes
Pour pallier ces lacunes, les regards se tournent vers le secteur de l’éducation où une grande réflexion est en cours. C’est ce que fait ressortir le Dr Vedhiyen Moonsamy, directeur de Santé et du Bien-Être suppléant au ministère de l’Éducation. Il ajoute : « Il est essentiel que les adultes aujourd’hui, les parents, les enseignants, les chefs d’établissements scolaires et les religieux, aient une ouverture d’esprit. Car avoir un dialogue fermé, ou aucun dialogue avec la jeunesse sur la thématique d’éducation à la sexualité, ne nous mène nulle part. Il faut accepter que si nous ne donnons pas les connaissances valables à nos jeunes, ils iront chercher les réponses dans des sources douteuses, les mettant en situation de danger perpétuel. »
L’émission a aussi bénéficié du soutien de Vidya Charan, directrice de la Mauritius Family Planning and Welfare Association, Priscilla Li Ying, Head of Office de la UNFPA pour Maurice et les Seychelles, Jorine Robert, animatrice de LespriSEXY et Sydney Mungly, créateur de contenu en ligne.
JOURNÉE MONDIALE DE LA SANTÉ SEXUELLE : « Sexeprimer », une émission télévisée pour briser les tabous
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