L’Association des Consommateurs de l’île Maurice (ACIM) a procédé à un relevé des prix des légumes dans différents points de vente, ainsi qu’au Wholesale Market de Wooton. C’est le deuxième exercice du genre qui a permis de démontrer des écarts conséquents de prix sur le marché. L’ACIM a ainsi adressé une lettre au ministère du Commerce et des Droits des consommateurs pour dénoncer des abus et réclamer des actions.
Le mois dernier, après les intempéries et la montée en flèche des prix des légumes, l’ACIM avait réalisé une étude de comparaison sur le marché. Les prix avaient été relevés au Wholesale Market, dans différents marchés et foires, ainsi que dans des supermarchés. Ce premier exercice avait démontré qu’il y avait un écart important sur les prix pratiqués, notamment par certains supermarchés et marchés, par rapport au prix à la vente en gros.
Un mois plus tard, la même démarche a été menée dans différents points de vente et le constat est le même. À titre d’exemple, le 13 mars, le chouchou se vendait à Rs 50 le demi-kilo à Wooton. À la foire de Quatre-Bornes, le prix oscillait entre Rs 40 et Rs 70. À Intermart de Quatre-Bornes, le chouchou était à Rs 72 les 500g et à Jumbo, de Quatre-Bornes, toujours, le prix affiché était de Rs 89.85. Le record de prix du chouchou était à Winners de Forest-Side, soit Rs 169,85.
Constat similaire pour la carotte. Vendue à Rs 50 les 500g au Wholesale Market, la carotte se vendait entre Rs 50 et Rs 70 à la foire de Quatre-Bornes, Rs 80 à Intermart de Quatre-Bornes, Rs 85 à Jumbo de Quatre-Bornes et 115,95 à Winners de Forest-Side. La pomme d’amour coûtait Rs 125 le demi-kilo à Wooton, entre Rs 150, 180 et 190 à la foire de Quatre-Bornes, Rs 199,50 à Intermart de Quatre-Bornes, Rs 200 à Jumbo de Quatre-Bornes et Rs 215,95 à Winners de Forest-Side.
Dans une lettre adressée au Permanent Secretary du ministère du Commerce et des Droits des consommateurs, Jayen Chellum, secrétaire de l’ACIM, dénonce le décalage entre les prix de vente au Wholesale Market et dans les différents points de vente. « We have observed that in many cases prices of vegetables have been extremely high even considering factors that could influence rational increases such as climatic reasons, increase in the cost of petrol and fertilizers, etc. But comparison between wholesale prices and retail prices in market and supermarket does not justify the very high prices being practiced at the retail level », a-t-il fait ressortir.
Il n’a pas manqué non plus de faire ressortir que certains marchés se trouvent sous la responsabilité des collectivités locales. Jayen Chellum a également attiré l’attention des autorités sur le fait que l’affichage ne se fait pas correctement dans certains commerces. « Le droit à l’information constitue l’un des principaux droits des consommateurs. Cela leur permet de connaître les prix, de comparer et de faire leur choix. Malheureusement, cette disposition de la loi n’est pas appliquée comme il se doit », s’est-il appesanti.
Jayen Chellum a cité en exemple, l’utilisation de markers de couleur, pas très visibles sur du carton, pour afficher les prix. Ou alors, les caractères sont tellement petits que les consommateurs ne parviennent pas à lire les prix affichés. Il demande ainsi au ministère d’agir et de faire respecter la loi dans tous les marchés et autres points de vente. Il réclame des pénalités pour ceux qui ne respectent pas les droits des consommateurs.
Le secrétaire de l’ACIM déplore les abus de certains commerçants qui n’hésitent pas à appliquer des prix exorbitants, comparé aux prix pratiqués à la source, soit au Wholesale Market.
Par ailleurs, Jayen Chellum a interpellé les autorités sur la hausse éventuelle des prix des grains secs. Il a recherché des explications. « Nous demandons aux autorités de suivre les évolutions sur ce marché de près. Y aura-t-il réellement une hausse du prix des grains secs comme publié dans la presse ? Quelles en sont les raisons ? Sont-elles justifiées ? », a-t-il demandé.
Jayen Chellum a également émis le souhait qu’il y ait un suivi de près pour chaque produit, afin de veiller que les Maximum Mark Ups soient respectés : « En attendant une enquête approfondie, l’ACIM demande au ministère de geler toute éventuelle hausse des prix des grains secs. » Cela, afin de s’assurer qu’il n’y ait pas abus de la part des importateurs et que les consommateurs ne soient pas pénalisés.

