Dans une opération sans précédent menée au large d’Almeria, la France a arraisonné le pétrolier Grinch. Cette intervention, réalisée avec le concours du renseignement britannique, marque un durcissement net de la stratégie européenne face aux navires contournant les sanctions internationales. D’après des observateurs, c’est un sujet important pour Maurice d’une part car le navire en question arborait le pavillon d’un pays de la région (les Comores), et d’autre part, parce que Maurice est très engagée dans le commerce maritime international.
Le 22 janvier 2026, l’horizon méditerranéen a été le théâtre d’une démonstration de force du droit maritime. La Marine nationale française a procédé à l’arraisonnement du pétrolier Grinch (IMO 9288851). L’opération, chirurgicale, s’est appuyée sur l’article 110 de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), qui autorise le droit de visite en cas de suspicion d’absence de nationalité ou de faux pavillon.
Le navire, qui battait officiellement pavillon comorien, a rapidement vu son masque tomber. L’enquête a confirmé une fraude manifeste : le Grinch utilisait une identité maritime usurpée pour naviguer hors des radars légaux. Derrière le cas technique du Grinch, se joue une partie d’échecs géopolitique. Ce pétrolier, manœuvré par un équipage d’origine indienne, est identifié comme un rouage de la « flotte fantôme » mise en place par la Russie.
Ce réseau de navires aux structures opaques et aux assurances douteuses permet d’exporter des hydrocarbures en contournant les plafonds de prix et les sanctions internationales. En dérivant le navire vers les côtes françaises, Paris envoie un message clair : l’espace maritime européen ne sera plus une zone de libre circulation pour les actifs russes sous sanctions. L’aspect le plus marquant de cette affaire reste la dimension diplomatique. Il s’agit de la première action conjointe d’arraisonnement entre la France et le Royaume-Uni.
La France a assuré l’intervention physique et la procédure juridique. Alors que le Royaume-Uni a fourni le renseignement stratégique nécessaire à l’interception. Un porte-parole du ministère britannique de la Défense a, d’ailleurs, salué cette synergie, rappelant l’engagement de Londres aux côtés des États-Unis pour « dissuader et affaiblir la flotte sanctionnée ».
« Cette opération démontre notre capacité à transformer le renseignement en action concrète pour faire respecter l’ordre international », s’est appesantie une source proche du dossier.
L’irrégularité juridique du Grinch étant désormais avérée et persistante, son interception crée un précédent. Cette action s’inscrit dans une volonté européenne d’accroître la transparence maritime et de limiter les risques environnementaux et sécuritaires posés par ces navires dont le statut juridique est volontairement flou.

